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ACAJ dénonce l’usage de « la loi de la jungle » par les services de sécurité
« Les services de renseignement ont décidé de s’affranchir du droit en optant pour le règne de la loi de la jungle où seuls prévalent l’arbitraire et la loi du plus fort. Aujourd’hui, sous le couvert ondoyant d’atteinte à la sécurité nationale, les services de sécurité interpellent et détiennent certains citoyens pour des causes relevant des juridictions civiles ou pénales et sans respecter les droits fondamentaux garantis par les articles 17, 18 et 19 de la Constitution« . C’est ce que dénonce l’ONG Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), dans une déclaration faite à l’occasion de son 11ème anniversaire d’existence.
Dans le cadre de ses activités de contrôle citoyen, cette organisation de la société civile a fait une radioscopie de l’état actuel de la gestion du pays sur le plan du respect et de la promotion des droits de l’homme; de la redevabilité et exemplarité des dirigeants et sur l’accès équitable et équilibré aux emplois publics et gestion des ressources nationales.
Parlant du respect et de la promotion des droits de l’homme, ACAJ dénonce le retour en force, au niveau des services de renseignement, des méthodes condamnées et décriées sous les régimes passés. Il fustige le maintient des cachots des services de sécurité, transformés en juridictions d’exception, dont la fermeture avait été promise par le Président de la République à sa prise de fonction.
Parlant des compatriotes détenus abusivement et en toute illégalité dans ces cachots depuis l’avènement au pouvoir du président Tshisekedi, cette organisation cite le cas de François Beya, Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité, détenu pendant 60 jours dans les installations de l’Agence nationale des renseignements (ANR) à Kinshasa, avant d’être transféré à l’Auditorat général militaire. Elle indique que plusieurs de collaborateurs de ce dernier y sont encore détenus dans le plus grand secret.
Au chapitre de la redevabilité et de l’exemplarité, ingrédients substantiels de la bonne gouvernance, ACAJ note aussi un recul redoutable. Elle en veut pour preuve le mystère entretenu autour du montant exact des émoluments des députés nationaux.
« La polémique actuellement en cours sur les émoluments des députés nationaux en constitue une illustration éloquente. Il n’est pas acceptable que ceux qui se nourrissent à la mamelle du contribuable Congolais, à fortiori ses représentants, refusent de mettre à sa disposition une information fiable et vérifiable quant à leurs rémunérations. Cette attitude remet en cause l’exigence de transparence sans laquelle on basculerait dans une République bananière digne du Gondwana» » souligne la déclaration.
ACAJ dénonce en outre le fait que la gestion des entreprises et établissements publics en RDC ait changé de centre de gravité en ce qu’elle n’est plus le fait de leurs organes attitrés, mais plutôt des directives émanant, selon le cas, soit des ministères de tutelle, soit des autorités morales des partis politiques dont proviennent les mandataires, soit enfin des personnes se réclamant de la
Présidence de la République ou de la Magistrature judiciaire.
Elle condamne en même temps la faiblesse de l’État, matérialisée notamment par le non respect des décisions du Conseil des ministres présidé par le président de la République. Il cite, à titre d’exemple, l’interdiction d’ériger des constructions tout le long de la Baie de Ngaliema. Nonobstant cette décision, rapporte la déclaration, plusieurs dignitaires ont décidé de braver l’instruction présidentielle en investissant sans peur, soit personnellement, soit par des prête-noms, dans ce domaine pourtant déclaré officiellement non aedificandi.
Abordant le point sur l’accès équitable et équilibré aux emplois publics, ACAJ dénonce la politisation de l’administration publique. Elle indique que le clientélisme est tellement ancré au centre de l’Etat que désormais pour accéder à un emploi public en RDC il faut absolument être membre d’un parti ou dun regroupement politique, au détriment des articles 12, 13, 36 et 58 de la Constitution.
« Les mises en place au sein des services publics ont pour finalité de caser les frères de familles biologiques ou politiques, souvent au détriment de l’expertise. Au lieu du «peuple d’abord», les congolais assistent médusés à une forte politisation desdits services publics où la règle est désormais « parti politique et famille d’abord, le peuple après», note la déclaration.
Pour ne pas voir le verre qu’à moitié vide, en termes d’avancées significatives enregistrées, ACAJ cite notamment la redynamisation de l’Inspection Générale des Finances (IGF), l’opérationnalisation de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), la création de l’Agence de prévention et de
lutte contre la corruption (APLC), et récemment la prestation de serment des magistrats de la Cour des Comptes, l’application de la gratuité de l’enseignement de base, l’accès à l’eau potable, et la réhabilitation de la voirie urbaine dans certaines villes. Orly-Darel NGIAMBUKULU