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Assemblée nationale : Kamerhe, Djoli, Munongo, Polipoli… bientôt au Golgotha ?
* A l’heure où le pays se bat pour retrouver la cohésion nationale, une crise institutionnelle au parfum des intérêts politiciens, serait malvenue.
L’Assemblée nationale et le Sénat vont bientôt reprendre du service. Après trois mois de vacances, c’est la session ordinaire de septembre, la seconde de l’année en cours dont l’ouverture est prévue pour le vendredi 15 de ce mois. Soit dans dix jours. Une lapalissade sans doute, tant cette rentrée procède d’un rituel à la fois institutionnel et constitutionnel.
Cependant, cette session de septembre, consacrée prioritairement à l’examen du projet de loi de Finances 2026, risque de se dérouler dans une ambiance pas bon enfant. Des experts en prédictions parlent déjà des étincèles dans l’air. Peut-être non sans raison, s’il faut se fier à tout ce qui se raconte depuis plusieurs jours dans les travées du Palais du peuple, siège du Parlement.
Ainsi que Forum des As l’a dit dans son édition d’hier jeudi 4 septembre, ça sent le roussi au «temple de la démocratie» en RDC, où s’observe une certaine agitation (inopportune ?) dans les deux chambres. A l’Assemblée nationale, on parle de plus en plus, avec la même rhétorique, d’une pétition pour descendre Vital Kamerhe, président de la chambre.
Par ailleurs, certaines indiscrétions de plus en plus persistantes, susurrent que la même initiative serait en gestation au Sénat. Autrement dit, Jean-Michel Sama Lukonde, speaker de la Haute Assemblée du parlement, serait lui aussi visé par une pétition. Si pour le cas Kamerhe, la pétition avait déjà été signée par plus de cent députés nationaux, rien n’a encore filtré sur l’initiative contre Sama Lukonde. Jusqu’au moment où nous mettions sous presse, aucune donnée ni sur l’initiateur de la pétition ni sur son existence. Mais quoi qu’il en soit, on en parle dans les couloirs.
KAMERHE, DJOLI, POLIPOLI… AU «GOLGOTHA» ?
Même si ce n’est pas encore officiellement annoncé, on apprend que la pétition à l’Assemblée nationale ne vise pas que Vital Kamerhe. Bien plus, l’épée de Damoclès serait également suspendue sur quelques membres du Bureau bien ciblés. Dans la foulée, on cite nommément Jacques Djoli, Dominique Munongo Inamizi, Chimène Polipoli Lunda et Grâce Neema Paininye, respectivement Rapporteur, rapporteure adjointe, Questeur et Questeur adjointe de la Chambre basse du Parlement. Soit, un total de cinq sur les sept membres qui composent le Bureau de la Représentation nationale. A l’image donc du Christ, Vital Kamerhe sera conduit au «Golgotha» avec les trois autres. Seuls seraient épargnés, Jean-Claude Tshilumbayi de l’UDPS et Christophe Mboso, distinctement 1er et 2ème vice-Président de l’Assemblée nationale.
A en croire aussi bien, ce qui se raconte dans les couloirs du Palais du peuple que certains médias en ligne, la motion contre Vital Kamerhe et les quatre autres membres du Bureau, serait l’œuvre serait l’œuvre du député Crispin Mbindule, Président du Conseil d’administration du Cadastre minier (CAMI). Ce dernier reprocherait principalement à la gouvernance Kamerhe, l’opacité dans la gestion. Une mégestion qui, selon les pétitionnaires, se serait traduite par une «misère sociale» dans laquelle vivraient députés nationaux. Y compris les membres des cabinets politiques et le personnel administratif.
Au-delà de la démarche (légitime ?) des députés pétitionnaires, des sources proches des administrations des deux chambres attestent qu’effectivement, il y a grogne. Cependant, selon des sources ayant des entrées faciles dans les questures aussi bien de l’Assemblée nationale que du Sénat, la situation serait causée par la réduction drastique de la dotation des deux chambres parlementaires.
