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Le SG de Nouvel Elan affirme : «Muzito n’a pas quitté Lamuka»
*Selon Blanchard Mongomba, les allégations du retrait volontaire de l’ancien Premier ministre de la plate-forme sont « un gros mensonge », voire « un faux-fuyant » pour ne pas passer le pouvoir au leader de Nouvel Elan le 11 avril courant comme prévu.
Le parti politique Nouvel Élan a réagi, samedi 1er avril, au cours d’une conférence de presse au communiqué de Martin Fayulu daté du 31 mars parlant du retrait volontaire d’Adolphe Muzito et sa formation politique de la coalition Lamuka.
Le secrétaire général du parti de Muzito n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, qualifiant d’un gros mensonge le contenu du communiqué signé par le coordonnateur actuel de la plateforme d’opposition. Blanchard Mongomba exige de Martin Fayulu, la publication du document en question pour étayer les faits qu’il allègue dans ledit communiqué.
«C’est un gros mensonge parce que la lettre du 22 décembre 2022 dont il parle n’a jamais existé. Le premier élément est celui-là. Si cette lettre existe qu’il la sorte et qu’il vous lise son contenu», a-t-il insisté. «Il n’existe aucunement une lettre dans laquelle monsieur Adolphe Muzito aurait renoncé à son existence comme membre cofondateur de Lamuka. Ce communiqué de monsieur Martin Fayulu nous exclut injustement, encore qu’il n’en a pas qualité. »
ecide et nouvel elan desormais cofondateurs de lamuka
Par ailleurs, le SG de Nouvel Elan reconnaît qu’Adolphe Muzito a écrit deux lettres mais ces correspondances sont en rapport avec le fonctionnement de la coalition Lamuka et non concernant ce que Fayulu avance comme argument pour le sortir sans motif valable.
«Effectivement Adolphe Muzito a écrit à Martin Fayulu comme coordonnateur de Lamuka les 20 et 21 décembre 2022 et dans ces documents, il lui a fait voir que la convention du 19 novembre 2019, qu’ils ont signée ensemble stipule qu’eux deux ne sont plus co-fondateurs de Lamuka et les co-fondateurs sont désormais ECIDé et Nouvel Elan», a rappelé le SG Mongomba, brandissant – en les lisant- ces deux correspondances devant la presse.
S’agissant de la structure (CSOL) ayant publié un monitoring sur le processus électoral en cours, non reconnue par Martin Fayulu, Blanchard Mongomba l’accuse d’ «hypocrisie» car cette affaire a commencé avec lui avec la structure COEL, sans pourtant être dénoncée.
«Et pourtant, ladite commission n’existe pas dans les structures de Lamuka, n’est pas connue du Présidium et ne pouvait pas engager Lamuka. Il est curieux de constater que M. Martin Fayulu n’a pas dénoncé le rapport de cette commission ni son existence», a-t-il déploré.
Passation de pouvoir
le 11 avril
Concernant la mise en garde adressée à Adolphe Muzito de ne plus engager Lamuka, Nouvel Élan estime que cela relève de l’agitation à quelques jours de l’expiration de son mandat à la tête du présidium tournant afin de se l’accaparer.
«Le Nouvel Elan attend la passation du flambeau comme le prévoit la Charte, le 11 avril 2023. Faute de quoi, il prendra acte du départ volontaire de M. Martin Fayulu de Lamuka, car celui-ci entrera dans un processus d’illégalité et d’illégitimité et ne pourra pas représenter la lutte pour la vérité, des urnes», insiste Blanchard Mongomba.
Depuis quelques temps, les deux personnalités, alliées depuis la présidentielle de 2018, n’émettent plus sur la même longueur d’onde, voire se brouillent autour de la gestion de la coalition Lamuka qui avait accompagné la candidature de Martin Fayulu.
mandat de six mois sur fond de divergences
En octobre 2022, Adolphe Muzito passe le flambeau à Martin Fayulu pour un mandat de six mois sur fond de divergences. Adolphe Muzito s’opposait au rapprochement entre Martin Fayulu et le camp de l’ancien président Joseph Kabila. Pour le camp Fayulu, c’est Adolphe Muzito qui s’était retiré volontairement de la coalition. Ce que réfute l’entourage de l’ancien Premier ministre.
Un autre élément de divergence entre ces deux leaders, c’est l’interprétation faite par chaque camp concernant les objectifs actuels de Lamuka. Les proches de Fayulu rappellent que la coalition s’est muée en plateforme politique dès avril 2019. Le parti Nouvel Élan d’Adolphe Muzito, lui, considère que Lamuka n’est, à ce stade, «qu’une force de revendications, un espace de résistance». Et que la question des alliances électorales viendra plus tard autour des projets.
À ceux qui pensent qu’il se rapproche davantage de l’actuel pouvoir, le Premier ministre honoraire Adolphe Muzito a cette réponse: «Je suis candidat jusqu’au bout. Pour débaucher Muzito, il faut peser plus que lui sur le plan de la pensée, de la vision et des projets».
Le moins que l’on puisse dire, entre les deux sociétaires de Lamuka, la crise s’installe. La date du 11 avril prévue pour la passation des pouvoirs en dira un peu plus.
Didier KEBONGO