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Report de la marche du 22 juillet : la C64 répond aux critiques de «Sauvons le Congo»
*«Certains risquent leur vie à mains nues, tandis que d’autres commentent l’actualité depuis l’étranger», soutient le SG d’Envol.
*«Héros des manifestations virtuelles», lâche Herve Diakiese.
La Coalition Article 64 (C64) sort de son silence après les critiques formulées par la plateforme «Sauvons le Congo» à la suite du report de sa marche pacifique. À travers l’une de ses voix, Rodrigue Ramazani, secrétaire général d’Envol, parti de Delly Sesanga, la coalition dénonce des attaques qu’elle juge injustifiées contre ses dirigeants et défend l’engagement de ses animateurs restés à Kinshasa pour poursuivre le combat politique sur le terrain.
Le report de la marche annoncée par la C64 continue de provoquer des réactions dans le paysage politique congolais. Alors que les responsables de «Sauvons le Congo» contestent cette décision et s’interrogent sur la capacité de mobilisation de la coalition, les membres de la C64 estiment que ces critiques ne tiennent pas suffisamment compte du contexte dans lequel cette décision a été prise.
Pour la coalition, le report de la manifestation ne constitue ni un recul ni un abandon de ses revendications. Ses responsables expliquent que cette option s’inscrit dans une période marquée par plusieurs initiatives de médiation et des discussions politiques visant à rechercher des solutions à la crise que traverse le pays. Ils soutiennent avoir fait le choix de la responsabilité politique en privilégiant une démarche susceptible d’ouvrir des espaces de dialogue, tout en maintenant leurs exigences fondamentales sur la défense de la Constitution, de l’État de droit et de la souveraineté du peuple congolais.
RAMAZANI DÉFEND LES LEADERS RESTÉS AU PAYS
Dans une sortie publiée sur son compte X, Rodrigue Ramazani, secrétaire général d’ENVOL, a porté la réplique sanglante de la C64 aux critiques formulées notamment par Seth Kikuni, l’une des figures de «Sauvons le Congo».
Le responsable politique reproche à certains acteurs de l’opposition de juger l’action de ceux qui sont présents sur le terrain alors qu’ils suivent parfois l’évolution de la situation depuis l’étranger. Pour lui, l’engagement politique se mesure également à la capacité d’assumer les risques liés aux choix opérés.
«Certains risquent leur vie à mains nues tandis que d’autres commentent l’actualité depuis l’étranger», a-t-il soutenu, défendant le choix de Delly Sesanga et d’autres responsables de la C64 qui, selon lui, ont préféré rester au pays malgré les pressions et les difficultés rencontrées.
Rodrigue Ramazani affirme que certains responsables de la coalition auraient également pu prolonger leur séjour hors du pays, notamment après des déplacements régionaux, mais ont fait le choix de revenir à Kinshasa afin de continuer leur engagement politique auprès des Congolais.
BATAILLE DE LÉGITIMITÉ
Au-delà de la polémique sur la marche, cette confrontation révèle une bataille plus profonde autour de la légitimité et de la représentativité au sein de l’opposition congolaise.
Les critiques de «Sauvons le Congo» interviennent dans un contexte où les lignes bougent autour de la perspective d’un dialogue politique annoncé.
Certains acteurs estiment que la C64 pourrait bénéficier d’une place importante dans cette nouvelle configuration, tandis que d’autres dénoncent ce qu’ils considèrent comme une marginalisation de certaines forces politiques.
Du côté de la C64, l’analyse est différente. Ses responsables considèrent que les attaques dont ils font l’objet visent à affaiblir leur position au moment où des discussions politiques pourraient redéfinir les rapports de force. Ils affirment que leur démarche reste guidée par la recherche d’une solution nationale à la crise, sans renoncer à leurs principes.
«HÉROS DES MANIFESTATIONS VIRTUELLES»
Cette passe d’armes intervient également après des sorties critiques de certains acteurs proches de l’opposition. Me Herve Diakiese, membre d’Ensemble pour la République, parti de Moïse Katumbi, avait notamment dénoncé ceux qu’il qualifie de «révolutionnaires de WhatsApp» et de «héros des manifestations virtuelles», reprochant à certains opposants de multiplier les appels à la mobilisation sur les réseaux sociaux sans prendre part directement aux actions de terrain.
Ces propos ont renforcé la controverse sur les différentes formes d’engagement politique à l’heure du numérique. D’un côté, certains mettent en avant l’importance de la mobilisation physique et de la présence sur le terrain ; de l’autre, les acteurs présents sur les plateformes numériques revendiquent leur rôle dans la sensibilisation et la mobilisation de l’opinion.
DÉMONSTRATION SUR LE TERRAIN
Face à ses détracteurs, la coalition invite ceux qui contestent sa capacité de mobilisation à faire la démonstration de leur propre force politique par des actions concrètes.
Pour ses responsables, la crédibilité d’une organisation politique ne se mesure pas uniquement à une manifestation, mais également à sa capacité à porter une vision, à maintenir une présence auprès de la population et à participer aux débats nationaux.
Cette nouvelle confrontation verbale traduit les profondes divisions qui traversent actuellement l’opposition congolaise. Elle intervient à un moment où la perspective d’un dialogue politique continue de susciter des attentes, mais aussi des inquiétudes, dans un environnement marqué par une recomposition progressive des alliances et des stratégies politiques.
Jérémie ASOKO