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CLOTURE DE LA FORMATION EN CHIRURGIE REPARATRICE : RDC: Un pas vers l'élimination de la fistule obstétricale
Des équipes provinciales du Kwiu et de kwango ont été formées en chirurgie réparatrice, une avancée majeure contre la fistule obstétricale. Cette initiative, portée par le gouvernement congolais avec l'appui de l'UNFPA et de l'ambassade de France, vise à renforcer les capacités locales pour offrir une prise en charge efficace aux femmes souffrant de cette affection dévastatrice.
Dans son allocution, Dr Yuma Ramazani Sylvain, Secrétaire Général à la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, a rappelé l'ampleur du problème en RDC. Selon les dernières enquêtes, environ 1% des femmes congolaises ont développé une fistule obstétricale, une complication qui entraîne des souffrances physiques et une exclusion sociale sévère.
"La bonne nouvelle est que la fistule peut être totalement réparée avec un taux de succès atteignant 90%, à condition que les patientes aient accès à des équipes médicales qualifiées et des structures bien équipées", a souligné le Secrétaire Général.
Le gouvernement, engagé depuis 2005 dans la lutte contre cette pathologie, a renforcé ses efforts ces dernières années grâce à la collaboration avec des partenaires techniques et financiers. Avec cette nouvelle cohorte de prestataires qualifiés, la RDC disposera désormais d'équipes spécialisées dans toutes les 26 provinces, permettant ainsi une meilleure couverture des soins et une réduction des coûts liés aux campagnes de réparation de la fistule obstétricale.
L'UNFPA en première ligne pour l'élimination de la fistule
Lors de la cérémonie, Mady Biaye, Représentant Résident de l'UNFPA en RDC, a mis en avant les enjeux majeurs de cette formation et l'importance de renforcer les capacités locales.
"L'apparition d'une fistule obstétricale est directement liée à un manque d'accès aux soins obstétricaux de qualité. Ces femmes, souvent rejetées par leurs communautés, sont condamnées à une souffrance silencieuse. Or, cette condition est évitable et guérissable", a-t-il déclaré.
L'UNFPA, aux côtés du gouvernement congolais, œuvre depuis 2003 dans le cadre de la Campagne mondiale pour l'élimination de la fistule obstétricale. La RDC y a adhéré en 2006 et a mis en place une Stratégie Nationale d'Élimination (2018-2025), axée sur trois piliers : prévention, traitement et réintégration socio-économique.
Mady Biaye a également insisté sur la nécessité d'un engagement collectif et a lancé un appel à l'ensemble des acteurs, gouvernement, partenaires techniques et financiers, société civile et professionnels de la santé pour accélérer les efforts vers l'objectif zéro fistule obstétricale en RDC.
L'appui décisif de la France à travers l'UNFPA
L'ambassade de France en RDC, via son Attachée de coopération, Elisa Blin, a également réaffirmé son engagement en faveur de la santé maternelle et reproductive.
"Il est totalement anormal qu'une affection évitable et traitable continue de condamner des milliers de femmes à l'exclusion et à la souffrance. C'est pourquoi la France, à travers le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, a soutenu cette initiative en contribuant financièrement à l'UNFPA ", a-t-elle déclaré.
Et d'ajouter que : "cette contribution s'inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des systèmes de santé en Afrique, notamment en RDC, où l'accès aux soins reste un défi majeur pour de nombreuses femmes et jeunes filles".
Des lauréats prêts à relever le défi
Les 11 participants, composés de médecins, infirmiers et anesthésistes, ont été salués pour leur assiduité et leur dévouement tout au long de cette formation intensive. Ils sont désormais outillés pour réaliser des interventions de routine et assurer une prise en charge locale des patientes.
"Nous avons reçu un savoir inestimable, et nous nous engageons à mettre nos compétences au service des femmes touchées par cette maladie", a déclaré l'un des lauréats.
Le Secrétaire Général à la Santé Publique les a exhortés à maintenir un contact régulier avec leurs formateurs pour un coaching continu, garantissant ainsi l'efficacité des interventions sur le terrain.
Si des progrès notables ont été enregistrés, les défis restent nombreux. Pour atteindre une élimination complète de la fistule obstétricale en RDC, plusieurs actions clés ont été identifiées notamment le renforcement des services de santé reproductive et maternelle pour prévenir de nouveaux cas.
Tricya MUSANSI