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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Règlement ou reddition des comptes ?
A six mois des élections, les Congolais pouvaient se passer utilement de la passe d’armes entre Pouvoir et Clergé. A travers les âges de ce pays qui vieillit sans grandir, ce bras de fer est récurrent. Du déjà- vu et du déjà entendu. Hormis Kasa-Vubu, à chaque président de la République son » opposant de cardinal « , ironise déjà la rue kinoise à l’imagination fertile. Comme quoi, il n’y a rien de nouveau sous le soleil qui, dixit le Maréchal Mobutu, » se lève et se couche au bord du grand et majestueux fleuve Congo « .
Dans cette épreuve de force, aux allures d’une course de fond, le vrai gagnant est invariablement celui qui dispose du temps long parce qu’il se réincarne dans la durée. Mieux, ad vitam aeternam, du moins à l’échelle du séjour terrestre. Pas besoin de bénéficier d’une » onction double » pour pronostiquer la victoire finale du représentant de l’Eglise catholique. A moins que comme par le passé, la séquence « rabibochage » survienne dans l’entre-temps.
Vu du souverain primaire, là n’est cependant pas le principal. A ce qui a, par certains aspects, tout l’air d’un règlement des comptes mal soldés de 2018, les Congolais préfèrent de loin la reddition des comptes pour ce quinquennat crépusculaire. Après tout, il y a un temps pour tout, rappelle Ecclésiaste. En l’occurrence, un temps pour se régler des comptes et un temps pour rendre compte.
Du chef de l’Etat, le peuple attend le bilan à l’aune de ses engagements pris voici quasiment cinq ans. Qu’a-t-il promis ? Qu’a-t-il réalisé ? Et ce, dans tous les secteurs-clés, principalement le social et la sécurité. Qu’est-ce qui justifierait son second mandat à part le fait, somme toute trivial, qu’il a le droit de postuler à nouveau pour le top job ?
Voilà les questions qui taraudent l’esprit des Congolais. Et tout le reste est littérature, pour reprendre Verlaine. José NAWEJ