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Nation
Jeudi 12 mai 2022 - 06:15

Didace Pembe sollicite des financements accessibles pour les communautés vulnérables d’Afrique

Président national de l’Alliance des écologistes congolais (AECO), Didace Pembe Bokiaga, a appelé toutes les organisations en charge des questions environnementales à « agir maintenant pour un monde meilleur d’aujourd’hui et de demain ».  Appel adressé à l’occasion de son allocution prononcé le lundi 09 mai dernier au Bundestag, à Berlin, en Allemagne,  dans le cadre de la conférence organisée par les Fondations Konrad Adenauer et Hanns-Seidel pour le dialogue parlementaire entre l’Europe et l’Afrique sur la thématique  » Politique environnementale et développement, l’approche prospective européenne en matière de politique climatique « .

        » Il nous faut maintenant agir résolument et rendre le monde meilleur pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Voilà pourquoi, j’invite toutes les parties prenantes à favoriser, dans le cadre de cette lutte,   le soutien aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique; la gestion durable des terres, la foresterie et l’écotourisme; l’agriculture résiliente; les villes résilientes; le financement climatique « , a indiqué le président d’AECO

       Dans son  plaidoyer, l’invité des Fondations Konrad Adenauer et Hanns-Seidel a déploré le fait que ce soit  » à l’Afrique, qui n’est responsable qu’à minima des dérèglements climatiques, qu’il est demandé de payer le plus lourd tribut en hypothéquant son développement économique.« 

AUCUNE ACTION DE GRANDE ENVERGURE

       Le porte-étendard de l’AECO constate amèrement qu’aucune action de grande envergure n’a été prise par les pays pollueurs qui tardent à concrétiser les engagements qu’ils ont pris lors des conférences destinées à la question du changement climatique, en général, et à celle de la COP 21, en particulier.

       Le président du parti des écologistes congolais a profité de cette tribune pour rappeler à ses interlocuteurs l’immense potentiel en énergies renouvelables dont dispose le continent africain.

D’après Didace Pembe,  une vision juste et des engagements politiques forts peuvent aider l’Afrique à contribuer à la révolution mondiale de l’énergie par les technologies renouvelables, susceptibles d’améliorer les vies grâce à des énergies domestiques plus propres et plus sûres.

« Cependant, le développement économique sur base des énergies renouvelables nécessite de gros investissements dont la plupart des pays africains ne disposent pas« , fait-il remarquer.

RENDRE PLUS ACCESSIBLES LES FINANCEMENTS CLIMATIQUES

       Dès lors, Didace Pembe rappelle « l’impérieuse nécessité de rendre plus accessibles les financements climatiques et d’améliorer leur flux en vue de les diriger vers les régions et les communautés les plus vulnérables d’Afrique ».

       Alors que les pays africains devront bénéficier d’un soutien en matière de comptabilisation du capital naturel et d’évaluation des services éco-systémiques, il se fait malheureusement que depuis la COP 21,  » les pays pollueurs, qui auraient dû prendre à cœur le problème du réchauffement climatique, ont brillé par le non-respect de la volonté exprimée lors de la COP 21 « , déplore Didace Pembe.

       Pas seulement. Et plus malheureux, les 100 milliards de dollars de financement annuel promis à partir de 2020 par les pays du Nord – plus grands pollueurs dans leur majorité – aux pays du Sud pour les aider à lutter contre le changement climatique, non seulement n’ont toujours pas été récoltés, mais surtout, paraissent très inférieurs aux besoins réels.

       Didace Pembe invite alors le monde à tirer les leçons de l’expérience difficile du coronavirus. En effet, en raison de cette pandémie, le monde compte aujourd’hui des centaines de milliers de vies perdues à cause notamment  de l’inaction des décideurs alors que des experts de la santé qui ne cessaient de prévenir le monde depuis plusieurs années pour se préparer à faire face au coronavirus.

La planète risque de vivre un drame similaire,  si ses habitants ne changent pas leur  façon de gérer l’environnement, alors que les climatologues ne cessent de tirer la sonnette d’alarme pour limiter l’augmentation des températures et s’adapter à un climat déjà en transformation, prévient Didace Pembe.   Kléber KUNGU

Allocution prononcée par Didace Pembe le 09 mai 2022

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les Parlementaires,

Je me réjouis de l’organisation, ce jour , de cette conférence sur les thèmes de la protection du climat face aux enjeux du développement économique et la concurrence des systèmes sociaux et je profite de cette immense honneur qui m’est offerte pour remercier les organisateurs, d’avoir bien voulu m’associer à cette conférence qui se veut un creuset d’échanges qui, je pense contribueront à faire avancer les discussions relatives à la prise en compte des désidératas de l’Afrique lors des grandes conférences mondiales consacrées à ces mêmes thématiques.

