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SELON THE SENTRY : Opération Shujaa : la traque des ADF les pousse vers l'or et le cacao
Près de cinq ans après le lancement de l'opération militaire conjointe entre la RDC et l'Ouganda, les Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de représenter une menace pour les populations de l'Est du pays. Une enquête de The Sentry, dévoilée le mardi 27 octobre 2026, révèle que la pression militaire aurait contribué à disperser le groupe vers des zones riches en or et en cacao.
Lancée en novembre 2021 pour traquer les ADF dans l'Est du pays, l'opération Shujaa peine à faire taire les armes. Alors que les FARDC et l'armée ougandaise (UPDF) poursuivent leurs opérations dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, le groupe armé continue de s'adapter et de rechercher de nouvelles sources de financement.
Dans une enquête publiée mardi 27 octobre 2026, l'organisation The Sentry, spécialisée dans l'analyse des réseaux économiques qui profitent des conflits, affirme que l'offensive militaire n'a fait que disperser les ADF vers des zones plus reculées de l'Est congolais, notamment des territoires riches en or et en cacao.
"L'enquête de The Sentry révèle que cette opération militaire n'a fait que disperser le groupe vers des zones riches en or et en cacao, plus profondément à l'intérieur des terres de l'Est de la RDC", indique l'organisation, qui estime que la persistance de la menace permet à l'Ouganda de maintenir sa présence militaire dans des zones stratégiques, tout en protégeant ses intérêts sécuritaires, économiques et politiques à long terme.
L'or et le cacao, de nouvelles sources de financement
Au-delà de leur capacité à échapper à la pression militaire, les ADF auraient développé de nouveaux moyens de financer leurs opérations, notamment à travers le trafic d'or et d'autres ressources naturelles. Une évolution qui met en évidence les limites d'une stratégie essentiellement axée sur la poursuite des combattants, sans nécessairement démanteler les réseaux économiques susceptibles de soutenir leurs activités.
Face à cette situation, The Sentry appelle les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Union européenne et le Conseil de sécurité des Nations unies à agir pour couper les sources de financement du groupe. Sa directrice générale, Justyna Gudzowska, estime notamment nécessaire de cibler les financiers, les négociants en or et les intermédiaires impliqués dans ces circuits.
Cette approche vise à priver les ADF des moyens de maintenir leur présence sur le terrain, alors que les violences continuent de frapper les populations civiles. Elle souligne également l'importance d'une meilleure traçabilité des ressources naturelles dans une région où les richesses minières et agricoles coexistent avec une insécurité persistante.
UNE OFFENSIVE MILITAIRE TOUJOURS SOUS PRESSION
Le constat de The Sentry intervient quelques mois après un rapport du groupe d'experts des Nations unies, publié en juillet 2026, qui relevait déjà plusieurs difficultés dans la lutte contre les ADF, notamment le manque d'effectifs, le recours aux groupes armés dits Wazalendo et la dispersion des combattants.
Malgré les opérations conjointes et l'état de siège instauré au Nord-Kivu et en Ituri, les attaques continuent d'être signalées dans les territoires de Beni, Lubero, Irumu et Mambasa. L'activisme des ADF est également rapporté dans le Haut-Uélé, témoignant de l'extension géographique de la menace.
Le 20 juin 2025, les chefs d'état-major des armées congolaise et ougandaise avaient signé, à Kinshasa, un mémorandum d'entente révisé destiné à renforcer les opérations contre les ADF-MTM. Celui-ci prévoyait notamment l'élargissement des opérations à Mambasa, en Ituri, ainsi que des mesures de sécurisation de la route Kasindi-Beni-Butembo.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO