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Nord-Kivu : les défis des déplacés à Rutshuru après le démantèlement des camps autour de Goma
Depuis les récents conflits dans la région de Goma, un phénomène de retour massif des déplacés a été observé, notamment dans le territoire de Rutshuru. Selon les rapports du Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha), plus de 87.000 personnes, ayant fui les affrontements entre les rebelles du M23 et les forces armées congolaises, ont regagné leurs villages depuis la fin janvier.
Le retour vers les localités de Rugari, Kisigari, Kalengera, Kako, Rubare, Kiwanja et le groupement de Bukoma s’est intensifié depuis le démantèlement des camps de déplacés.
Les équipes d'évaluation sur le terrain ont confirmé que ces retours s'accompagnent de défis majeurs pour les populations concernées qui doivent désormais reconstruire leurs vies à partir de rien.
En effet, ces villages, marqués par les séquelles du conflit, font face à une crise humanitaire aiguë. Les services de base y sont presque absents : les écoles primaires fonctionnent à une capacité réduite et les établissements secondaires peinent à maintenir une activité régulière.
Cette situation rend l'accès à l'éducation de plus en plus précaire pour les enfants qui souhaitent penser à un avenir meilleur.
De plus, les populations retournées rencontrent des besoins fondamentaux pressants, notamment en matière de sécurité alimentaire. Revenus dans des zones où leurs activités agricoles restent suspendues, ces habitants se retrouvent avec des stocks de nourriture quasi inexistants. Les sources humanitaires pointent la nécessité urgente d'une intervention pour fournir une aide alimentaire adéquate et soutenir la relance des activités agricoles.
Les organisations humanitaires s'attèlent à évaluer la situation afin de mettre en place un plan d'action pour accompagner le retour des déplacés. Toutefois, la voie vers la reconstruction semble semée d'embûches pour ces milliers de personnes qui aspirent à retrouver une vie normale dans un contexte de précarité persistante.
La communauté internationale et les autorités congolaises sont appelées à mobiliser des ressources pour répondre à cette crise humanitaire naissante et garantir un avenir digne aux retournés de Rutshuru. En l'absence de mesures concrètes et rapides, ces hommes, femmes et enfants risquent de sombrer davantage dans la pauvreté et l’isolement.
Pascal NDUYIRI, au Nord-Kivu