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RDC-Chine : deux défis majeurs pour tirer profit du zéro tarif douanier
Il faut lutter contre la contrebande et investir dans les routes de desserte agricole
Pour tirer pleinement profit de l'accès préférentiel au marché chinois, la RDC doit renforcer le contrôle de ses frontières, combattre la contrebande et améliorer ses infrastructures routières. L'Agence nationale de promotion des exportations (Anapex) plaide pour son intégration aux cadres opérationnels frontaliers et mise sur la stratégie de diversification des marchés pour accroître les exportations congolaises.
L'accès au marché chinois sans droits de douane constitue une opportunité pour les exportateurs congolais, mais sa concrétisation dépend de la capacité du pays à sécuriser ses circuits commerciaux et à acheminer ses produits vers les marchés internationaux. C'est le constat défendu par l'Anapex, qui appelle à renforcer les mécanismes de contrôle aux frontières et à lever les obstacles logistiques qui freinent les exportations nationales.
CONTREBANDE : L'ANAPEX RÉCLAME UNE PLACE AUX FRONTIÈRES
" Les produits passent par des voies mafieuses, on appelle ça de la contrebande", alerte le responsable de l'Anapex, qui plaide pour une participation de son institution aux cadres opérationnels installés aux frontières.
Alors que l'Office congolais de contrôle (OCC), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et d'autres services y interviennent déjà, l'Anapex estime que son expertise en matière de promotion des exportations devrait également être mise à contribution.
L'agence propose, en outre, une collaboration renforcée entre les services frontaliers et les services de renseignement afin de mieux contrôler les produits qui entrent sur le territoire national ou en sortent. L'objectif est de lutter contre les circuits illicites, de protéger les intérêts économiques du pays et de garantir une meilleure traçabilité des marchandises.
Pour l'Anapex, la maîtrise des flux commerciaux constitue un enjeu stratégique : les avantages douaniers accordés aux produits congolais ne peuvent produire leurs effets escomptés sans des mécanismes efficaces de contrôle et de sécurisation des échanges.
ROUTES AGRICOLES : UN LEVIER INDISPENSABLE POUR EXPORTER
Au-delà de la lutte contre la contrebande, l'état des infrastructures routières demeure un obstacle majeur à la compétitivité des produits congolais. L'Anapex, avec l'appui du ministère du Commerce extérieur, s'appuie sur la Stratégie de promotion et de diversification des marchés, présentée comme un programme comportant 154 interventions destinées à développer les exportations.
L'ambition est notamment de renforcer la présence de la RDC sur les marchés mondiaux, y compris dans le secteur agricole. Mais cette ambition exige des investissements dans les routes de desserte agricole, la formation des producteurs, l'encadrement des coopératives et l'accès au financement.
Des progrès sont néanmoins signalés sur certains axes, notamment Sangani-Ali-Bakou, Kananga-Kalambambuji et Kinshasa-Nganda-Sudi, en direction de Tshela. Selon le responsable de l'Anapex, l'amélioration de ces routes facilite la circulation des produits agricoles et permet aux paysans d'accéder plus facilement aux circuits commerciaux.
Sans routes praticables, une partie de la production agricole risque de rester enclavée, loin des marchés et des débouchés à l'exportation. L'amélioration des infrastructures apparaît ainsi comme une condition essentielle pour transformer le potentiel agricole congolais en recettes commerciales.
MOBILISER LES INSTITUTIONS POUR CONQUERIR LES MARCHES
Pour soutenir cette dynamique, l'ANAPEX souligne l'importance de la coopération avec les organisations patronales et les institutions publiques d'accompagnement économique, notamment la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Copemeco et le Fonds de promotion de l'industrie (FPI). Ces partenariats visent à mieux encadrer les producteurs et les exportateurs, à faciliter leur accès aux marchés et à mobiliser des financements en faveur de la transformation industrielle et du développement agricole.
En définitive, le zéro tarif douanier sur le marché chinois ne garantit pas, à lui seul, une hausse des exportations congolaises. La RDC doit également renforcer le contrôle de ses frontières, réduire les obstacles logistiques, développer ses infrastructures et mieux accompagner ses producteurs.
L'enjeu est de convertir cette ouverture commerciale en débouchés concrets pour les entreprises congolaises, en revenus pour les agriculteurs et en nouvelles perspectives de croissance pour l'économie nationale.
Jérémie ASOKO