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Audit du fichier électoral : la Cenco et l’ECC pour »une alternative crédible » en dehors de l’OIF
* « Pour nous, si ce n’est pas l’OIF pour des raisons politiques, on peut trouver une alternative qui rassure sur le plan de l’objectivité et de l’efficacité », soutient Mgr Nshole.
Récusée par nombre d’alliés au Pouvoir de Kinshasa, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ne va plus auditer le fichier électoral en République démocratique du Congo. Elle vient, à cet effet, de décliner l’offre de la Commission électorale nationale Indépendante (CENI) qui a sollicité ses services. Pour l’épiscopat catholique et l’Eglise du Christ au Congo (ECC), il importe, dès lors, de trouver »une alternative crédible » à l’OIF pour fiabiliser le processus électoral en cours.
Dans une correspondance adressée hier mercredi 3 mai à Denis Kadima Kazadi, le directeur de cabinet de la Secrétaire générale de l’OIF s’est voulu clair à ce propos. Proche collaborateur de Louise Mushikiwabo, Hervé Barraquand a indiqué que son organisation ne sera pas en mesure d’auditer le fichier électoral dans la « durée impartie », jugeant trop court le délai de six jours (15 au 20 mai) proposé par l’équipe Kadima pour réaliser cet audit.
La proposition de la Centrale électorale a eu du mal à faire l’unanimité. Particulièrement du côté des alliés du Pouvoir. Porte-étendard de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), Jonas Tshiombela est récemment monté au créneau à la tête, cette fois, du Front des Congolais pour la sauvegarde de l’intégrité de la RDC (FCSI-RDC). Il n’a cessé de plaider pour une expertise locale.
« Cette structure [OIF] est dirigée par une personnalité rwandaise [Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’OIF], l’ancienne ministre des Affaires étrangères de ce pays qui cherche à déstabiliser le nôtre. Comment les données stratégiques peuvent-elles être confiées à une telle structure ?« , s’est interrogé Jonas Tshiombela, se confiant mardi à la presse, après sa rencontre avec Denis Kadima, le président de la CENI.
Cette position, brandie également par Jérôme Bonso et Lambert Mende, respectivement président de la LINELIT et haut cadre de l’Union sacrée de la Nation (plateforme présidentielle), est relayée par plusieurs autres organisations de la société civile proches du régime.
« Les arguments sont d’abord politiques »
Reçus également par Denis Kadima, Mgr Donatien N’Shole, secrétaire général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Cenco), et le Père Clément Makiobo, ont tenu, eux, à donner leur son de cloche à propos de cette controverse autour de l’implication de l’OIF dans l’audit du fichier électoral.
« Comme mission d’observation, la Cenco et l’ECC sont dans la dynamique d’accompagner davantage le processus électoral. Chaque fois que nous sommes préoccupés ou en face de quelque chose qui peut entamer sa crédibilité, nous nous empressons de rencontrer les responsables de la Ceni pour échanger avec eux. Et je dois avouer que, jusque-là, on a toujours eu une oreille attentive« , a déclaré hier Mgr Donatien N’Shole.
« Ce qui nous a amenés aujourd’hui à rencontrer le Président Denis Kadima, c’est le débat qui est en train de naître. Un certain narratif par rapport à la nécessité de l’audit international qui devrait être mené par l’OIF, invitée d’ailleurs par la Ceni. Mais, on entend depuis un certain moment des réactions selon lesquelles ce n’est pas bon par rapport à la souveraineté et à l’intégrité du pays, surtout que la Secrétaire générale de l’OIF est une rwandaise« , a renchéri le porte-parole de l’épiscopat congolais.
« Il y en a, dit-il, qui vont jusqu’à dire qu’il faut que ce soit un audit national. Et nous, cela nous préoccupe, d’autant que les arguments sont d’abord politiques. Cela peut se comprendre politiquement ! Soit dit en passant, parmi les institutions qui défendent l’intégrité et la souveraineté nationales, il y a la Cenco, qui a dénoncé l’attitude et l’indifférence de la communauté internationale en rapport avec ce qui se passe avec le Rwanda. Je vous informe que nous venons d’avoir une mission conjointe avec l’ECC aux États-Unis sur la situation à l’Est. C’est pour dire que nous tenons à l’intégrité. Mais qu’on n’amène pas cela dans des questions techniques comme les élections« , a martelé Mgr Donatien N’Shole.
Réduire la méfiance
Pour le porte-parole de l’épiscopat catholique du Congo, il s’avère aujourd’hui impérieux de réduire la méfiance autour de la Centrale électorale qui prend de plus en plus de l’ampleur. « Notre peur, explique-t-il, était que la Ceni puisse être influencée par un certain discours pour être fermée à l’audit qui aurait une dimension internationale. Nous avons échangé avec le Président de la Ceni. Il en est bien conscient d’ailleurs. Il nous a même répété que c’est lui qui avait invité l’OIF, et n’a donc rien à cacher par rapport à un audit qui aurait une dimension internationale« .
« Pour dire vrai, lâche Donatien N’Shole, nous regardons dans la même direction. Pour nous, si ce n’est pas l’OIF pour des raisons politiques, on peut trouver une alternative qui rassure sur le plan de l’objectivité et de l’efficacité. Le Président Denis Kadima Kazadi sait ce qu’on peut trouver dans le pays. Et il est sincère sur ce point qu’il serait difficile de trouver une organisation qui ait toutes les compétences et (puisse rassurer) pour des raisons psychologiques ».
« Nous sommes venus donc l’alerter et nous avons discuté avec lui. Evidemment, il y a son bureau et l’assemblée plénière ! Ce qui est plus important, et il faudrait l’encourager là-dessus, est qu’on puisse évoluer en ayant comme préoccupation de réduire la méfiance qui est née depuis un certain temps autour de la Ceni« , a-t-il conclu. YKM