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RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Seth Kikuni s'oppose à la révision de la Constitution pour le maintien de Fatshi au pouvoir
Dans une interview exclusive accordée au journal " Le Soir " à Bruxelles, Seth Kikuni, ancien candidat à la magistrature présidentielle et figure de l'opposition congolaise, s'est vivement opposé au projet de révision de la Constitution de 2006 en RDC. Il a laissé entendre que l'actuel Chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi se comporte comme l'ancien dictateur, feu Maréchal Mobutu en voulant s'éterniser au pouvoir.
Installé à Bruxelles depuis janvier 2026, l'opposant a dénoncé une manœuvre dangereuse du président Tshisekedi qui, selon lui, fragilise davantage un État démocratique déjà sous pression. "La Constitution de 2006 a été conçue pour protéger le pays contre les dérives personnelles et dictatoriales. La Constitution a déjà été affaiblie par les nombreuses violations imputées à Félix Tshisekedi. Nous avons à la tête du pays un dirigeant qui se comporte comme un Mobutu bis et qui ne pense qu'à se maintenir au pouvoir", a-t-il fustigé.
L'ancien candidat a balayé d'un revers de la main l'éventualité d'un référendum, qu'il considère comme " un instrument de validation " dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante, une répression politique accrue et un climat de peur généralisée.
Il a mis en garde contre les conséquences d'une telle révision, notamment dans les provinces de l'Est du pays, en proie à l'insécurité et à la présence du groupe terroriste du Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda de Paul Kagame.
PLUS DE 40 OPPOSANTS INCARCERES
" Plus de 10 millions de Congolais vivant dans ces zones ne seraient pas en mesure de participer à un éventuel référendum. Un tel processus pourrait offrir au M23 l'opportunité d'imposer ses propres règles. Le risque est de voir le pays se fracturer durablement", a alerté Seth Kikuni.
Un rapport des Nations unies, publié en mars dernier, fait état de plus de 40 membres de partis d'opposition détenus par les services de renseignement à la fin du mois de janvier 2026.
Plusieurs figures politiques, dont Seth Kikuni, ont choisi l'exil pour éviter des poursuites.
Face à cette situation, l'opposition pourrait néanmoins compter sur le soutien d'un acteur influent : l'Église. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), déjà active entre 2016 et 2018 lors des mobilisations contre la prolongation du mandat de Joseph Kabila, plaide aujourd'hui pour un dialogue inclusif. Elle est appuyée dans cette démarche par l'Église du Christ au Congo (ECC).
La RDC se trouve ainsi à un tournant crucial, entre débat sur l'avenir institutionnel et aspirations populaires à la stabilité, à la paix et à la démocratie. Une situation que la communauté internationale suit avec une attention croissante.
Gloire BATOMENE