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RÉPRESSION DU SIT-IN DU C64, Fayulu, Katumbi, Mukwege et l'UE montent au créneau contre les violences du 12 juin
La répression du sit-in de la coalition C64 devant le Palais du peuple continue de provoquer une onde de choc politique et diplomatique. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Denis Mukwege, le mouvement "Sauvons la RDC" et l'Union européenne ont, tour à tour, dénoncé les violences enregistrées lors de cette manifestation contre le projet de révision constitutionnelle, réclamant vérité, responsabilités et respect des libertés fondamentales.
Au lendemain des affrontements qui ont secoué le boulevard Triomphal à Kinshasa, les condamnations se multiplient contre l'intervention des forces de l'ordre ayant dispersé le rassemblement de l'opposition.
Blessé à la tête lors des incidents, Martin Fayulu a livré la charge la plus virulente. Le président de l'ECiDé accuse la police d'avoir fait usage de balles réelles contre les manifestants, faisant état de deux morts et de plusieurs blessés. Qualifiant les événements de "barbarie", il affirme que le sit-in avait pour unique objectif de signifier aux députés le rejet populaire de toute initiative visant à modifier la Constitution.
L'opposant estime néanmoins avoir atteint son objectif politique malgré la dispersion du rassemblement. "Nous avons dit que nous allions tenir ce sit-in et nous l'avons tenu", a-t-il déclaré avant de lancer un avertissement direct au chef de l'État : "Félix Tshisekedi me connaît bien. Il me trouvera sur sa route."
KATUMBI TIENT TSHISEKEDI COMME PRINCIPALE RESPONSABLE
Dans la foulée, Moïse Katumbi a condamné ce qu'il considère comme une répression injustifiée de citoyens exerçant leur droit de manifester pacifiquement. Le président d'Ensemble pour la République accuse la "Force du Progrès" d'avoir participé aux violences et tient Félix Tshisekedi pour principal responsable du climat de tension qui prévaut dans le pays.
Pour l'ancien gouverneur du Katanga, les événements du 12 juin constituent une atteinte grave aux libertés démocratiques et au droit constitutionnel de manifester.
MUKWEGE ÉVOQUE UNE "DÉRIVE DICTATORIALE"
Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege est allé encore plus loin dans sa dénonciation.
Dans une déclaration particulièrement sévère, il condamne une "répression sanglante" et accuse le pouvoir de réduire progressivement l'espace démocratique en RDC.
Selon lui, l'usage de la force contre des manifestants opposés à un éventuel changement de la Constitution traduit une inquiétante dérive autoritaire. Le médecin de Panzi estime que cette situation rappelle les dernières années du régime de Joseph Kabila et appelle à une mobilisation nationale et internationale pour préserver l'ordre constitutionnel.
Le mouvement Sauvons la RDC, plateforme proche de l'ancien président Joseph Kabila, a également élevé le ton. Dans un communiqué signé par Me Moïse Nyarugabo Muhizi, la structure attribue au président Félix Tshisekedi ainsi qu'à la chaîne de commandement civile, policière et sécuritaire la responsabilité politique des violences survenues lors du sit-in.
Le mouvement réclame l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante afin d'établir les responsabilités et faire toute la lumière sur les circonstances de la répression.
L'UNION EUROPÉENNE APPELLE À L'APAISEMENT
Sur le plan international, l'Union européenne a exprimé sa préoccupation face aux événements du 12 juin. Tout en déplorant les morts et les blessés graves signalés lors des affrontements, elle a rappelé que la liberté de manifester pacifiquement constitue l'un des fondements de tout espace démocratique inclusif.
Bruxelles encourage les autorités congolaises à faire preuve de transparence dans la gestion de ce dossier et exhorte les institutions compétentes à établir les faits afin de favoriser un apaisement du climat politique.
Alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle continue d'alimenter les tensions, les violences du 12 juin apparaissent désormais comme un nouveau point de crispation entre le pouvoir et l'opposition, dans un contexte politique de plus en plus polarisé. Alors que nous mettons sous presse, aucune réaction officielle des autorités n'avait encore été enregistrée face à l'ensemble de ces accusations.
Jérémie ASOKO