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Adolphe Muzito met le cap sur le doublement du budget
Nommé Vice-Premier ministre, ministre du Budget, le vendredi 8 août, Adolphe Muzito a occupé son fauteuil hier mardi, au terme d'une cérémonie de remise et reprise avec son prédécesseur, Aimé Boji, au Centre financier de Kinshasa. L'événement, présidé par le secrétaire général du Gouvernement, a réuni plusieurs officiels, cadres de l'administration et autres membres des cabinets ministériels.
Nommé au sein du Gouvernement Suminwa II, dans le cadre de l'ouverture politique prônée par le Président Félix Tshisekedi, Adolphe Muzito n'est pas un novice dans ce portefeuille. Ancien ministre du Budget puis Premier ministre, il retrouve des responsabilités qu'il connaît bien, au moment où la République démocratique du Congo vient d'amorcer le processus budgétaire pour l'exercice 2026.
S'il reconnaît reprendre un chantier déjà solidement bâti avant lui, Muzito affiche néanmoins une volonté ferme de porter le budget national à un niveau deux fois supérieur.
" (...) Pour ma part, je n'ai que de promesses à faire, pas de réalisations à présenter dans le temps que le Président souhaiterait ici consacrer. Je me suis dit que je ferais un effort pour doubler cela ", a-t-il affirmé, prévenant toutefois que cet objectif dépendra du soutien des autorités et du Premier ministre, et nécessitera des sacrifices tant pour l'administration publique que pour la population.
Au-delà de l'aspect financier, le nouveau Vice-premier ministre a insisté sur l'urgence de concrétiser les promesses faites par le chef de l'État, notamment en matière d'infrastructures. Il a cité la route nationale n°1 et le financement du réseau ferroviaire comme des priorités capables de " sauver la République " en désenclavant le pays et en stimulant son développement.
hommage à Boji et l'objectif affiché
Reconnaissant les progrès déjà accomplis, Adolphe Muzito a rappelé qu'à son époque, il avait conduit une progression du budget de 1 milliard à 3,5 milliards de dollars en cinq ans, soulignant que la performance d'Aimé Boji, qui a triplé le budget en très peu de temps, était une " certitude pour notre pays ". Il a aussi salué les efforts réalisés dans la mobilisation des ressources extérieures, inédites pour la RDC, grâce à un plan ambitieux et aux négociations menées avec les partenaires internationaux.
De son côté, Aimé Boji a tenu à rassurer que le ministère du Budget est confié à " de bonnes mains ", avant de revenir sur les chantiers menés depuis 2021. Il a, entre autres, évoqué les deux programmes majeurs conclus avec le FMI. Le premier, lancé quelques mois après son entrée en fonction, a permis de mobiliser 1,5 milliard de dollars et de financer le Programme de développement local des 145 territoires, ainsi que plusieurs projets d'investissement.
Le second, en cours d'exécution, combine facilité élargie de crédit et fonds pour la résilience et la durabilité, pour un total de 2,8 milliards de dollars. Sa première revue, conclue en mai dernier, a été jugée satisfaisante, ouvrant la voie à cinq autres évaluations avant son achèvement.
Sur le plan structurel, Aimé Boji a mis en avant la signature, en octobre 2022, du décret sur les finances budgétaires, étape clé vers la mise en place d'un budget-programme à moyen terme, ainsi que la réforme des marchés publics, avec la numérisation du processus à travers le système Sigma, destiné à renforcer la transparence et l'efficacité dans la dépense publique.
Pour le ministre du Budget sortant, ces réformes sont essentielles à la stabilité macroéconomique et à la consolidation de la croissance observée ces dernières années.
" Je vous souhaite bonne chance pour la poursuite de ces réformes. Elles sont saines pour notre pays, sur le plan financier et pour la stabilisation de notre cadre macroéconomique ", a-t-il affirmé à l'adresse de son successeur.
Maintenir le cap
Avec l'arrivée d'Adolphe Muzito, le ministère du Budget entre dans une nouvelle phase. Son défi sera de maintenir le cap des réformes initiées, tout en insufflant sa propre vision, portée par un nationalisme économique caractérisé par une gestion publique rigoureuse et une transparence budgétaire renforcée.
Trouver l'équilibre entre le doublement du budget, la maîtrise des dépenses, le respect des engagements envers les partenaires financiers et l'amélioration de la collecte des recettes s'annonce complexe. Mais le Vice-premier ministre reste confiant : " Nous allons essayer d'être le plus responsables possible, à la hauteur de la confiance qui nous a été accordée, et poursuivre le travail que vous avez commencé", conclu Muzito.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO