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Référendum constitutionnel : Ejiba Yamapia appelle à "donner la parole au peuple"
La campagne en faveur d'une révision de la Constitution franchit un nouveau cap. À l'initiative de la Coalition citoyenne pour la nation (CCN), plusieurs centaines de personnes ont défilé le vendredi 05 juin dans les rues de Kinshasa pour soutenir l'organisation d'un référendum sur l'avenir de la Loi fondamentale. Une mobilisation que l'archevêque Ejiba Yamapia, principal porte-voix du mouvement, présente comme une démonstration de force citoyenne, destinée à replacer le peuple au centre du débat constitutionnel.
Initialement prévu au Palais du Peuple, le rassemblement a finalement été redirigé vers le terrain annexe du Stade des Martyrs à la suite d'une décision de dernière minute attribuée par les organisateurs aux autorités en charge de la sécurité. Un changement qui a provoqué une certaine confusion parmi les manifestants, selon les responsables de la CCN, sans entamer la portée de la mobilisation.
"La délocalisation d'une manifestation démoralise les gens. Mais nous avons voulu montrer que nous ne pouvions être démoralisés par rien", a déclaré Ejiba Yamapia lors d'un Space live animé dans la soirée par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.
Malgré les contestations autour du nombre de participants, l'archevêque revendique une forte affluence et considère cette marche comme une étape importante dans le plaidoyer engagé depuis plusieurs semaines en faveur d'une consultation populaire.
"IL NOUS FAUT UN RÉFÉRENDUM…LE PEUPLE EST SOUVERAIN "
Au cœur de son message, une idée simple : seul le peuple est légitime pour trancher sur la question de la révision constitutionnelle.
"Il nous faut un référendum pour départager ceux qui disent qu'il ne faut pas changer la Constitution et ceux qui disent qu'il faut la réviser. Le peuple, c'est le souverain", a-t-il martelé.
Sur l'éventualité d'une telle consultation, le président de la CCN renvoie toutefois la décision aux institutions de la République et au chef de l'État, qu'il estime seul habilité à en apprécier l'opportunité et le calendrier.
La question d'un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi, au centre des inquiétudes exprimées par une partie de l'opposition, a également été abordée. Sans s'engager sur le terrain politique, Ejiba Yamapia a tenté de dissocier le débat constitutionnel du sort personnel du chef de l'État.
"Je ne suis pas distributeur de mandats", a-t-il répondu. Avant d'insister sur ce qu'il considère comme l'enjeu principal : doter la RDC d'une Constitution adaptée aux réalités contemporaines, capable de renforcer la gouvernance, de préserver la souveraineté nationale et d'accompagner le développement du pays.
Cette position s'inscrit dans la ligne défendue par les partisans de la réforme constitutionnelle, qui cherchent à recentrer le débat sur l'évolution des institutions plutôt que sur les ambitions des acteurs politiques.
La mobilisation de vendredi survient dans un contexte où les discussions autour de la Constitution gagnent en intensité. Organisations citoyennes, acteurs religieux et responsables politiques multiplient les prises de position sur une question devenue l'un des principaux sujets du débat national. Ces derniers jours, l'Église du Christ au Congo a elle-même engagé une série de consultations avec différentes sensibilités politiques avant de rendre publique sa lecture du dossier.
Pour la CCN, les évolutions politiques, sécuritaires et institutionnelles du pays justifient l'ouverture d'une réflexion nationale sur certaines dispositions de la Constitution du 18 février 2006. Ses responsables plaident pour un processus démocratique permettant à toutes les composantes de la nation de s'exprimer librement avant toute décision.
En organisant cette démonstration de rue, la coalition entend faire de l'option référendaire une revendication populaire. Reste désormais à savoir si cette demande trouvera un écho favorable auprès des institutions appelées, le moment venu, à décider de l'avenir du débat constitutionnel en République démocratique du Congo. DK