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Révision de la Constitution : les bourgmestres de Kinshasa entrent en danse en affichant leur soutien à Tshisekedi
Le débat autour du changement de la Constitution en République démocratique du Congo prend une nouvelle tournure politique. Après certaines confessions religieuses proches du pouvoir, ce sont désormais les bourgmestres des 24 communes de Kinshasa qui montent officiellement au front pour soutenir l'initiative portée par le camp présidentiel.
Réunis hier jeudi 28 mai à Kinshasa, les autorités municipales ont signé une déclaration commune dans laquelle elles se disent favorables à une révision, voire à un changement de la Constitution actuelle. Une prise de position collective qui confirme l'accélération de la stratégie politique menée par la majorité autour de cette question devenue hautement sensible.
Face à la presse, les bourgmestres ont estimé que la Constitution en vigueur "ne répond plus aux réalités actuelles du pays", reprenant ainsi les arguments développés depuis plusieurs mois par les proches du président Félix Tshisekedi.
Pour eux, les défis sécuritaires, institutionnels et économiques auxquels la RDC est confrontée exigeraient une adaptation du cadre constitutionnel.
Mais derrière ce discours officiel, les inquiétudes persistent. Aucun détail concret n'a été donné sur les articles concernés ni sur l'orientation exacte des modifications envisagées.
Ce flou alimente les critiques de l'opposition et d'une partie de la société civile, qui soupçonnent le pouvoir de préparer un verrouillage institutionnel au profit du régime en place.
Dans leur déclaration, les bourgmestres ont également renouvelé leur "soutien indéfectible" au chef de l'État et aux institutions de la République, dans un contexte marqué par une forte polarisation du débat politique. Cette sortie intervient au lendemain de l'adoption à l'Assemblée nationale de la proposition de loi portée par Ngondankoy sur l'organisation du référendum, un texte considéré comme une étape décisive vers une éventuelle modification de la Loi fondamentale.
LE PARTENARIAT RDC-USA ET LES SANCTIONS CONTRE JOSEPH KABILA SALUÉES PAR LES BOURGMESTRES
Pendant ce temps, l'opposition hausse le ton. Plusieurs figures politiques dénoncent un "passage en force" et parlent d'un "braquage constitutionnel".
Réunie dans le cadre du C64, l'opposition a appelé à une journée "Ville morte" le 3 juin prochain afin de protester contre ce qu'elle considère comme une dérive autoritaire du pouvoir.
Au-delà de la question constitutionnelle, les bourgmestres de Kinshasa ont aussi salué l'accord récemment conclu entre la RDC et les États-Unis, présenté comme un partenariat stratégique pour le développement du pays. Ils ont également soutenu les sanctions américaines prises contre certains officiers rwandais, Joseph Kabila et les membres de groupes armés opérant dans l'Est de la RDC, accusés d'exactions contre les populations civiles.
Mais à Kinshasa, c'est bien le dossier de la Constitution qui concentre désormais toutes les tensions. Entre démonstration de force du pouvoir et mobilisation de l'opposition, la bataille politique semble désormais totalement engagée, avec un climat qui devient chaque jour un peu plus électrique.
César IPOKA