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Kinshasa et Kigali adoptent une feuille de route pour le rapatriement volontaire des réfugiés
La République démocratique du Congo, le Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont franchi une nouvelle étape dans la gestion de la crise des réfugiés en adoptant une feuille de route technique 2026-2027 destinée à encadrer le rapatriement volontaire et la réintégration des réfugiés des deux pays. L'accord a été conclu à l'issue de la 9ᵉ réunion ministérielle tripartite tenue à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Cette feuille de route s'inscrit dans le prolongement des Accords de paix et de prospérité signés à Washington le 4 décembre 2025. Les trois parties y réaffirment leur engagement à garantir des retours libres, volontaires, sûrs et dignes, conformément aux standards internationaux en matière de protection des réfugiés.
8 394 REFUGIES RWANDAIS ONT DÉJÀ REGAGNÉ LEUR PAYS
Le communiqué conjoint publié à l'issue de la rencontre dresse un état des lieux des populations concernées. La RDC accueille actuellement 196 289 réfugiés et demandeurs d'asile rwandais, tandis que 84 456 réfugiés congolais vivent au Rwanda. Selon le HCR, 8 394 réfugiés rwandais ont déjà regagné leur pays depuis janvier 2025.
Pour accélérer le processus, les délégations ont convenu d'utiliser le poste frontalier de Kamanyola, au Sud-Kivu, afin de faciliter le retour de plus de 3 600 réfugiés rwandais installés dans le sud de cette province. De son côté, le gouvernement congolais s'est engagé à identifier, à partir d'octobre 2026, les zones prioritaires susceptibles d'accueillir les réfugiés congolais désireux de rentrer depuis le Rwanda.
PLUS D'UN MILLION DE RÉFUGIÉS CONGOLAIS VIVENT A TRAVERS L'AFRIQUE
Les parties ont également décidé d'institutionnaliser des réunions transfrontalières trimestrielles afin d'assurer le suivi de la feuille de route. La première est programmée pour septembre 2026, tandis que la prochaine réunion ministérielle tripartite est fixée à juin 2027.
En marge de ces travaux, le représentant congolais a rencontré le nouveau Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham. Les échanges ont permis de réaffirmer la volonté de Kinshasa de poursuivre les efforts en faveur de solutions durables face à la crise des déplacements forcés, alors que plus d'un million de réfugiés congolais vivent à travers l'Afrique et que le pays compte plus de cinq millions de déplacés internes.
Au cours du segment ministériel, la délégation congolaise a toutefois rappelé que la persistance de l'insécurité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continue de compromettre les opérations de retour. Kinshasa a notamment évoqué le non-retrait de l'armée rwandaise du territoire national ainsi que les activités des rebelles de l'AFC/M23. Le Gouvernement a estimé que ces facteurs ont fortement entravé la mise en œuvre des résolutions adoptées lors de la précédente réunion tripartite de juillet 2025.
La signature du communiqué conjoint confirme néanmoins la volonté des trois partenaires de poursuivre la mise en œuvre des engagements pris, dans l'espoir de créer les conditions d'un retour durable des réfugiés et d'une stabilisation progressive de la région des Grands Lacs.
Jérémie ASOKO