Permettez-moi de saluer particulièrement la présence des représentants des Fondations KONRAD ADENAUER et HANNS SEIDEL, en soulignant leurs précieuses collaborations et leurs engagements en faveur de l’éducation politique, de la démocratie, de la paix et du développement aussi bien en Allemagne qu’en Afrique.

Aussi, je saisis cette occasion pour féliciter les efforts en faveur du climat, de chacune des organisations ici présentes, tout en les rassurant que leurs engagements sont appréciés et que grâce à elles, nous feront face au lourd héritage nous légué par la course effrénée vers l’industrialisation des siècles précédents d’une part, et nous avons l’obligation de contribuer à l’instauration d’un environnement sain pour nous et pour les générations futures, d’autre part.

Mesdames Mesdemoiselles et Messieurs,

Je ne peux commencer mon propos sans faire état du dernier rapport du GIEC, lequel dépeint de manière générale que les changements climatiques portent atteinte déjà aujourd’hui à l’être humain et à la nature surtout en Afrique.

En effet, point n’est besoin de rappeler à votre aimable attention que bon nombre d’africains vivent sous le seuil de pauvreté et que le changement climatique pourrait anéantir la plupart des progrès déjà réalisés en matière de développement. Car, plus globalement, si rien n’est fait, il faut s’attendre à des pressions croissantes sur l’accès à la nourriture, l’affaiblissement des sols, l’augmentation des décès prématurés au fur et à mesure que le réchauffement climatique s’intensifiera.

Sur un autre plan, l’augmentation des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations dépasse déjà les seuils de tolérance des plantes et des animaux, entraînant une mortalité massive d’espèces telles que les arbres et les coraux.

Ainsi, non seulement l’Afrique doit faire face aux défis de son développement économique mais elle doit sans cesse s’adapter pour lutter contre les effets néfastes du changement climatique.

Malheureusement, c’est à l’Afrique, qui n’est responsable qu’à minima des dérèglements climatiques, qu’il est demandé de payer le plus lourd tribut en hypothéquant son développement économique.

Le constat est d’autant plus amer qu’aucune action de grande envergure n’a été prise au niveau international par les pays pollueurs qui tardent à mettre en vigueur les engagements qu’ils ont pris lors des conférences destinées à la question du changement climatique en général et à celle de la COP 21 en particulier.

De ce fait, quelle approche avoir pour concilier le développement économique et la protection du climat?

Il sied de relever qu’à ce jour, il est de notoriété publique qu’il n’y a pas de compromis entre la croissance économique et l’action climatique. Pourtant, un développement économique résilient au climat devrait être une partie indispensable de toute stratégie de croissance inclusive.

Pour ce faire, il est important que le développement économique favorise un système d’extraction, de production, de distribution, de consommation et d’élimination qui respecte les fondements biophysiques de la Nature. Ceci aura pour conséquence de renforcer l’intégrité écologique des processus biologiques et d’assurer la pérennité des ressources naturelles.

Le besoin de répondre au changement climatique présente également une chance pour stimuler la transformation économique car un développement qui résiste au climat et qui stimule la croissance, comble le déficit énergétique et réduit la pauvreté.

Le changement climatique souligne l’urgence d’adopter des politiques saines, génératrices de croissance indépendamment de la menace climatique.

Les stratégies de croissance verte peuvent générer des politiques et des programmes qui atteignent ces objectifs simultanément. Elles accélèrent les investissements dans les technologies et les nouvelles industries propres tout en gérant les coûts et les risques pour les contribuables, les entreprises et les communautés.

L’engagement commun pour un futur sobre en carbone représente une opportunité sans précédent pour l’Afrique.

L’Afrique dispose d’un gigantesque potentiel en énergies renouvelables. Grâce à une vision juste et à des engagements politiques forts, elle peut contribuer à la révolution mondiale de l’énergie en passant directement aux technologies renouvelables et en améliorant les vies grâce à des énergies domestiques plus propres et plus sûres.

Cependant, il est important de noter que le développement économique sur base des énergies renouvelables nécessite de gros investissements que la plupart des pays africains n’ont pas.

