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Kinshasa: Et si l'on démembrait certaines grandes communes !
Il y a quelques communes de la ville de Kinshasa qui sont très grandes. À titre exemplatif, nous citons les cas de Kimbanseke, N’sele, Limete, Mont Ngafula et Ngaliema. Kimbanseke va de l’entrée Nzoku au-delà du cimetière éponyme. La maison communale de cette municipalité se trouve dans le quartier populeux de Kingasani ya suka, sur le boulevard Lumumba. Pour quelqu’un qui habite du côté du cimetière et qui doit se procurer un document administratif au bureau de la commune, c’est un véritable casse-tête, surtout par ces temps de déplacements compliqués.
La commune de la N’sele (898, 79 km2), elle va de l’entrée du camp Badara, à proximité de l’entrée Ndjoku, au Domaine agropastoral industriel présidentiel de la N’sele (DAIPN). Contrairement à son nom, le siège administratif est situé à la cité de Kinkole, à quelques kilomètres de N’sele. Il faut traverser plusieurs quartiers pour aller du bout à l’autre de cette vaste municipalité: Badara 1 et 2, Mpasa 1 et 2, Bibwa, B.A.T, Plazza, Kinkole et que sais- je encore.
La commune de Limete (67, 60 km2) couvre le camp Mombele, Limete résidentiel, Limete industriel, Ndanu et l’immense quartier de Kingabwa.
Ngaliema (224, 30 km2) commence de l’ambassade de France jusqu’au camp Badiadingi, traversant successivement les quartiers Ma Campagne, Ozone, Delvaux, Pigeon, UPN, Pompage, Malweka,...
Le plus atypique de tous ces cas est la commune de Mont Ngafula (358, 92 km2). Allant du petit triangle de l’université de Kinshasa, elle prend les quartiers Tchad et Cogelos après avoir laissé l’alma mater à la commune de Lemba, avant d’englober Kindele, Kimwenza mission, Kimwenza Gare, Matadi Kibala, Matadi Mayo, Mitendi jusqu’à la limite de la frontière entre Kinshasa et le Kongo Central. Comme si cette vaste étendue ne suffisait pas, l’on a attribué à Mont Ngafula les quartiers Kinsuka, Mbudi jusqu’au fleuve Congo en face de Brazzaville. Mont-Ngafula est vraiment une petite ville dans la ville !
La conséquence de l’immensité de ces entités est que leurs bourgmestres n’arrivent pas à circuler dans tous les quartiers pour faire leurs itinérances. Nous parions qu’aucun des responsables n’a aucune idée exacte de l’ensemble du territoire qu’il dirige. Encore que certains d’entr’eux ne résident même pas dans les municipalités où ils sont chefs.
Le silence des députés provinciaux et des sénateurs étonne
Cette situation est en grande partie la cause de la mauvaise administration des communes de Kinshasa, tant il est vrai que les difficultés que nous venons de soulever ne concernent pas uniquement les municipalités à forte dimension. C’est pourquoi, face à une question aussi cruciale, le silence des élus provinciaux et des sénateurs qui ont les prérogatives constitutionnelles de contrôler les provinces, étonne plus d’un.
Pour rappel, la décision de démembrer certaines vastes provinces avait pour but de rapprocher les administrateurs de leurs administrés. D’aucuns ne cessent de se poser la question de savoir pourquoi en son temps la cartographie de la ville province de Kinshasa n’a pas été revisitée.
Si le gouvernement central et celui provincial de Kinshasa tiennent à voir la capitale se transformer, il faut impérativement revoir sa configuration géographique. Il n’est pas évident que cette seule décision va permettre à la métropole rd congolaise de retrouver sa belle robe d’antan, néanmoins les bourgmestres pourront facilement se mouvoir sur terrain pour se rendre compte de réalités de leurs entités. En restant confinés dans leurs bureaux, ils ignorent beaucoup de problèmes auxquels sont confrontées leurs municipalités. Le bourgmestre de la N’sele, par exemple, ne pourra jamais plaider pour la desserte en eau potable de la localité Mpasa Tala-Ngai aussi longtemps qu’il n’aura pas été dans ce coin. Il en est de même de son collègue de Mont Ngafula qui ignore totalement les réalités de Mbudi pour n’y avoir jamais mis les pieds.
À quelques semaines de la rentrée parlementaire du mois de mars de nos assemblées législatives, la question de ces communes constitue une matière sur laquelle les différents élus peuvent se pencher. D’autres points chauds qui concernent la marche du pays les attendent également. Il ne faut pas qu’ils viennent uniquement pour se battre prioritairement pour les postes au sein du gouvernement d’union nationale annoncé par le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi.
Muke MUKE