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Washington accuse Kigali et exige son retrait immédiat de la RDC
La situation sécuritaire en République démocratique du Congo s'invite, une nouvelle fois, au cœur des débats internationaux. Hier jeudi 26 mars, le Conseil de sécurité des Nations unies tient une séance publique consacrée à la crise persistante dans l'est du pays et aux activités de la Mission de l'organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco).
La réunion se déroule sous la présidence de l'envoyé américain Massad Boulos, dans un climat régional toujours tendu malgré les initiatives diplomatiques engagées ces derniers mois.
Officiellement, les armes devraient s'être tues depuis les accords signés à Doha en novembre 2025 entre Kinshasa et l'AFC/ M23, suivis des accords de Washington conclus en décembre entre la RDC et le Rwanda.
Mais sur le terrain, la réalité demeure bien plus complexe. Les membres du Conseil de sécurité doivent être informés de l'état encore fragile du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, alors que les combats sporadiques continuent d'alimenter l'instabilité. L'attaque de drone du 11 mars à Goma, qui a coûté la vie à un agent de l'Unicef, illustre tragiquement la volatilité de la situation sécuritaire dans la région.
WASHINGTON APPELLE AU RETRAIT IMMEDIAT
Lors de cette session, la voix américaine s'est montrée particulièrement ferme. Selon Massad Boulos, Washington se dit "extrêmement déçu " par l'escalade récente du conflit, qu'il attribue directement au Rwanda. " Il s'agit d'une violation claire des engagements pris dans le cadre des accords de Washington ", a-t-il déclaré, dénonçant une remise en cause des efforts diplomatiques engagés pour stabiliser la région.
Face à cette situation, les États-Unis affirment avoir pris des mesures inédites en imposant des sanctions ciblées contre certains responsables des Forces de défense rwandaises.
Washington appelle également au retrait immédiat des forces rwandaises du territoire congolais et réaffirme son attachement au respect de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de la RDC.
Dans le même temps, les États-Unis rappellent que Kinshasa doit honorer ses propres engagements. Le gouvernement congolais est notamment appelé à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans les zones sous son contrôle, une question qui demeure au cœur des tensions régionales.
Pour Washington, cette double exigence constitue une étape essentielle pour réduire la méfiance persistante et stabiliser durablement la région des Grands Lacs.
UNE MONUSCO FRAGILISEE
La réunion survient également dans un contexte délicat pour la Monusco elle-même. La mission onusienne fait face à une réduction significative de ses effectifs, près d'un quart du personnel en uniforme s'étant déjà été retiré.
À cela s'ajoute une crise de liquidités qui affecte l'ensemble du système des Nations unies et qui limite sérieusement les capacités opérationnelles de la Mission sur le terrain.
En marge de la séance, le Conseil pourrait adopter une déclaration présidentielle proposée par la France. Mais les négociations restent ardues : la Chine, la Russie et les États-Unis ont déjà exprimé plusieurs réserves sur le texte. Preuve, une fois de plus, que la crise dans l'est de la RDC demeure l'un des dossiers diplomatiques les plus sensibles de l'agenda international.
À New York comme sur le terrain, la question reste entière : les engagements diplomatiques suffiront-ils à transformer une paix fragile en stabilité durable ?
Jérémie ASOKO et Gloire BATOMENE