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Permis de conduire en RDC : Jean-Pierre Bemba interpellé sur un système jugé inéquitable
Le dossier des permis de conduire biométriques sécurisés s'invite au cœur du débat parlementaire. Le député national Saidi Balikwisha, élu de Beni, a officiellement déposé, mardi 21 avril, une interpellation visant le Vice-Premier ministre en charge des Transports et Voies de communication, Jean-Pierre Bemba. En toile de fond : un système de délivrance de permis qui cristallise frustrations et incompréhensions à travers le pays.
"ACCES A UN PERMIS NE DOIT PAS ETRE UN PRIVILEGE…"
Au centre des griefs formulés par l'élu, trois points majeurs : le coût élevé du permis biométrique, les délais jugés excessifs pour son obtention, et un déficit de transparence dans les procédures administratives. Autant de contraintes qui, selon l'auteur de l'interpellation, pénalisent lourdement les citoyens, notamment dans les zones rurales où le pouvoir d'achat reste faible.
" L'accès à un permis de conduire fiable et sécurisé ne doit pas être un privilège ", martèle le député Saidi Balikwisha plaidant pour une démocratisation réelle de ce document pourtant essentiel à la mobilité et à l'activité économique.
UNE PRESSION PARLEMENTAIRE SUR L'EXECUTIF
Par cette interpellation, Saidi Balikwisha entend obtenir des réponses claires du gouvernement, mais surtout provoquer un sursaut réformateur dans la gestion du système. L'initiative traduit une montée de la pression parlementaire sur l'Exécutif, sommé de justifier les dysfonctionnements dénoncés et d'apporter des correctifs tangibles.
Si l'introduction des permis biométriques sécurisés répond à une logique de modernisation et de lutte contre la fraude, sa mise en œuvre semble aujourd'hui buter sur des réalités socio-économiques persistantes. Le fossé entre ambition technologique et accessibilité sociale apparaît de plus en plus évident, nourrissant un malaise qui dépasse la simple question administrative.
L'interpellation pourrait ainsi ouvrir la voie à une réévaluation du dispositif : révision des coûts, simplification des procédures et renforcement de la transparence figurent parmi les attentes exprimées. Reste à savoir si le gouvernement saura transformer cette pression politique en réformes concrètes.
Dans un pays où la mobilité conditionne l'accès à l'emploi et aux opportunités, la question du permis de conduire dépasse désormais le cadre technique pour s'imposer comme un véritable enjeu de justice sociale.
Jérémie ASOKO