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Médias : le CSAC sort le carton rouge contre la propagande rebelle et les partis politiques suspendus
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) durcit le ton face à la montée des discours jugés favorables à la rébellion et à la violence armée dans le pays. Dans une recommandation datée du 19 octobre 2026, l’autorité de régulation des médias interdit toute forme d'apologie de la guerre et demande aux professionnels des médias de ne plus accorder de tribune aux représentants des mouvements rebelles et des partis politiques interdits.
Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement grave, marqué par la persistance des violences armées dans l'Est du pays et les tensions politiques qui agitent la scène nationale.
Réunie en assemblée plénière, l'autorité de régulation dit avoir constaté des dérives dans les interventions médiatiques de certains communicateurs politiques, dont les propos seraient susceptibles d'encourager la violence, de légitimer la rébellion ou de discréditer les FARDC.
UNE INTERDICTION ELARIGE AUX PLATES FORMES NUMÉRIQUES
Par cette recommandation, le CSAC demande aux journalistes, présentateurs, chroniqueurs, analystes politiques, animateurs, producteurs et créateurs de contenus numériques de s'abstenir d'accorder une tribune médiatique aux dirigeants, porte-parole, représentants ou membres du Front pour la révolution nationale (FRN) et des structures armées qui lui sont liées.
L'interdiction concerne notamment les interviews, les interventions en direct, les communications téléphoniques ainsi que toute autre forme de participation aux émissions audiovisuelles.
Le CSAC proscrit également la diffusion des communiqués, déclarations, messages et autres contenus de propagande susceptibles de promouvoir les activités des mouvements qualifiés de terroristes, particulièrement ceux dont l'objectif serait le renversement des institutions légalement établies.
En plus, l'autorité de régulation interdit toute forme de glorification, de banalisation ou de justification des actes de rébellion, de violence et des atteintes à l'intégrité territoriale du pays.
Les partis politiques interdits également privés de tribune médiatique
L'une des dispositions majeures de cette recommandation concerne les partis politiques frappés d'interdiction en République démocratique du Congo.
Le CSAC demande expressément aux médias de ne plus accorder la parole ni d'espace médiatique aux représentants de ces formations politiques.
Cette mesure, qui touche directement à l'expression politique dans les médias, pourrait susciter des interrogations sur son application et sa compatibilité avec les garanties constitutionnelles relatives à la liberté d'expression et au pluralisme politique.
DES SANCTIONS ANNONCEES CONTRE LES CONTREVENANTS
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication prévient que tout manquement dûment constaté exposera son auteur aux sanctions prévues par les dispositions légales et réglementaires en vigueur.
La recommandation concerne l'ensemble des espaces de diffusion audiovisuelle et numérique, sans distinction de support, de format ou de statut professionnel.
Signé par le président du CSAC, Christian Bosembe, et son rapporteur, Oscar Kabamba Kasongo, le document précise que ces dispositions prennent effet à compter de sa publication.
Par cette initiative, le CSAC entend renforcer la responsabilité des acteurs médiatiques dans un contexte où la communication politique et les réseaux sociaux occupent une place importante dans la bataille de l'opinion publique.
Toutefois, une question demeure : jusqu'où l'autorité de régulation peut-elle aller dans la restriction des interventions politiques sans porter atteinte à la liberté de la presse et au droit du public à l'information ?
Entre impératifs de sécurité nationale, lutte contre la propagande rebelle et préservation des libertés fondamentales, cette recommandation ouvre un nouveau débat sur le rôle et les limites de la régulation médiatique en République démocratique du Congo.
César IPOKA

