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Marchés de Kinshasa : L’incendie du marché UPN révèle une bombe à retardement
L’incendie qui a ravagé, dans la nuit du 24 au 25 août, le marché UPN, au croisement des avenues Marine et Masikita, à Kinshasa, ne fait pas seulement trois morts et plus d’une vingtaine de boutiques calcinées. Ce drame met surtout en lumière les failles criantes dans la gestion et la sécurisation des marchés populaires de la capitale congolaise. Mieux la prévention de ces sinistres de ce genre.
Selon les premiers témoignages, le feu serait parti d’un câble électrique tombé sur des bidons de carburant stockés par des vendeurs dits «Khadaffi». En quelques minutes, les flammes ont embrasé des étals entiers, laissant derrière elles un champ de ruines. Mais au-delà des circonstances immédiates, c’est tout un système qui interpelle.
Dans de nombreux marchés de Kinshasa, l’électricité côtoie des dépôts d’essence, les voies d’évacuation sont inexistantes, et les dispositifs de lutte contre les incendies absents.
«C’est comme vivre assis sur une poudrière», a commenté un habitant du quartier Ngomba Kinkusa, encore marqué par la scène macabre.
Le drame du marché UPN n’est pas isolé. Ces dernières années, plusieurs sinistres similaires ont été enregistrés dans d’autres marchés de la capitale, faisant chaque fois des victimes et plongeant des centaines de familles dans la précarité. Mais aucune mesure de fond n’a véritablement suivi.
De nombreux observateurs estiment qu’il est urgent que les autorités municipales et provinciales repensent la gestion des marchés notamment par le contrôle du stockage des produits inflammables, la modernisation des installations électriques, la mise en place de brigades de sécurité équipées, et surtout la sensibilisation des commerçants aux risques.
Car si rien n’est fait, préviennent-ils, l’incendie du marché UPN ne sera qu’un nouveau chapitre d’une longue série de catastrophes évitables à venir.
Tricya MUSANSI