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Une majorité de la population riveraine opposée au projet d'exploitation pétrolière dans le Graben Albertine congolais
Une étude du Cadre de concertation sur les ressources naturelles (CdC/RN), une plateforme de la société civile, intitulée " Perception de la population des blocs 1, 2 et 3 sur l'exploitation des hydrocarbures dans le Graben Albertine congolais ", révèle que 70% de la population serait hostile au projet, des blocs pétroliers. Une opposition basée principalement sur des risques environnementaux, sanitaires et culturels, selon un communiqué de presse rendu public par cette organisation, ce vendredi 14 octobre.
Alors que les projets d'exploitation des hydrocarbures se multiplient dans cette zone écologiquement sensible, à travers sa recherche, la CdC/RN, appelle à une intégration pleine et entière des points de vue des communautés locales dans les processus décisionnels ; respecter le principe de consultation libre, préalable et éclairée est impératif.
MEFIANCE INSTITUTIONNELLE
Face aux enjeux mondiaux de réchauffement climatique, l'étude note que la transition énergétique vers des sources renouvelables pour le contexte d'exploitation des minerais stratégiques de la RDC est perçue comme une alternative viable par les populations face au pétrole. Cependant, son développement reste freiné par des contraintes économiques, politiques et techniques, nécessitant des investissements soutenus et des partenariats solides.
Cette étude met en lumière les préoccupations majeures des populations de la manière suivante :
75% redoutent la disparition des écosystèmes aquatiques du lac Albert; 65% craignent une pollution généralisée; 40% s'inquiètent des délocalisations et de la perte de leurs moyens de subsistance (pêche, élevage et agriculture).
Pas que. L'enquête identifie également un " climat de méfiance institutionnelle " criant. Les processus de consultation sont jugés non inclusifs, les informations sur les risques réels sont opaques et les communautés se sentent délibérément tenues à l'écart des décisions. " Le processus de consultation est non inclusif ; les entreprises échangent des informations au niveau national et provincial, mais la communauté n'est pas associée ", peut-on lire sur le communiqué de presse.
AU-DELA DES IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX CRISE SANITAIRE
Toutefois, face à cette majorité inquiète, une minorité de 30% se déclare favorable aux projets pétroliers, principalement celle séduite par les promesses de création d'emplois locaux (45%) et de développement des infrastructures (35%).
L'étude va au-delà des impacts environnementaux et économiques classiques. Elle soulève des craintes profondes quant aux risques sanitaires, avec l'anticipation de l'apparition de maladies comme les cancers et les malformations congénitales sur les activités futures en RDC et en cours du côté ougandais étant donné que nous partageons avec l'Ouganda lac Albert et la rivière Semliki.
Elle alerte également sur la menace pour la dimension sacrée africaine de la terre, du lac et des rivières, un héritage ancestral systématiquement négligé dans les analyses coûts-bénéfices.
Fyfy Solange TANGAMU