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DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’OFFICE DES ETRANGERS A BRUXELLES, Freddy Roosemont : « Il est inutile, pour ceux qui veulent émigrer en Belgique pour des raisons économiques, de tenter la procédure d’asile »
Directeur général de l’Office des Etrangers en Belgique, Freddy Roosemont exhorte les Congolais à s’abstenir d’aller s’installer sur le territoire belge en feignant solliciter l’asile, alors qu’ils sont plus motivés à émigrer pour des raisons économiques. Cette sonnette d’alarme, Freddy Roosemont la tire pour éviter de causer des désagréments aux candidats à l’exil qui préfèrent de plus en plus recourir à des voies irrégulières. « Il est, dit-il, inutile, pour ceux qui veulent émigrer (en Belgique) pour des raisons économiques, de tenter la procédure d’asile », a-t-il fait remarquer à la presse congolaise qui a participé le samedi dernier au point de presse qu’il a animé à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), à Kinshasa. Pour mieux éclairer la lanterne de ses lecteurs, »Forum des As » publie ci-dessous l’essentiel de l’intervention de Freddy Roosemont.
Yves KALIKAT
POINT DE PRESSE de M. Freddy ROOSEMONT, Directeur général Office des Etrangers, sur »la Coopération bilatérale entre la RDC et la Belgique en matière de migration et sur les demandeurs d’asile Congolais en Belgique » – KINSHASA, le 13 juillet 2024
Mesdames et Messieurs de la presse,
(…) J’aimerais partager avec vous ces quelques instants sur la coopération qui lie nos deux pays, en matière de gestion des migrations. Cette problématique, parfois compliquée, mais enrichissante, est devenue un sujet d’actualité quotidien, et qui n’est pas toujours évident à gérer, car il touche directement les êtres humains.
J’aimerais d’abord me présenter. Mon nom est Freddy Roosemont et je suis le Directeur général de l’Office des Etrangers en Belgique. Je suis responsable pour la gestion de tous les étrangers présents sur le territoire belge. J’ai donc sous ma responsabilité aussi bien l’arrivée, le séjour que l’éventuel rapatriement / retour au pays d’origine des étrangers.
« Nos deux pays travaillent main dans la main pour lutter contre l’immigration clandestine »
Permettez-moi d’exprimer, tout d’abord, ma profonde gratitude aux autorités congolaises, avec lesquelles nous entretenons depuis plus de 15 ans des relations excellentes en matière de migrations. En effet, nous avons signé un Mémorandum d’entente entre la RDC et la Belgique en 2006. Et depuis lors, beaucoup d’initiatives ont été prises pour aider la RDC à gérer le flux migratoire. Nos deux pays travaillent main dans la main et dans un climat de confiance mutuelle pour lutter contre l’immigration clandestine, dans le respect de la dignité, et la réciprocité surtout.
Pour vous donner une idée de cette coopération entre nos deux pays, je peux vous citer par exemple l’organisation de plusieurs campagnes de sensibilisation aux risques de l’immigration irrégulière, l’organisation des formations pour les agents de la DGM, ou encore la construction des bâtiments pour la DGM dans les différentes provinces de la République. Nous allons sans aucun doute poursuivre et intensifier nos engagements dans les années qui suivent, car sans une coopération intense nous donnons le champ libre aux trafiquants.
« La Belgique fait face à une augmentation considérable des demandeurs de protection »
En effet, malgré cette excellente coopération, il faut cependant signaler que la Belgique fait face pour le moment à une augmentation considérable des demandeurs de protection venant de la RDC. Nous avons enregistré l’année passée en 2023, 1238 nouvelles demandes de protection. La plupart de ces demandes sont constituées de fausses déclarations et de faux documents et servent uniquement à obtenir un titre de séjour, et constituent donc un détournement de procédure. Ces demandes sont systématiquement rejetées et les personnes aboutissent souvent dans la clandestinité, sans bénéficier d’aucune aide financière, avant d’être retournées au pays.
