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Après le drame manqué de Ndolo : La fermeture définitive du marché Type « K » s’impose
N’eussent été l’expertise et l’expérience du pilote de l’avion militaire qui a connu un crash avant hier sur l’aérodrome de Ndolo, la ville de Kinshasa aurait encore connu un cataclysme au marché dit « Type K« , après celui du 8 janvier 1996.
A cette date-là, un aéronef de type Antonov avait connu un crash, qui a provoqué 237 morts et plus de 300 blessés graves, excepté deux miraculeux survivants.
Aussitôt après cette mini apocalypse, les autorités de l’époque avaient fermé ce marché pirate, dont l’insalubrité heurtait la conscience de plus d’un Kinois. Mais contre toute attente, les vendeurs sont revenus un à un jusqu’à remplir de nouveau cet espace.
Dans le cas d’espèce, faut-il condamner plus ces compatriotes ou les autorités qui laissent faire, après avoir perçu les taxes qu’elles utilisent pour leurs propres intérêts? Pour les vendeurs qui se sont entêtés de revenir sur un site aussi dangereux, ils ne doivent pas perdre de vue que la vie de chacun doit être prioritairement protégée par lui-même avant de compter sur les pouvoirs publics.
En cas de drame comme celui vécu en 1996, quelles que soient les interventions de l’Etat, il est impossible de revenir à la vie et de retrouver toutes ses aptitudes si l’on a été victime d’une manière ou d’une autre. La meilleure approche consiste à éviter d’être victime de telles calamités.
Quant aux autorités concernées par la sécurité des personnes et de leurs biens, nous devons déplorer leur laxisme face à des situations qui exigent des mesures drastiques.
Il est incompréhensible qu’elles aient fermé les yeux devant l’indiscipline et même l’incivisme de ces vendeurs, qui les ont défiées ainsi publiquement. Leur silence face à ce comportement inadmissible met à nu leur inconscience, et pourquoi pas leur incompétence.
Que serait-il advenu avant hier si ce crash n’avait pas été évité de justesse ? Il y aurait sans doute eu des larmes de crocodile, suivies des messages de compassion, et des funérailles avec pompe du talentueux pilote et ses compagnons d’infortune. À quoi aurait servi ce spectacle?
Pour éviter que ce lieu pirate de négoce ne soit le terrain des catastrophes de manière cyclique, les autorités tant du gouvernement central que provincial sont obligées de se mettre d’accord pour une décision ferme et rigoureuse en vue de sa fermeture définitive.
Pascal, UPN, Rond-point Ngaba, Matadi Kibala,.. : la même rigueur s’impose.
La même situation déplorable que nous stigmatisons au niveau de Type K est observée dans plusieurs autres endroits de nos municipalités. De la place Pascal à Tshangu à Matadi Kibala à Mont Ngafula, en passant par Ndjili, Masina, Matete, rond-point Ngaba, Selembao, UPN Delvaux, et que sais-je encore, le désordre est total.
Les artères principales, même celles qui ont revêtu une belle robe après leur réhabilitation et modernisation, sont prises d’assaut par ces vendeurs indélicats qui défient ostentatoirement les autorités légalement installées et légitimes.
On ne badine pas avec le pouvoir. On l’exerce sans négocier avec les administrés. C’est pourquoi, une sentence séculaire dit que « la loi est dure, mais c’est la loi« .
Dans le cadre de l’opération « Coup de poing« , mise en œuvre par le nouveau locataire de l’Hôtel de Ville de Kinshasa, et conformément à sa devise « Kinshasa ezo bonga« , Daniel Bumba est invité à sortir des sentiers battus et de faire mieux que tous ses prédécesseurs, afin de laisser un passé indélébile dans les annales de l’histoire de la ville de Kinshasa.
Dans l’immédiat, il est plus qu’urgent pour lui de faire appliquer les décisions qu’il a prises tambour battant, notamment l’évacuation des épaves des véhicules et les véhicules abandonnés sur les voies publiques, la lutte contre les nuisances sonores diurnes et nocturnes, le respect des heures d’ouverture et de fermeture des débits de boissons, etc…
Beaucoup de bonnes et salutaires mesures, mais malheureusement suivies d’aucun effet parce que non appliquées.
Le risque de l’échec est aussi grand avec le projet de l’instauration des itinéraires à sens unique dans le but de réduire très sensiblement les embouteillages, s’il n’y a pas de rigueur dans le suivi de cette mesure.
Kinshasa est une ville capitale aux multiples défis. Si on ne la gère pas avec la sagesse de Salomon et la rigueur des grands rois, on ne s’en sort pas. C’est ce qui justifie les bilans moins reluisants de tous ceux qui sont passés à sa tête.
Dans les jours à venir, les Kinois n’aimeraient pas revoir au marché Type « K » des vendeurs indélicats, surtout que nous nous approchons de la fin de l’année où, selon l’imaginaire populaire, la métropole congolaise enregistre beaucoup d’accidents mortels.
Muke MUKE