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Ba trop sur bafaza mokate". Cette phrase n'est pas du lingala pur, mais plutôt du lingala argotique. Ce que le langage populaire des habitants de Kinshasa surnomment le "kindoubill" ou l'argot de Kinshasa mélangé à des expressions typiques.
Un langage caractérisé par…
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Des manifestants ciblent les ambassades
Hier, mardi, la capitale congolaise a été le théâtre de manifestations massives contre l’agression du Rwanda via ses supplétifs du M23, dans l’est du pays. Dans plusieurs communes de Kinshasa, des citoyens, excédés par la situation, ont exprimé leur colère en brûlant des pneus et en ciblant les ambassades des pays comme la France, le Rwanda, les États-Unis et l'Ouganda considérés comme des alliés présumés du régime rwandais.
Face à ces débordements, la police a dû intervenir pour sécuriser les lieux et garantir la protection des institutions et des diplomates. «C’est un sursaut patriotique face à l’agression de notre pays», a déclaré le général Blaise Kilimbalimba, tout en soulignant que la priorité reste la sécurité des personnes et des biens.
Une colère légitime mais incontrôlée
Ces mobilisations spontanées traduisent la colère croissante des Congolais face à l’instabilité persistante dans l’est du pays. Depuis plusieurs mois, Kinshasa accuse ouvertement Kigali de soutenir le mouvement rebelle du M23, responsable de graves violations des droits humains et de déplacements massifs de populations.
Un manifestant a confié : «Nous en avons assez de cette ingérence rwandaise. Nos forces armées se battent avec courage, mais elles affrontent un ennemi soutenu par Kigali. Nous voulons que notre souveraineté soit respectée».
Ces actions interviennent au lendemain d’un appel lancé par Martin Fayulu, figure de l’opposition, qui a exigé l’établissement d’un «couloir humanitaire» pour venir en aide aux populations civiles piégées par les combats. Fayulu a également exhorté la communauté internationale à prendre des sanctions fermes contre le Rwanda.
Un écho au ras-le-bol national
La mobilisation à Kinshasa reflète un sentiment d’exaspération généralisée dans tout le pays. Alors que la crise sécuritaire continue de s’aggraver, les Congolais réclament des réponses concrètes face à l’ingérence étrangère et à la détérioration des conditions humanitaires dans l’est.
Pour l’heure, la tension reste vive dans la capitale, où les autorités ont renforcé la sécurité pour prévenir de nouveaux débordements. Ces manifestations rappellent l’urgence d’une solution durable à ce conflit qui ne cesse de peser sur la stabilité régionale. Jérémie ASOKO