Il s’agit, dans la plupart des cas, de filières, servant à exploiter des jeunes gens désireux de quitter le pays pour des raisons économiques et auxquels on fait miroiter la possibilité d’obtenir le statut de réfugié en Belgique. La procédure d’asile n’existe, en réalité, que pour des personnes victimes de persécutions graves et qui craignent pour leur vie ou leur liberté. Pour la plupart des Congolais, cette crainte est inexistante et nous pouvons dès lors parler d’un abus de procédures.
« Souvent ces migrants vivent dans des conditions extrêmement précaires »
Les conséquences de cette immigration clandestine sont désastreuses. En effet, souvent ces migrants vivent dans des conditions extrêmement précaires et ne peuvent prétendre qu’à une survie misérable, bien loin des clichés véhiculés.
Il est très important de sensibiliser la population, et de donner des informations fiables par rapport à la situation en Belgique, afin d’éviter que dans le futur d’autres personnes ne se fassent exploiter par des trafiquants sans scrupules.
Mesdames et messieurs, la Belgique veut mener une politique migratoire ferme mais juste. Nous encourageons la venue en Belgique dans le strict respect des procédures. Il y a lieu de signaler ici que chaque année notre ambassade à Kinshasa délivre plus de 10.000 visas dans le cadre des visites familiales, du tourisme, de voyages d’affaires, ou encore aux étudiants. La possibilité pour les Congolais de se rendre en Belgique doit être promue. Mais, je répète, cela doit se faire en respectant les lois et procédures. Pour le moment, nous assistons à trop de dérapages.
« Les capacités d’accueil en Belgique ont été largement dépassées »
Comme vous pouvez l’imaginer, il n’y a pas que les Congolais qui se rendent en Belgique. Les demandes provenant d’autres pays sont également en hausse, et mes services subissent une pression constante. Je n’ai pas peur de dire que, pour le moment, nous vivons une situation d’urgence totale et les capacités d’accueil en Belgique ont été largement dépassées. L’Office des Etrangers qui réceptionne ces demandes, et les structures d’accueil travaillent jour et nuit pour pouvoir face à cet afflux.
Pour vous donner une idée des chiffres globaux: la Belgique a enregistré, en 2023, un total de 35.507 demandes de protection, dont le top 5 est fait de l’Afghanistan, la Syrie, la Palestine, l’Iraq, ou encore les milliers d’Ukrainiens qui ont fui la guerre avec la Russie. Cette année, nous avons enregistré jusqu’au mois de juin un total de 17.853 demandes de protection internationale.
La RDC se positionne 6ème demandeur d’asile en Belgique
Actuellement, la RDC se positionne 6ème dans le rang après ces-pays en guerre. La procédure d’asile est destinée aux personnes qui fuient la guerre ou les persécutions, et non à celles qui veulent améliorer leur situation économique. Nous devons rapidement faire cette distinction afin que les gens ne soient pas inutilement dans la procédure d’asile ou d’accueil. C’est pour cela que les demandes d’asile sont traitées de manière accélérée depuis le 1er février 2024.
Comme pour chaque demande, il y a une évaluation individuelle par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA). Ces dernières années, le CGRS a recruté du personnel supplémentaire afin de pouvoir prendre davantage de décisions.
Après une décision négative, un entretien avec un conseiller sera organisé rapidement en vue d’un retour. L’ambition est de traiter la procédure d’asile dans le cadre de la procédure accélérée jusqu’à trois fois plus rapidement. L’objectif est de traiter les demandes des pays à faible niveau de protection dans un délai de 50 jours ouvrables. Soyons donc claire, que pour ceux qui veulent émigrer pour des raisons économiques, il est inutile de tenter la procédure d’asile.
Il est donc indispensable, comme je disais tout à l’heure, de continuer à travailler main dans la main, et je ne ménagerai aucun effort pour apporter mon appui et mon soutien à toute initiative qui vise à améliorer les relations entre nos deux pays.
Freddy Roosemont