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Partisane de la révision constitutionnelle, Annie Salumu : » la Constitution de 2006 contient beaucoup de pièges contre la République «
Députée honoraire, Annie Salumu Bitisho compte parmi les adeptes de la révision de la Constitution du 18 février 2006. » Je soutiens la révision de la Constitution souhaitée par le président Félix pour l’intérêt de la nation parce qu’elle est piégée « . Pour que cette révision acquière l’approbation des Congolais, elle conseille au président de repenser » le social en commençant par la réduction de moitié des salaires de tous ceux qui sont dans les institutions« .
» Je soutiens la révision de la Constitution ou la modification de la Constitution. Etant parmi les personnes qui ont été à Sun City et à la Commission PAJ de l’Assemblée nationale, je peux garantir à la nation que cette Constitution n’était pas conçue pour le bien de notre nation. C’était un véritable complot contre notre République en vue de nous déposséder petit à petit de la gestion du pays et même de nos terres et de nos richesses à long terme « , estime Annie Salumu.
Quant aux articles qui peuvent faire l’objet de la révision, elle indiqu' » Il y a des articles pièges notamment l’article 217. Les rédacteurs avaient une idée derrière la tête en introduisant cet article. Donc, on visait déjà une partie du territoire. C’est ce que nous sommes en train de vivre dans le Kivu « .
La présidente du parti politique » Emergence » insiste sur la révision de la Constitution » pour que finalement nous puissions mettre en place une loi mère qui va mettre au centre le Congo et les intérêts des Congolais. Celle de 2006 a été a rédigée au moment où, notre pays était faible. Nous devons corriger des erreurs commises à Sun city contre notre peuple « .
Le souhait de Mme Salumu est de voir » des cadres, des intellectuels, des experts se mettre autour d’une table afin de réfléchir sur ce que nous voulons pour notre nation et pour notre peuple « . Selon elle, le système politique mis en place dans la Constitution est un système qui bloque, neutralise la nation parce qu’un président élu n’est pas en mesure de former un Gouvernement directement. On nous a imposé un système hybride. Nous ne savons pas si nous sommes dans un système présidentiel, parlementaire ou semi-présidentiel. On nous a mis de l’imbroglio. On a surchargé l’Etat inutilement « , se plaint-elle
Suppression du parlement provincial et du Sénat
Pour Annie Salumu, » la Commission qui sera mise en place devra d’abord lever les options. Je propose la suppression du Sénat et des assemblées provinciales. Cela aura pour retombées la suppression de tous les articles relatifs à la gestion du Sénat et des députés provinciaux. L’expérience nous a démontré que les Gouverneurs ne savent pas travailler depuis l’institution des assemblées provinciales. Entre les deux institutions c’est la guéguerre. Dans les options à lever, il faudra que les gouverneurs soient élus par la population pour qu’ils soient répondants à la population qu’ils gèrent. L’article 72 (conditions pour être candidat président de la République) devra être modifié. Je soutiens » de père et de mère « . Il en est de même des articles 78, 79, 90, 91, 92, 100, 104, 108, 217, 198. Il y a plusieurs autres articles mais je prends cet échantillon pour vous dire qu’il y a nécessité à retoucher notre constitution « .
Les Congolais n’étaient pas associés sur le fond
Et de renchérir : « Les Congolais n’étaient pas associés à la rédaction de la constitution. Pour rédiger une constitution il y a ce qu’on appelle » options à lever « . Et ce sont les experts de la nation, l’élite, les notables qui ont des idées, la vision, l’orientation à donner à leur nation qui doivent le faire. Et pour la Constitution actuelle, les garants des options, ceux qui ont fait l’ossature étaient de l’extérieur. Le fond de la matière était venu d’ailleurs. On ne peut pas vous dire ce qui s’est passé lors du vote notamment sur la question de nationalité. Ceux qui disent que les congolais n’ont pas participé à la rédaction de la Constitution sont des gens qui connaissent le dossier comme moi. Et je vous dis que les Congolais n’ont pas participé dans le fond dans les options. La preuve est que quand, c’est notre constitution, quand nous voulons l’amender, c’est tout le monde qui s’agite. Un vrai Congolais qui connait le dossier ne peut pas refuser qu’on puisse amender la constitution ».
Quant à eux qui disent que le président veut changer la Constitution pour se taper un troisième mandat, la députée honoraire ne va pas par quatre chemins pour barrer à Félix Tshisekedi. » S’il est dans cette voie-là, je ne l’appuierai pas. Nous devons respecter tous ceux qui ont payé de leur vie parce qu’ils étaient contre le 3ème mandat de Kabila. J’appuie l’idée du président en ce qui concerne les articles en rapport avec l’intérêt général de la nation. D’ailleurs pour en arriver là, il nous faut une nouvelle constitution. Moi, je parle de la révision et modification « .
Repenser le social des congolais pour approbation
Même si elle est pour la révision de la Constitution, elle émet des doutes quant à son approbation par la population et conseille au Président de la République de repenser le social des Congolais. » La difficulté qu’a le Chef de l’Etat pour faire passer cette idée, c’est le fait qu’il a échoué sur le plan social. L’échec est réel. L’injustice sociale est très criante. Comme si cela ne suffisait pas, la corruption, le vol, la fraude ont atteint un paroxysme. Les coupables restent impunis. Or, pour réussir cette option, le Président doit être accompagné par la population. Et cela en prenant des mesures drastiques notamment réduire de moitié son salaire, celui des membres du gouvernement et bien d’autres. S’il mise sur la classe politique, je doute fort que son idée passe « .
Propos recueillis par Dina BUHAKE Tshionza