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Campagne contre l’immoralité et la violence dans les médias : Le CSAC engage journalistes et influenceurs dans la voie du numérique responsable
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a lancé hier mercredi 12 mai à l’hôtel du fleuve une campagne de lutte contre la délinquance sur les réseaux sociaux et de promotion de la citoyenneté numérique.Cette initiative vise à sensibiliser les journalistes et influenceurs sur leurs responsabilités dans la diffusion de contenus éthiques et constructifs en ligne.
Dans son discours d’ouverture, le président du CSAC a fait un constat préoccupant de la situation actuelle. L’ère numérique a bouleversé les modes de communication,mais a aussi ouvert la voie à de nouvelles dérives. A en croire, Bosembe, les réseaux sociaux, qui devaient initialement rapprocher les gens, sont devenus en réalité des vecteurs de propagation de fausses informations et de contenus choquants.
A cette occasion, Christian Bosembe a dénoncé la multiplication des « fake news » qui remplacent désormais une information vérifiée et objective. Il a également critiqué certains journalistes et influenceurs qui, en quête de likes et de vues, n’hésitent plus à publier des informations sensationnalistes sans vérification des faits.
En laçant cette campagne, Christian Bosembe estime qu’elle a pour objectif de rappeler aux acteurs des médias l’importance de préserver leur objectivité et la dignité de leur profession, sans sacrifier ces valeurs au profit du fanatisme ou de la recherche du sensationnel.
Donc dans un sens plus large, cette initiative entend responsabiliser tous les acteurs, qu’ils soient simples utilisateurs ou professionnels des médias, afin de faire d’Internet un outil au service du développement démocratique du pays. Un enjeu majeur à l’heure où le numérique irrigue désormais tous les aspects de la société.
« Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Le CSAC se donne pour mission de lancer cette campagne contre l’immoralité et la délinquance dans les médias et sur les réseaux sociaux. Le rôle du journaliste n’est pas de terroriser ou d’intimider, mais d’enquêter, d’informer, de surveiller, de former et de divertir sans juger ni condamner les citoyens, quels que soient leur statut”, a-t-il plaidé
« La vie privée des gens, le corps de la femme, le patriotisme, l’intérêt supérieur de la nation, la réputation des gens devraient constituer des limites que l’on ne pourrait franchir. Sinon quel plaisir avons-nous de voir nos sœurs nues ? Quel plaisir avons-nous de véhiculer des sextapes sans être inquiété ? », s’interroge-t-il.
Anne-Marie Dongui, directrice adjointe du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (BCNUDH), a salué cette action dans son intervention. Elle voit en cela « un pas important vers la promotion de la dignité humaine, du respect mutuel et de la paix sociale » dans un monde où l’on observe « une augmentation inquiétante de contenus violents et immoraux sur les réseaux sociaux« . À cet effet, le BCNUDH promet son soutien matériel à l’organe régulateur des médias en RDC pour lui permettre d’atteindre ces objectifs.
Le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde a exhorté, mercredi, les journalistes à respecter les règles d’éthique et de déontologie de leur métier.
« Les réseaux sociaux sont devenus un phénomène préoccupant car une information erronée peut déformer les opinions, créer des polémiques et attiser les tensions. Bien entendu, je ne suis pas là pour vous mettre en garde, mais plutôt pour susciter en vous un sens de responsabilité quant à votre déontologie », souligne le procureur Mvonde.
Appel à une réaction ferme
Invité à s’exprimer, Jean-Claude Tshilumbayi, Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale, a lui aussi dénoncé de nombreux dérapages dans les médias traditionnels et sur internet. Il a appelé de ses vœux une lutte résolue contre ces « fléaux » afin d’éradiquer les violations répétées de la loi et de la déontologie.
Le professeur a également condamné la tentation de certains de se cacher « derrière le concept de dépénalisation des délits de presse » pour justifier leurs actes répréhensibles. Pour lui, un journalisme responsable se doit d’être guidé par l’éthique et la déontologie professionnelle.
Dans l’après-midi, les participants se sont rendus au premier panel réunissant des experts des médias. Sous la direction notamment du Professeur Jean-Chrétien Ekamabo et du Procureur Général Firmin Mvonde, les débats devraient permettre d’identifier les mesures concrètes à mettre en place pour réguler efficacement le secteur.
De son côté, le ministre de la Communication Patrick Muyaya a affiché sa fermeté, annonçant la possibilité de sanctions telles que la fermeture de chaînes ne respectant pas la déontologie. Selon lui, il est nécessaire de « ramener la salubrité dans la presse » et de ne pas laisser certains détruire l’image d’acteurs politiques ayant œuvré à leur notoriété.
Cet atelier du CSAC, soutenu par plusieurs acteurs institutionnels, entend lancer un message contre la délinquance grandissante sur Internet au service du développement d’un paysage médiatique sain et responsable.
gagner de l’argent sans insulter
La question de la régulation des influenceurs sur les réseaux sociaux était au cœur des débats lors du deuxième volet de l’atelier organisé le CSAC . Dans son intervention, Cédric Abazi, expert en communication, s’est directement adressé aux créateurs de contenus en leur donnant des pistes pour gagner de l’argent sans recourir aux insultes.
En effet, de nombreux influenceurs congolais ont pris l’habitude de polémiquer et de s’invectiver mutuellement sur la toile afin d’accroître leur visibilité. Or, Cédric Abazi a rappelé qu’il existait d’autres moyens vertueux d’augmenter leur nombre de vues et de revenus.
Selon lui, miser sur la qualité des contenus plutôt que sur le sensationnalisme est une stratégie gagnante sur le long terme. Produire du contenu sérieux et engagé surtout dans la langue de Molière permet d’établir une relation de confiance avec sa communauté.
« Il existe un moyen d’augmenter le nombre de vues sans recourir aux insultes. Il faut améliorer le contenu que l’on diffuse sur YouTube, TikTok et autres réseaux sociaux. Cela permettra aux influenceurs de gagner davantage d’argent. On peut gagner sa vie sans pour autant passer son temps à insulter sur Internet », a révélé Cédric Abazi, expert en communication.
Autre piste évoquée : s’inspirer des influenceurs à l’international qui parviennent à vivre de leurs vidéos sans manque de respect. À en croire cet expert « leur réussite montre que le talent et le travail peuvent suffire à générer des revenus confortables ».
Le président du CSAC Christian Bosembe a invité les influenceurs à signer une charte d’engagement pour une « citoyenneté numérique« . L’idée est de travailler de concert afin de donner plus de valeur aux contenus tout en participant à l’évolution des mentalités.
Au-delà des sanctions qui peuvent peser contre ces derniers en cas de dérapages, ces interventions ont fait primer la pédagogie et la co responsabilisation de tous les acteurs. L’objectif est de promouvoir une régulation équilibrée et constructive du numérique pour un paysage médiatique responsable et conforme aux valeurs démocratiques du pays.
Christian-Timothée MAMPUYA