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Débat sur la révision de la loi fondamentale : «La Constitution n’est pas la Bible, elle doit être révisée», estime le vice-ministre honoraire Freddy Kita
Depuis que le président Félix Tshisekedi a évoqué la possibilité de la révision de la Constitution, dans un discours à Kisangani, le débat s’est enflammé au sein de la classe congolaise. Bien que cette retouche n’est pas une urgence immédiate, Certains y voient une nécessité d’adapter la loi fondamentale aux réalités actuelles, tandis que d’autres, notamment dans l’opposition et l’Église catholique, craignent un risque de dérive autoritaire.
Vice-ministre honoraire en charge de la Coopération internationale Freddy Kita est l’une des voix les plus claires en faveur de cette révision. S’exprimant lors d’une conférence de presse le 29 octobre, ce leader du Mouvement du Peuple pour le Progrès Social (MPPS) soutient que «la Constitution n’est pas la Bible». Autrement dit, elle peut donc être révisée pour répondre aux besoins actuels de la nation.
«Cette même constitution a déjà été révisée en 2011, elle peut donc encore l’être pour l’adapter aux réalités du moment où pour tenir compte des préoccupations nouvelles exprimées par le peuple, le souverain primaire», a-t-il déclaré.
Freddy Kita a invité tous les acteurs politiques et la société civile à s’engager dans un dialogue respectueux pour identifier les points de la Constitution qui pourraient être modifiés, tout en préservant les principes fondamentaux de l’unité nationale.
«Il est indispensable que chaque composante de notre société s’exprime librement, sans insultes, sans polémique, pour identifier les aspects qui méritent d’être changés, sans toucher aux principes sacro-saints qui fondent notre nation. Par exemple, on ne doit pas toucher au caractère uni et indivisible de notre nation. Si tout le monde se met à l’écoute des autres, nous pouvons facilement arriver à un consensus qui préserve l’unité nationale», a ajouté cet acteur politique Freddy Kita.
Défenseur des valeurs démocratiques que le Président Tshisekedi, ne chercherait pas à modifier la Constitution dans le but de prolonger son pouvoir, soutient Freddy Kita.
enjeu socio-économique
Par ailleurs, Freddy Kita a profité de cette intervention pour soutenir les efforts du gouvernement dans la résolution des difficultés socio-économiques, notamment en ce qui concerne les conditions de vie des enseignants, des médecins, et d’autres fonctionnaires.
Il a exprimé l’espoir que le budget 2025 permettra de répondre à ces préoccupations, en reconnaissant que ces secteurs jouent un rôle crucial pour l’avenir du pays.
Alors que du côté de la présidence, l’on soutient que certaines dispositions de la Constitution sont «caduques» et nécessitent une réforme pour mieux répondre aux défis actuels, les leaders de l’opposition et une partie de la société civile redoutent une dérive vers l’autoritarisme. En visite récente à Kisangani, le Président Félix Tshisekedi a annoncé la création d’une commission spéciale qui se penchera sur la question dès l’année prochaine.
Lors d’un briefing de presse conjoint, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya a soutenu que, si une révision devait avoir lieu, elle viserait avant tout le renforcement des institutions, dans l’optique de consolider la démocratie et non de favoriser des intérêts personnels.
Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau a souligné que la Constitution peut être modifiée si cela reflète la volonté nationale.
«Nous devons construire un pays avec des institutions fortes et non des individus forts», a conclu le porte-parole du Gouvernement Suminwa.
Christian-Timothée MAMPUYA