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Nord-Kivu : L' Ocha s'inquiète de moyens de subsistance après le retour de plus de 78.000 personnes à Masisi
Dans son rapport avec ses partenaires humanitaires, couvrant la période du 23 février au 6 mars dernier, le Bureau des nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) indique que plus de 17.000 personnes sont retournées dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, en février, soit 2.875 ménages, notamment dans la zone de santé de Kirotshe, dans l'aire de santé de Karuba. Une inquiétude en ce qui concerne le défi majeur à surmonter à savoir, les moyens de subsistance pour ces populations.
À cela, il faudrait signaler que plus de 28.000 autres personnes ont regagné leurs villages dans la zone de santé de Mweso, portant le total à plus de 78. 000 retours dans le Masisi depuis janvier 2025.
La destruction des infrastructures par les rebelles dans la partie orientale de la RDC complique l'accès aux soins, à l'éducation et aux moyens de subsistance.
En outre plus de 33. 000 personnes, sont confrontées à une situation de survie dans une précarité intense.
La tendance est observée chez plusieurs occupants des sites de déplacés de Goma et ses environs qui continuent de retourner de manière spontanée dans leurs villages du Nord-Kivu, notamment dans le territoire de Masisi.
Dans sa mission régalienne, Ocha plaide pour une action humanitaire efficace et fondée sur des principes, menée par tous et pour tous, en vue de sauver des vies et protéger les personnes frappées par la crise.
"Pour consolider ces retours, une coordination inter-agences est essentielle afin de garantir la sécurité, l'accès aux services de base et la réhabilitation des infrastructures (eau, écoles, centres de santé). Un suivi systématique du respect des droits humains et la prévention des conflits fonciers sont prioritaires. L'intégration d'une approche de relèvement précoce et de résilience dans la planification humanitaire renforcerait la durabilité de ces retours", note l' Ocha dans son rapport.
Dans la zone de santé de Masisi, de violents combats ont opposé le groupe terroriste du Mouvement du 23 mars (M23) à divers groupes armés locaux entre le 18 et le 25 février, touchant plusieurs localités, notamment Biiri, Masisi Centre, Katale, Lwanguba, Kanii, Kahongole, Kibuye et Lushebere.
Ces affrontements ont coûté la vie à au moins 4 civils, parmi lesquels un travailleur humanitaire tué par une balle perdue le 20 février alors qu'il se trouvait dans sa base. Un enfant réfugié sur le même site a été blessé. Par ailleurs, un obus a frappé une autre installation humanitaire, sans faire de victimes.
UNE RÉPONSE D'URGENCE CIBLÉE SUR TROIS MOIS
Dans la zone de santé de Mweso, des hostilités ont éclaté dans la nuit du 26 au 27 février à Kirumbu, Katsiru, Mihara, Kinyabyitsi, Buleusa, Rusamambu et Mont Mpeti, entraînant des déplacements massifs de population vers Pinga, Kalembe, Kanyabayonga, Mutongo et Mweso.
Au Nord-Kivu, Ocha intensifie la coordination avec les Clusters et les groupes de travail pour renforcer l'intervention humanitaire dans les territoires de Nyiragongo, Masisi et Rutshuru. Face aux retours massifs de familles déplacées, les efforts se concentrent sur une réponse d'urgence ciblée sur trois mois.
Les actions prioritaires incluent l'évaluation rapide des besoins et l'alignement des interventions des partenaires pour garantir un accès rapide à l'assistance vitale.
En janvier dernier, le Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC ont fait une incursion à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Plus de 8.500 personnes ont été tuées et des milliers de blessés. La RDC se bat bec et ongle sur les fronts militaire, diplomatique et autres pour décanter cette situation qui prévaut dans l'est.
Gloire BATOMENE