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CONFRONTEE A L'AGRESSION RWANDAISE : La SADC met fin à sa mission militaire dans l'Est
La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) a annoncé officiellement la fin de sa mission militaire en République Démocratique du Congo (SAMIDRC), après une réunion en visioconférence avec les chefs d'État de la région tenue hier jeudi 13 mars.
La SAMIDRC, constituée principalement de troupes sud-africaines, tanzaniennes et malawites, avait été déployée après le retrait de la force de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), suite à des demandes de Kinshasa. Son objectif initial était de repousser les rebelles du M23 qui avaient pris le contrôle de plusieurs territoires du Nord-Kivu et menaçaient la capitale provinciale Goma ainsi que la ville de Bukavu.
Malgré un mandat offensif, la force de la SADC n'a pas été en mesure d'endiguer l'avancée du M23, soutenu par le Rwanda. Le 22 janvier, après de violents affrontements, le M23 a pris le contrôle de la ville clé de Sake, avant d'occuper Goma et Bukavu. La mission de la SADC a donc été jugée insuffisante, et son retrait progressif a été acté par les chefs d'État lors du sommet.
Lourd tribut
La mission de la SADC a payé un lourd tribut, avec la perte de plusieurs soldats sud-africains et tanzaniens, notamment lors des combats autour de la cité de Sake, dans le territoire de Masisi. Ces pertes ont exacerbé les critiques, notamment en Afrique du Sud, où l'opposition a exigé le retrait immédiat des troupes sud-africaines.
Par ailleurs, le 18 mars, une rencontre est prévue à Luanda entre le gouvernement congolais et les représentants du M23, sous la médiation de l'Angola. Cette initiative ambitionne de lancer des discussions directes entre les deux parties, dans l'espoir de trouver une issue pacifique au conflit qui déchire l'est du pays depuis des années. Le gouvernement congolais a confirmé avoir reçu l'invitation, mais il reste discret sur la composition de sa délégation et sa réponse à l'appel à la négociation.
Négociations
La porte-parole du président Félix Tshisekedi, Tina Salama, a précisé que si ces discussions ont lieu, elles devront se conformer à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui encadre les dialogues entre le Rwanda et la RDC, ainsi que les discussions avec les groupes armés prêts à déposer les armes.
Pendant longtemps, le gouvernement congolais avait refusé de négocier avec ce qu'il qualifiait de "groupe terroriste", soutenu par Kigali. Toutefois, face à la réalité du terrain et à la pression internationale, cette ligne a été révisée.
Revendications floues
Les rebelles du M23 ont des revendications floues. Le gouvernement congolais pourrait être contraint de céder sur certains points, malgré les craintes exprimées par une partie de la population. En novembre 2022, l'Assemblée nationale congolaise avait voté une résolution interdisant l'intégration des ex-rebelles dans les forces armées congolaises. Une telle perspective demeure un point de friction majeur dans le cadre des discussions.
Les négociations avec le M23 pourraient aboutir à un accord. Mais, l'incertitude demeure quant aux concessions que le gouvernement congolais sera prêt à faire sans compromettre davantage la souveraineté du pays.
Christian-Timothée MAMPUYA