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Agression rwandaise : les FARDC dénoncent une " mise en scène "du M23-AFC après l'attaque du 11 avril à Goma
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) rejettent en bloc les accusations portées par la coalition M23-AFC. Accusations selon lesquelles l'armée régulière, en collaboration avec les FDLR, les résistants Wazalendo et la mission de la SADC (SAMIDRC) auraient attaqué leurs positions à Goma le vendredi dernier. Dans un communiqué publié le dimanche 13 avril, l'armée congolaise qualifie ces allégations d'" infondées " et " dépourvues de toute logique".
Selon le Général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, le communiqué de la coalition rebelle n'est rien d'autre qu' "un scénario sciemment monté " pour camoufler les violences dont sont victimes les civils dans la capitale provinciale du Nord-Kivu.
" Ce communiqué, taillé de toutes pièces, est en réalité un montage destiné non seulement à dissimuler et justifier les tueries quotidiennes à Goma, mais aussi et surtout à manipuler l'opinion et satisfaire leurs appétits criminels ", a-t-il déclaré.
Les FARDC s'interrogent sur la pertinence des accusations portées à leur encontre. L'armée rd-congolaise affirme, que ses positions sont situées à des centaines de kilomètres de Goma, et qu'il serait donc illogique de planifier une telle offensive dans cette zone actuellement sous le contrôle des rebelles.
La réaction des FARDC fait suite à un communiqué du gouverneur militaire nommé par la rébellion, Bahati Erasto, qui avait dénoncé une attaque conjointe des FARDC, des FDLR, et des résistants Wazalendo. Selon lui, ces groupes auraient tenté de percer les lignes du M23-AFC, mais ils auraient été "vite anéantis ".
La coalition rebelle est allée plus loin dans ses accusations en impliquant la Mission de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SAMIDRC), qu'elle soupçonne de jouer un rôle actif dans les opérations militaires coordonnées avec l'armée congolaise et ses alliés. À cet effet, elle exige le retrait immédiat de la SAMIDRC du territoire congolais, et la reddition des militaires FARDC présents dans les installations de la MONUSCO.
Une nuit d'horreur à Goma
Selon les témoignages recueillis, des détonations et d'explosions d'obus ont secoué les quartiers Ndosho, Mugunga et Kyeshero dans la partie Ouest de la ville de Goma. Une situation qui a semé la panique dans les chef de la population. Des sources locales rapportent que les rebelles du M23-AFC ont revendiqué avoir repoussé une attaque, mais des doutes subsistent sur l'origine réelle des violences.
Pendant ce temps, une faction des résistants Wazalendo, le groupe CMC-FDP, a revendiqué la responsabilité de plusieurs attaques récentes, y compris celle de Goma.
52 civils tués
Le ministre congolais de l'Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, a, de son côté, dressé un bilan accablant des événements de la nuit.
" 52 civils ont été tués, dont un malade abattu sur son lit à l'Hôpital de Kyeshero. Il s'agit d'une attaque armée, organisée et simulée par l'armée rwandaise et ses supplétifs du M23/AFC contre les populations civiles, dans le but de détourner l'attention de la communauté sur les crimes perpétrés ", a-t-il déclaré dans un communiqué officiel.
Entre le 6 et le 11 avril, les autorités rapportent 297 cas d'assassinats et exécutions sommaires, 72 cas de viols, des centaines de disparus, plus de 146 cas de tortures, ainsi que des pillages massifs de bétail et de véhicules.
Crimes de guerre et administration parallèle
Shabani accuse également les rebelles d'avoir détruit plusieurs structures sanitaires dans le territoire de Walikale. Il cite entre autres l'Hôpital Général de Kibua, ainsi que les centres de santé de Kibati, Kashebere, Ruvungi et Lubonga.
Il évoque, en outre, la mise en place d'une administration parallèle avec la nomination des bourgmestres et l'ouverture d'une succursale de la CADECO (Caisse d'épargne du Congo) par les rebelles au Sud-Kivu.
" Les braquages, pillages, vols et raids opérés sur les populations et les institutions financières dans les zones sous contrôle du M23/AFC constituent un mécanisme de financement de leur guerre par Kigali ", a-t-il ajouté.
Dans un nouveau revirement, le M23-AFC accuse désormais la Mission de la SADC en RDC (SAMIDRC) d'avoir participé à la coordination des opérations militaires conjointes avec les FARDC, les FDLR et les résistants Wazalendo.
La coalition rebelle exige le retrait immédiat des troupes de la SADC et la reddition des FARDC, stationnées dans les installations de la MONUSCO.
Pour Kinshasa, ces accusations ne sont que des tactiques de diversion. " Ces manœuvres dilatoires visent à saboter les efforts de paix en cours, et à créer une confusion sur le terrain ", a insisté le général Ekenge.
drame humanitaire
Depuis janvier, Goma est partiellement occupée par le M23-AFC, qui y a instauré une gouvernance parallèle, en dépit des appels internationaux pour leur retrait. L'aéroport international de Goma reste hors service, et entrave l'acheminement de l'aide humanitaire.
Les Nations Unies ont exprimé dans plusieurs communiqués leur préoccupation face à l'aggravation de la crise humanitaire, alors que la population civile reste exposée aux violences, aux déplacements forcés, à la faim et au manque d'accès aux soins.
Christian-Timothée MAMPUYA