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<strong>Kintuidi: la coutume Yansi qui brise l’avenir de nombreuses jeunes filles en RDC</strong>
En République démocratique du Congo, bien de familles vivent encore sous le poids des traditions « barbares ». Si certaines d’entre ces coutumes sont à conserver, d’autres par contre devraient être bannies de la communauté. C’est le cas notamment de Kintuidi, dans l’ex-Grand Bandundu, où des citoyens invitent les législateurs, les traditionalistes, les associations de défense des droits humains à se mettre autour d’une table afin de mettre définitivement un terme à cette pratique monstrueuse de temps moderne.
Dans le Grand Bandundu, Kintuidi est l’une des coutumes la plus connue, pratiquée par la tribu Yansi. Les Yansi sont originaires de l’ancienne province du Bandundu divisée depuis en 3 provinces (Kwilu, Kwango et Maï-Ndombe), en raison du découpage territorial de 2015 voulu par la nouvelle constitution de février 2006. Le « Kintuidi » est une coutume selon laquelle toute fille née d’une mère Yansi est l’épouse de son oncle maternel, de son grand-père ou d’une autre autorité parentale. Dès que la jeune fille atteint l’âge de se marier, elle est «propriété officiellement» de son oncle ou de son grand-père. Mais si cette dernière a déjà un fiancé, celui-ci devra verser deux dots. La première à la famille de la fiancée et la deuxième à l’oncle à qui la fille a été promise, voire destinée. Si l’oncle est d’accord pour recevoir la dot, alors il devra prononcer la phrase libératrice : « je te libère ma femme, tu peux te marier à cet homme ». Mais au cas où l’oncle n’est pas d’accord pour que sa nièce se marie et qu’elle s’entête à le faire ou que celle-ci a juste refusé de dire à son fiancé qu’elle appartient à son oncle, selon la coutume, la malédiction va s’abattre sur cette femme.
Briser la malédiction de la tradition
Selon des témoignages concordants, une fois dans le mariage, ces femmes éprouvent des difficultés à concevoir, d’autres meurent mystérieusement. C’est le cas du clan Kibinga où l’on dénombre déjà plusieurs victimes. D’après la nouvelle parvenue à la rédaction du journal Forum des As, Ricarda Malala, une assez jolie demoiselle, selon des proches de la famille, serait la énième victime, après la mort non encore élucidée jusque-là de Carine Mamuzi, Mireille Mayamba, Karite Tanzi. Mariée contre son gré au chef de son clan, un certain Zéphyrin Tansia, par ailleurs son oncle maternel, Ricarda Malala serait portée disparue depuis la fin de l’année 2018 pour échapper au funeste destin connu par les autres filles de la tribu. Des voix s’élèvent pour appeler les législateurs, les traditionalistes, les associations de défense des droits humains à se mettre autour d’une table afin de mettre définitivement un terme à cette pratique monstrueuse des temps modernes. Et se mettre au diapason avec la loi sur protection de la jeune fille contre les violences sexuelles en RDC.
FDA