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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Repositionnement politique faisant loi…
Ça sent un énième big bang dans le landernau politique rd congolais. Des séparations sont en vue. Des rapprochements aussi. Voire des retrouvailles.
Une constante de la scène politique zaïro-congolaise. De l’amitié à l’inimitié et de celle-ci à celle-là, il n’y a souvent qu’un pas qu’acteurs politiques franchissent allègrement, façon yoyo. Des va-et-vient dictés par le seul souci du positionnement ou du repositionnement. C’est selon. Des transmutations qui font du caméléon l’espèce la plus nombreuse dans la faune politique congolaise.
La vaste OPA (offre publique d’achat) à l’origine de la création de l’Union sacrée de la Nation a donné, si besoin en est encore, l’étendue de la capacité de reconversion de l’opérateur politique congolais. Ou de résilience pour utiliser un concept très tendance en économie. Les querelles de clocher au sein de la majorité artificiellement greffée, la perspective des élections ou du glissement font que des manœuvres politiciennes reprennent -si tant qu’elles aient cessé- avec force.
Inutile donc de chercher une once de motivation programmatique, encore moins idéologique dans ces alliances qui se font aussi spectaculairement qu’elles se défont pour se refaire et défaire sans fin. Pas la peine non plus de scruter l’intérêt du peuple et même du pays dans ces trusts très châteaux de cartes.
Trivialement, c’est le « tube digestif » qui rend la politique si dynamique. La connexion à l’appareil d’Etat étant l’unique assurance-vie qui marche dans un pays sevré de sécu-la vraie- depuis des lustres. D’où, par exemple, la ruée observée vers les sièges des assemblées nationale et provinciales à chaque élection.
On peut, certes se consoler avec André Malraux lorsqu’il dit : « Juger, c’est de toute évidence ne pas comprendre, puisque si l’on comprenait, on ne pourrait pas juger« . On peut aussi se cacher derrière William Shakespeare en faisant sienne la citation selon laquelle « ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser« . Une posture empreinte de stoïcisme selon certains, de réalisme pour d’autres ou de fatalisme aux yeux d’autres encore.
Reste que même si ce sempiternel branle-bas de combat charrie un côté théâtral avec quelques piques vaudevillesques, cette comédie de bas étage s’avère de mauvais goût, eu égard à la contrepartie tragique que ressentent les Congolais.
José NAWEJ