Cependant, la pétition est motivée par la «misère sociale» dans laquelle vivent les députés nationaux et tous ceux qui travaillent à l’Assemblée nationale, le bon sens commande au pétitionnaire de revisiter le Règlement intérieur de leur chambre dans lequel les attributions de chaque membre du Bureau sont clairement spécifiées. S’agissant du Rapporteur, par exemple, on sait qu’il ne participe ni de près ni de loin à la gestion des finances de la Chambre. Son rôle se limitant à la communication institutionnelle et à la préparation des séances plénières. Pas plus. Partant, d’aucuns estiment qu’au cas où la pétition contre vital Kamerhe et consort serait inscrite au calendrier de la prochaine session parlementaire, alors son examen et éventuellement son vote par la plénière, devrait se faire au cas par cas, en tenant compte des prérogatives réglementaires de chaque membre du Bureau. Principalement, ceux mis en cause.
«MIEUX VAUT AVOIR L’ENNEMI AVEC SOI»
Possible que les faits reprochés à Vital Kamerhe soient vrai. En tant qu’humain, il a sans doute des faiblesses. Tout le problème cependant, c’est le parfum politique que dégage la pétition ainsi que les intrigues qui l’entourent. Sans verser dans l’électrochoc, la présence de Vital Kamerhe au perchoir de l’Assemblée nationale n’a jamais fait l’unanimité dans les rangs, aussi bien de certains cadres que des combattants du parti au Pouvoir qui, à tort ou à raison, l’accusent de fourberie. Surtout quand il faut se prononcer sur certaines questions de brulante actualité et d’intérêt national.
A supposer que Vital Kamerhe soit réellement cet acteur politique jugé dangereux par ceux qui veulent le descendre de son piédestal, alors on devrait s’interroger sur l’avenir et anticiper certains effets boomerangs qui pourraient s’avérer néfastes. Quand le ver est dans le fruit, la sagesse recommande beaucoup plus de tacts et de sagesse pour l’extirper.
Au moment où le pays porte encore des stigmates de l’instabilité consécutive à la précarité sécuritaire dans sa partie orientale, aucun sage ne saurait conseiller une crise politique de trop. Bien au contraire. La case RDC étant en feu, tous ceux qui l’occupent doivent unir leurs forces pour éteindre les flammes. C’est donc cette métaphore qui justifie l’appel à un dialogue national et inclusif, proposé par les confessions religieuses comme alternative à la crise politique actuelle au pays.
Dans la situation actuelle de la RD Congo, il vaut mieux donc avoir la paix qu’avoir raison. Renoncer à un conflit pour maintenir la tranquillité d’esprit plutôt d’insister pour prouver son point de vue, même si l’on pense avoir raison, procède de la sagesse. La paix et la sérénité intérieure étant plus importantes que la validation de ses opinions. Pourquoi ouvrir un front de trop, alors que le «front» de la cohésion nationale demeure encore à ce jour très fragile ?
Pour le cas Kamerhe, d’aucuns pensent que mieux vaut avoir un démon qu’on connait qu’un ange qu’on ne connait pas. On sait où peuvent conduire des frustrations politiques. Dans le contexte actuel, la vraie bataille consiste à fragiliser le camp ennemi. Et, la meilleure façon d’y parvenir, serait justement d’empêcher de nouveaux adhérents. L’ennemi ? Autant l’avoir avec soi que contre soi.
Tout bien considéré, nombre d’analystes estiment que derrière cette pétition, se cachent des calculs politiques et politiciens visibles. Tout l’oxymore est là. «Si les pétitionnaires étaient motivés par la défense du social des députés nationaux, du personnel politique et administratif de l’Assemblée nationale, alors ils auraient également ciblé en priorité le 2ème vice-président de la chambre, à qui incombe la responsabilité des questions sociales de l’institution des membres de l’Assemblée nationale et de tous ceux qui y sont employés», ponctuent les mêmes analystes qui, non sans raison, invitent le Président Félix Tshisekedi à ouvrir l’œil et le bon.
Grevisse KABREL