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La plateforme "Voix de la Presse" voit le jour à Kinshasa
L'association professionnelle "Voix de la Presse" a fait sa sortie officielle hier mercredi 29 juillet au Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa. Elle se donne pour ambition de contribuer à l'émergence d'une presse congolaise libre, crédible, innovante et économiquement forte, portée par des journalistes compétents, solidaires et conscients de leur responsabilité envers la société.
À l'ouverture de la cérémonie, la journaliste et membre de "Voix de la Presse", Yvette Ditshima, a souligné le fait que cette association est née de la volonté de professionnels des médias congolais de « promouvoir une presse libre, éthique et innovante », tout en défendant les intérêts des acteurs du secteur et en contribuant au renforcement du paysage médiatique national.
Yvette Ditshima a, par ailleurs, salué la présence de différents invités, estimant qu'elle constituait un encouragement pour cette nouvelle organisation, témoignant de l'intérêt porté à sa vision d'une presse plus forte, plus solidaire et résolument tournée vers l'avenir.
UNE PLUS-VALUE À LA PRESSE
Lors de la cérémonie de lancement, le coordonnateur du comité provisoire, Prince Mayiro Ndongo, a précisé que "Voix de la Presse" n'avait pas vocation à se substituer aux organisations professionnelles existantes, notamment à l'Union nationale de la presse du Congo (UNPC). Bien au contraire, elle s'inscrit dans le système existant pour contribuer à la promotion des médias et à la professionnalisation du journalisme en RDC.
« Aujourd'hui, nous ne lançons pas simplement une association. Nous lançons une conviction. Celle que le journalisme congolais peut être plus fort, plus influent, plus respecté, plus solidaire et plus innovant », a déclaré Prince Mayiro Ndongo.
PROMOUVOIR L'INDÉPENDANCE
L'histoire de cette initiative remonte au 1er novembre 2025, à Bandalungwa, où sept professionnels des médias ont posé les bases de ce projet. Rejoints par cinq autres confrères, ils ont été douze à signer, en janvier 2026, l'acte fondateur de l'association.
Placée sous la devise « Liberté - Équité - Excellence » et portée par le slogan « Pour une presse libre et émergente », "Voix de la Presse" entend notamment promouvoir l'indépendance journalistique, défendre les intérêts des professionnels des médias, renforcer leurs compétences et favoriser la solidarité au sein de la profession.
ESPACE DE FORMATION CONTINUE
L'association se veut également un espace de formation continue et d'innovation journalistique, dans un siècle caractérisé par la transformation numérique, l'intelligence artificielle et l'évolution des modèles économiques des médias.
« Le journalisme du XXIème siècle ne peut plus être exercé avec les méthodes du siècle dernier. J'appelle les professionnels des médias à s'adapter aux nouvelles exigences du métier, notamment dans les domaines de l'investigation, de la narration numérique, de la vidéo, des données, des réseaux sociaux et des nouveaux outils de production de l'information », a souligné Prince Mayiro Ndongo.
À son tour, le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a appelé les journalistes à faire preuve de rigueur, d'éthique et de responsabilité dans l'exercice de leur profession.
S'adressant particulièrement aux jeunes journalistes, il les a exhortés à ne pas se limiter à relayer des opinions, mais à devenir de véritables producteurs d'une information fondée sur les faits et soumise à la vérification.
« On ne réforme pas la presse avec des slogans, mais avec de la rigueur, de l'éthique et du courage », a-t-il affirmé, avant de rappeler que la crédibilité du journalisme repose notamment sur la vérification des faits, la responsabilité dans la parole et l'indépendance.
LUTTE CONTRE LES DÉRIVES
Christian Bosembe a également évoqué plusieurs mesures prises par le régulateur à l'encontre de certains médias et journalistes, notamment dans le cadre de la lutte contre la propagation de fausses informations, les discours de haine et les dérives observées sur certains plateaux de télévision. Selon lui, ces décisions ne visent pas à museler la presse, mais à assainir le secteur et à renforcer la responsabilité des acteurs médiatiques face aux contenus diffusés.
« La liberté de la presse n'est pas un privilège accordé aux journalistes. Elle est un droit fondamental du peuple à être informé. J'invite donc les professionnels des médias à vérifier, contextualiser et hiérarchiser les informations avant leur diffusion », a-t-il rappelé.
Le président du CSAC a, en outre, insisté sur la responsabilité particulière des journalistes dans la documentation des événements et la préservation de la mémoire collective. Il les a ainsi appelés à faire preuve de courage, de rigueur et de constance dans le traitement de l'actualité, estimant que leur travail contribue à établir les faits, à documenter les événements et à construire la mémoire nationale.
« Vous n'êtes pas de simples témoins de l'histoire. Vous êtes ceux qui lui donnent un sens », a-t-il déclaré.
RASSEMBLER LA PRESSE
De son côté, "Voix de la Presse" a réaffirmé sa volonté de rassembler les professionnels des médias autour d'une vision commune, fondée sur la coopération et la solidarité, au-delà des appartenances médiatiques et des sensibilités.
L'association entend également devenir une force de proposition et un interlocuteur du secteur médiatique auprès des pouvoirs publics, des entreprises, des universités, des organisations internationales et des autres acteurs concernés, afin de contribuer à l'amélioration de l'environnement professionnel des médias en RDC.
La cérémonie de lancement a réuni plusieurs personnalités du secteur des médias, des responsables d'organes de presse, des partenaires ainsi que des professionnels des médias, venus accompagner cette nouvelle organisation qui aspire à participer à la transformation du paysage médiatique en RDC.
Tricya MUSANSI