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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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A l’ère et à l’heure des bavures…
Autres temps, autres mœurs ! Jusque dans un passé récent, il était de saison de mettre directement sur le dos du Président Kabila tout cas de décès par balles lors des manifestations.
« Kabila a encore tué« . Cette sentence sans concession s’invitait invariablement à chaque mort d’homme. Ce jugement définitif sans principe du contradictoire ni circonstances atténuantes était repris par cœur en chœur par tous ceux qui voyaient le Président d’alors derrière chaque crépitement des balles.
Comme pour assurer le service après -vente des « hauts faits » du Rais, la kyrielle d’ONGS de défense des droits de l’homme relayait « l’info » qui passait en boucle. La messe était dite.
Depuis l’hibernation convenue d’abord et forcée ensuite de JKK, le paradigme lexical a changé. Exit « Kabila a encore tué« ! Bonjour « bavure policière et militaire » ! Aux orties le mot « massacre » ! Place aux « incidents » ! Même là où plus de cinquante compatriotes sont fauchés!
Que n’aurait-on pas entendu comme lecture du carnage de Goma si Joseph Kabila était encore au pouvoir ? On aurait sans doute assisté à un hit-parade des superlatifs sur le terreau de l’indignation.
La vérité, c’est que l’anti-kabilisme primaire qui structurait le combat de l’opposition d’hier obérait le sens de la mesure et nuisait au finish à l’image même du pays ! Imaginons si, parallélisme de forme oblige, on devait prolonger l’accusation ubuesque qui voyait le Président de la République derrière la mort par balles de chaque manifestant. Ce « retour de la manivelle » n’aurait été dans l’intérêt de personne. En tout cas, pas dans celui du pays.
Déjà, le tandem Ambongo-Nshole est en permanence l’objet de « procès en partialité » alors que le même Archevêque de Kinshasa à la suite de son prédécesseur le Cardinal Monsengwo était applaudi lorsqu’il adressait des philippiques contre le régime Kabila. De même qu’un certain pasteur Ekofo était couvert de louanges et autres dithyrambes pour avoir « tiré à bout portant » sur la nomenklatura kabiliste lors d’un culte à la cathédrale du Centenaire protestant.
Comme quoi, le temps qui change tout, change aussi nos humeurs, dixit Nicolas Boileau. José NAWEJ