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À Bujumbura, les délégués de la RDC étalent la criminalité de l’État rwandais
La coalition des forces du Mal, M23 et RDF, l’armée régulière rwandaise, a accueilli par un massacre d’une extrême barbarie, l’ouverture du XIème sommet de Bujumbura. Au moins, 145 civils ont été sauvagement exécutés dans la nuit du 3 au 4 mai 2023 à Kizimba près de Kitchanga dans le territoire de Masisi non loin de la zone de Kishishe, dans le Nord Kivu. Le ministre d’État en charge de l’Intégration régionale, Antipas Mbusa Nyamwisi, visiblement marqué par cette énième triste nouvelle, a, déploré et dénoncé, d’un ton rocailleux, loin de céder à la terreur, cette tragédie.
Dans son allocution, d’entrée de jeu, Mbusa Nyamwisi a sollicité une minute de silence en mémoire des victimes du terrorisme rwandais camouflé dans le M23. Naturellement, la RDC va exiger des enquêtes sérieuses pour que les auteurs dont intellectuels de la Shoah de Kizimba répondent de leurs actes devant la justice.
Les travaux préparatoires du XIème Sommet des chefs d’État et de gouvernement signataires de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, ont démarré, hier jeudi 4 mai 2023, par la Réunion des ministres des Affaires étrangères. La cérémonie d’ouverture a été marquée par cinq allocutions : CIRGL, SADC, UA, ONU, puis la RDC qui assure la présidence sortante du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Tous les speeches ont, en substance, accordé une note peu flatteuse à la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, dix ans après.
Après avoir crié haro sur le massacre de Kitchanga, le ministre d’État en charge de l’Intégration régionale, Antipas Mbusa Nyamwisi a rappelé à l’assistance, la vision et la finalité des chefs d’État ayant motivé l’élaboration de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba : paix, sécurité, stabilité et coopération entre la RDC et la région de Grands lacs en vue d’un développement harmonieux. Mbusa Nyamwisi a aussi remémoré autant à ses collègues ministres qu’à leurs experts, que l’Accord-cadre d’Addis-Abeba dispose des clauses sacro-saintes, intangibles, imposables à tous, notamment la non-ingérence dans les affaires intérieures des États voisins, le refus de tolérer et de fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés, le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États voisins, le respect des préoccupations et intérêts légitimes de États voisins en particulier au sujet des questions de sécurité et le renforcement de la coopération régionale et une intégration économique profitable à tous.
Hélas, la bonne foi de la RDC à créer un climat de vivre ensemble ne lui a jamais été rendue. Félix Tshisekedi a tendu l’accolade, Kagame a répondu par l’estocade.
Mbusa Nyamwisi l’a démontré dans son discours. Et, au nom du Président de la République, le ministre d’État rdcongolais a appelé à une évaluation sans complaisance, franche et sincère de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. Et Mbusa de se demander, à haute voix: comment devra-t- on comprendre que ce soit exactement le moment où la RDC assure la présidence tournante de l’Accord cadre qu’elle soit injustement agressée par un État membre bien identifié, violant l’engagement régional avec un motif fallacieux et révisionnisme du principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation principe fondateur de l’Union africaine. Dans l’assistance, des officiels rwandais accusent le coup.
Le ministre rdcongolais poursuit son catilinaire. Malgré la recrudescence de l’insécurité provoquée par le M23 soutenu ouvertement par le Rwanda, tel qu’établi par les limiers de l’ONU dans un rapport transmis au Conseil de sécurité à New-York, la RDC n’a nullement d’ambitions bellicistes et tient à maintenir un climat de convivialité avec les pays d’origine de ces groupes armés qui tuent, violent et pillent dans l’est de la RDC. Le pays de Tshisekedi veut ainsi trouver une solution définitive à la crise. Parmi ces groupes, il y a les FDLR du Rwanda, les Red Tabara pour le Burundi, le tristement célèbre ADF pour l’Ouganda. La partie rdcongolaise convie les gouvernements des États précités à ouvrir un cadre de dialogue avec ces forces négatives à travers le processus de démobilisation et de désarmement et réinsertion sociale régional. La RDC s’engage à collaborer et à assister aux activités du Groupe de coordination et de contact (GCC).
Le ministre des Affaires étrangères du Burundi, au nom du Président Évariste Ndayishimiye, Président en exercice de la Communauté d’Afrique de l’est, a vivement félicité la RDC pour les grandes réalisations durant le mandat de Félix Tshisekedi. Et il désapprouve cette coïncidence curieuse, que le 10ème anniversaire de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba coïncide avec la résurgence regrettable du M23 avec un coût humain et matériel tragique qui annihile l’espoir des lendemains meilleurs des populations.
Cellcom Intégration régionale