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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
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Quel est le score du match « état de siège contre état d’insécurité » ?
Maintien, requalification ou levée. Trois mots qui résument l’enjeu de la table ronde sur l’état de siège dans le Nord-Kivu et l’Ituri. En attendant de savoir laquelle des options aura la faveur des participants à ces assises, une question taraude l’opinion : quid de l’insécurité dans les deux provinces sous état de siège depuis le 3 mai 2021 ? Car, ce régime d’exception avait été proclamé, il y a plus de deux ans, pour endiguer l’insécurité.
A l’évidence, avant l’état de siège, il y avait des massacres des populations civiles par la kyrielle de groupes armés qui écument l’Ituri et le Grand nord. A en juger par la chronique sécuritaire charriée notamment par les élus de ces deux provinces jusque dans les travées de l’Hémicycle, difficile de soutenir que l’état de siège a eu valeur d’antidote aux tueries au Nord Kivu comme en Ituri.
Dépités par la poursuite de l’insécurité malgré l’état d’exception, les députés de deux provinces martyres ont boycotté plus d’une fois des plénières. Autant dire que pour les professionnels du « qui sont pour, qui sont contre et qui s’abstiennent » du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’avant état de siège était égale à l’après-état d’urgence. Inutile de conclure que pour ces élus, le sort de cette mesure d’exception était scellé depuis longtemps.
Certes, comme pour l’amour, la sécurité ou l’insécurité n’existe pas. Seules les preuves de l’une ou de l’autre.
Mais, pour ne pas céder aux sirènes du manichéisme avec son risque de jeter le bébé avec l’eau du bain, le recours à la métaphore footballistique pourrait bien permettre d’évaluer l’état de siège. A savoir que les buts marqués contre les groupes armés dont les terroristes de l’ADF-Nalu sont en deçà des buts encaissés.
Pas besoin d’être férus du foot pour savoir que dans ce cas de figure, le score est malheureusement favorable aux « ennemis de la paix« . Au demeurant en sport, seul le résultat final compte. Et c’est ce résultat qui dicte le jugement et même le commentaire.
Alors, maintien, requalification ou levée? C’est bien et même sympathique comme questionnement. La vraie question qui conditionne l’option à lever au terme de la table ronde devrait plutôt porter sur le score du match « état de siège contre état d’insécurité« . L’état de siège constituant, par ailleurs, un pan non négligeable de la très attendue reddition des comptes du Président sortant et…candidat à sa propre succession. José NAWEJ