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Appels d’offres des blocs pétroliers et gaziers : Le CNPAV craint un endettement supplémentaire
Le gouvernement avait lancé, il y a deux ans, en juillet 2022, les appels d’offres pour l’exploitation des 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers. Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, les investisseurs ne se bousculent pas au portillon de la RDC. Le consortium « Le Congo n’est pas à vendre », très préoccupé de la manière dont le processus a été mené.
Dans une note d’analyse sur les hydrocarbures publiée, hier mercredi 8 mai, le CNPAV ne cache pas sa crainte de voir le processus en cours conduire à un endettement supplémentaire de l’État congolais. Cette organisation de la société civile fait savoir qu’avant même l’exploitation proprement dite de ces blocs, le pays s’est déjà endetté à hauteur de 900 millions USD. «Les expériences du passé ont montré comment le secteur des hydrocarbures a fait endetter la RDC. Dans le cadre de Dig oil, la RDC a été condamnée à payer 619 millions de dollars, seulement par le fait que la RDC n’avait pas approuvé le contrat de Dig oil. À cette phase-là, rien n’est encore exploité, rien n’est encore fait, on est en train de payer Dig oil par notre faute. Nous sommes déjà endettés à ce niveau-là », a confié Jimmy Munguriek Ufoy, membre de la plateforme CNPAV.
Ce n’est pas tout. « Aussi dans le cadre des blocs pétroliers 1 et 2 du Graben Albertine où le permis était expiré au tant que le permis de Total dans le bloc 3, mais pour ces blocs, le permis est expiré. Le gouvernement accepte de donner à la société Ventora de Dan Gertler la somme de 240 millions de dollars. Ça signifie qu’aujourd’hui, pendant que les choses n’ont pas encore commencé, nous sommes déjà autour des dettes de plus de 900 millions de dollars. Et tel que le processus a commencé maintenant, il est sans doute que nous allons vers un endettement. Parce que les majors ne vont pas venir pour exploiter le pétrole, ceux qui vont venir seront des spéculateurs qui vont chercher à acquérir à moins cher pour revendre à plus cher, ou encore pour garder ça, comme on a fait avec Dig oil, avec Dan Gertler, ils gardent et demandent au gouvernement de rembourser le temps passé pour des investissements qu’on n’a pas évalués ».
Le CNPAV note, par ailleurs, plusieurs faiblesses qui caractérisent ce processus d’appels d’offres des blocs pétroliers et gaziers. Il s’agit entre autres l’approbation lacunaire par le Conseil des ministres, du risque des conflits avec les anciens détenteurs desdits blocs, le non-respect des critères de sélection et des principes de transparence.
« Premièrement, nous avons commencé par voir le processus d’appels d’offres lui-même, comment il a été lancé. Et nous avons trouvé qu’il y a des informations qui ne sont pas disponibles pour prouver que le processus a été correctement conduit. Par exemple, les comptes rendus des Conseils des ministres que nous avons exploités, nous ont montrés qu’il y a 16 blocs qui ont été approuvés et le Conseil suivant, 62?, on a parlé des blocs gaziers qui seraient également soumis aux appels d’offres. Mais au lancement d’appels d’offres, il y a eu lancement de 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers. Ça veut dire que les blocs supplémentaires, nous n’avons pas trouvé des traces dans un compte-rendu du Conseil des ministres où on a parlé de ça. Un autre aspect qui est notre résultat, montre que l’appel d’offres a été lancé dans un contexte auquel on n’a pas suffisamment des données pour attirer les investisseurs. C’est pour cela, vous pouvez voir que depuis les appels d’offres ont été lancés en 2022, au mois de juillet, jusqu’à ce jour, il n’y a pas toujours un preneur pour les blocs pétroliers », fait remarquer Jimmy Munguriek Ufoy.
Le CNPAV ne s’arrête pas et évoque l’incidence éventuelle de la transition énergétique en cours dans le monde sur ce processus.
« Avec ce processus, il y a aujourd’hui beaucoup d’États qui s’engagent pour abandonner les énergies fossiles progressivement. Nous, aujourd’hui, pendant que nous voulons lancer ce processus, pendant que les hydrocarbures risquent de ne plus être rentables pour le pays, c’est pour cela que nous avons estimé qu’il est très important que le gouvernement mène une étude réellement objective parce que nous sommes convaincus, qu’avec le contexte global, si le gouvernement mène une étude objective, il va opter pour une autre possibilité. Parce que d’ici à 10 ans, 15 ans, 20 ans, 50 ans, les hydrocarbures ne seront plus bénéfiques, tels que nous les voyons aujourd’hui », a affirmé ce membre du Congo n’est pas à vendre.
Pour le CNPAV, le gouvernement avait mis les charrues avant les bœufs, et il n’est pas tard pour mieux faire. Pour l’intérêt du pays et de ses habitants. Didier KEBONGO