C’est ici l’occasion de rappeler l’impérieuse nécessité de rendre plus accessible les financements climatiques et d’améliorer leur flux en vue de les diriger vers les régions et les communautés les plus vulnérables d’Afrique.

Aussi, les pays africains devront bénéficier d’un soutien en matière de comptabilisation du capital naturel et d’évaluation des services éco-systémiques.

Or, depuis la COP 21, c’est avec regret que nous avons constaté que les pays développés, que dis-je, les pays pollueurs, qui auraient dû prendre à coeur le problème du réchauffement climatique, ont brillé par le non-respect de la volonté exprimée lors de la COP 21.

Les 100 milliards de financement annuel promis à partir de 2020 par les pays du Nord aux pays du Sud pour les aider à lutter contre le changement climatique, non seulement n’ont toujours pas été récoltés, mais surtout, ce montant est très inférieur aux besoins réels.

Selon le dernier bilan publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en septembre, en 2019 l’ensemble des aides versées par les pays riches aux pays moins développés n’a atteint que 79,6 milliards de dollars.

En même temps il est à noter que depuis le début de la pandémie de COVID 19, les financements publics bilatéraux et les financements privés ont, eux, baissé.

D’après un rapport OXFAM il y a lieu de noter ce qui suit :

§     Sur les 59,5 Milliards de dollars de financements climat publics déclarés entre 2017 et 2018 par les pays développés, l’assistance nette consacrée spécifiquement au climat pourrait ne représenter que 19 À 22,5 milliards de dollars;

§     La valeur financière nette des financements climat transférés aux pays en voie de développement pourrait représenter moins de la moitié de ce que les payés développés déclarent;

§     En raison d’une exagération de la pertinence climatique des fonds, les financements climat bilatéraux pourraient être inférieurs d’un tiers par rapport à ce qui a été déclaré;

§     Selon les estimations, environ 20% des financements climat publics déclarés sont des subventions, contre 80% de prêts et instruments autres que des subventions sur la totalité des financements climat déclarés, on estime que 40% étaient non concessionnels;

§     Environ 25% seulement des financements climat publics déclarés ont été alloués à l’adaptation et 66% à l’atténuation;

§     Selon les estimations, seulement, environ un tiers des projets bilatéraux de financements climat tiennent compte de l’égalité entre les genres, et trop peu de fonds sont dépensés au niveau local;

§     Le manque d’informations divulguées publiquement, cohérentes et transparentes qui nous permettraient d’estimer le niveau de financements privés mobilisés en faveur de l’objectif des 100 milliards de dollars.

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Alors que les climatologues tirent la sonnette d’alarme pour limiter l’augmentation des températures et s’adapter à un climat déjà en transformation, il convient de tirer des leçons de l’expérience difficile du coronavirus. Pendant des années, les experts de la santé ont averti qu’il était nécessaire d’en faire plus afin de se préparer à faire face à une pandémie. Le monde a compté les conséquences de l’inaction en centaines de milliers de vies perdues, et de millions d’autres basculant dans la précarité et la faim. Les financements climat internationaux sont essentiels à une réponse mondiale au changement climatique. Très souvent, dans de nombreux pays, aucune action climatique ne serait possible sans eux. Aujourd’hui, plus que jamais, le monde a besoin que l’objectif des 100 milliards de dollars soit atteint, en toute justice et rigueur.

Ainsi, il est important de rendre disponibles ces financements en vue de favoriser la mise en place des cercles vertueux dans les secteurs, notamment, de l’agriculture et du développement urbain. En effet, un développement respectueux du climat peut entraîner des augmentations majeures de la production agricole;

Par ailleurs, les villes africaines, dont la croissance est rapide, peuvent devenir les moteurs du développement durable, et ce, tout en offrant de meilleures conditions de vie à leurs habitants.

Il nous faut maintenant agir résolument et rendre le monde meilleur pour les générations d’aujourd’hui et de demain. Voilà pourquoi, j’invite toutes les parties prenantes de favoriser dans le cadre de cette lutte, les domaines ci-après :

§     Soutien aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique;

§     Gestion durable des terres, foresterie et écotourisme;

§     Agriculture résiliente;

§     Villes résilientes;

§     Financement climatique.

Voici, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, le sens que j’ai voulu donner à mon intervention concernant la thématique que vous avez bien voulu me confier.

Je vous remercie. Didace Pembe Bokiaga

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