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Procès Chebeya: les « aveux » de deux pièces maîtresses attendues le 6 octobre
C’est hier, à la prison militaire de N’Dolo qu’a débuté le procès Chebeya. C’était devant la Haute cour militaire qui a vu comparaitre deux accusés en l’occurrence le major Christian Ngoy Kengakenga, ancien commandant du Bataillon-Simba de l’Inspection générale de la Police (PNC) déjà condamné à mort par contumace pour assassinat par torture et le lieutenant Jacques Mugabo, son garde-du-corps, condamné aussi à mort par défaut pour les mêmes motifs. Les deux prévenus ont comparu en personne sans l’assistance des Avocats, ce qui est anormal et a contraint la Haute cour militaire à renvoyer la cause au mercredi 6 octobre prochain pour permettre la constitution de leur défense en vue d’un procès équitable.
L’Auditorat général leur reproche dans l’acte d’accusation, pour Christian Ngoy Kengakenga d’avoir, le 1er juin 2010, dans les installations de l’Inspection générale de la Police, exécuté par les moyens de la torture Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de la VSV. Tandis que le grief brandi à l’encontre du lieutenant Jacques Mugabo, est celui d’avoir exécuté par les mêmes moyens Fidèle Bazana Edadi, le chauffeur chargé du Dispatching-courrier de la VSV qui accompagnait Floribert Chebeya à l’Inspection générale de la Police ce jour-là et dont on ne retrouvera jamais le corps.
Les deux accusés qui étaient en fuite et se sont cachés pendant 10 ans dans le Katanga doivent s’expliquer devant la barre pour faire triompher la vérité dans cette affaire criminelle du double-assassinat de Chebeya et Bazana. Ils sont aussi poursuivis par l’Auditorat militaire général pour association des malfaiteurs et terrorisme.
Ce procès où l’accusé principal contre qui l’Auditeur général, le lieutenant-général Eric Likulia avait émis un Avis de Recherche qui vaut mandat de prise de corps, le général John Numbi Tambo est en fuite et sera jugé par défaut. Tandis que l’autre général, à savoir Katanga Zelwa dit Djadjidja dans la ferme – du côté de Mitendi – de qui sont supposés avoir été enterré les restes de Fidèle Bazana Edadi, est lui en détention préventive à N’Dolo et comparaitra également devant la Haute cour en chambre foraine.
Ces deux généraux sont les seules personnes citées dans l’affaire Chebeya-Bazana qui n’ont jamais été inquiétés par la Justice militaire. Il a fallu l’avènement du Pouvoir de Tshisekedi pour voir cette affaire prendre une tournure décisive.
Tout a commencé avec l’enquête menée par Radio France internationale «RFI» dans laquelle les policiers fugitifs du Bataillon-Simba qui ont pris part à la mise à mort de Chebeya et son compagnon d’infortune Fidèle Bazana Edadi, réfugiés en Europe, ont fait des aveux sur ce qui s’est passé ce jour du 1er juin 2010 à l’Inspection générale de la Police. C’est par eux qu’on a appris que c’est Jacques Mugabo, le garde-du-corps du major Ngoy Kengakenga qui a étouffé Bazana Edadi à l’aide des sachets appuyés sur son visage tandis que pour Floribert Chebeya, c’est le major Christian Goy Kengakenga qui était à l’œuvre.
Tous ces policiers, presqu’une dizaine qui ont fait ces aveux sont tous prêts à venir au procès si leur sécurité est garantie. Pour sa part, John Numbi Tambo a toujours clamé son innocence dans cette affaire expliquant que ce jour-là, il n’avait pas mis ses pieds à l’Inspection générale de la Police. Pourquoi alors fuir la Justice comme il l’a fait, s’interrogent les observateurs. N’empêche. Le procès redémarre sans lui. Mais dans le box des accusés, ce n’est pas n’importe qui est là physiquement présents mais deux pièces maitresses de l’affaire Kengakenga et Jacques Mugabo déjà condamnés à mort par défaut pour les mêmes faits du double-assassinat.
Lors du procès qui s’était tenu à la Cour miliaire de Kinshasa, quelque temps après les faits, la Cour militaire avait condamné au premier degré par contumace à mort Ngoy Kengakenga et Jaques Mugabo et le major Paul Mwilmabwe qui est aussi en fuite, à 20 ans de prison et le colonel Daniel Mukalayi Wa Mateso à 20 ans de prison, des peines qui ont été confirmées en appel. A ce jour, la procédure redémarre à la Haute cour militaire après une instruction de l’Auditorat militaire, pour la même cause. KANDOLO M.