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Crise dans l'Est : Mukoko Samba dénonce la fausse résurrection de la Cadeco par le M23/AFC
Le vice-Premier ministre en charge de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, est monté au créneau pour dénoncer fermement la fausse résurrection mieux dire la relance de la Caisse générale d'épargne du Congo (Cadeco) par la rébellion du M23/AFC dans les territoires sous son contrôle dans l'Est du pays. Cette manœuvre, pour Mukoko Samba, vise à imposer une structure bancaire illégale dans une zone en crise, mettant davantage en péril les populations déjà fragilisées.
Lors d'un briefing de presse tenu lundi à Kinshasa, aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Mukoko Samba a déclaré que cette initiative ne saurait prospérer, car seule la Banque centrale du Congo (BCC) a l'autorité de régulation monétaire dans le pays.
" La souveraineté monétaire n'est pas à partager avec qui que ce soit. Comme dans tous les pays du monde, une seule institution faîtière gère le secteur bancaire : c'est la Banque centrale. Elle est le socle de notre système bancaire, elle supervise et contrôle toutes les institutions financières, y compris les institutions de microfinance ", a-t-il affirmé.
Une institution déjà en faillite
Créée en 1950, la Cadeco est aujourd'hui en faillite technique. Elle ne participe plus à la chambre de compensation des institutions financières, une plateforme essentielle à la fluidité des transactions interbancaires.
" Quand une banque ne peut plus honorer ses engagements nets, elle devient un danger pour le système bancaire. Elle est alors exclue, car elle perd toute crédibilité ", a expliqué Mukoko Samba.
Le ministre de l'Économie a par ailleurs rappelé que la Cadeco ne dispose même plus de compte à la Banque Centrale, condition pourtant indispensable pour toute institution financière légalement reconnue.
" Aujourd'hui, la Cadeco à des fonds propres négatifs : elle doit plus qu'elle ne possède. Dans ces conditions, elle n'est plus capable d'assurer la sécurité des dépôts des épargnants."
TAUX DE CHANGE ACTUEL 3000 FC/1 DOLLAR
Mukoko Samba a reconnu que l'activité économique dans l'Est du pays est fortement affectée par l'occupation des zones par la rébellion. La quantité de carburant qui y est déployée est en chute, entraînant une baisse des recettes publiques.
Sur le terrain, l'économie locale est fortement affectée. Le dollar américain, principale devise de transaction en RDC, se fait rare à Goma. Le taux de change a franchi la barre des 3 000 francs congolais, contre 2 700 avant l'entrée des rebelles, selon des cambistes locaux. Cette pénurie de devises entraîne une pression sur l'économie et une baisse significative de l'activité économique.
Monnaie électronique
Face à cette crise, les opérateurs économiques ont recours à des solutions alternatives, notamment la monnaie électronique, pour continuer à faire tourner l'économie locale.
Dans cette optique, le chef du mouvement rebelle Corneille Nangaa a tenté en mars dernier de séduire les opérateurs économiques en leur proposant d'ouvrir des comptes à la CADECO relancée, dans le but manifeste de désolidariser cette partie du pays du système bancaire national.
Mais pour le gouvernement, cette tentative relève davantage de la propagande que d'un véritable projet économique.
" Cette mascarade bancaire est une tentative désespérée d'asseoir un pouvoir illégitime sur des bases financières fictives. Le Congo ne bradera jamais sa souveraineté monétaire. Il restera un et indivisible ", a conclu le vice-Premier ministre en charge de l'Economie nationale.
Christian-Timothée MAMPUYA