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PHC SA : Suminwa demande un audit sur l’actionnariat de l’État
* Jean-Lucien Bussa cité dans le dossier.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka veut voir clair dans la situation de l’actionnariat de l’État congolais au sein de la société Plantations et Huileries du Congo, PHC SA. Dans une correspondance datée du 11 avril 2026, adressée au ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, ainsi qu’à la ministre du Portefeuille, la cheffe du Gouvernement demande une vérification approfondie autour d’un présumé désengagement irrégulier de l’État dans cette société. La participation concernée est estimée à 23,83 % du capital social.
Selon cette correspondance, la Primature dit avoir été informée d’éléments relatifs à un «présumé désengagement irrégulier» de l’État congolais de l’actionnariat de PHC SA. Le dossier prend une dimension politique particulière en raison des interrogations visant la gestion du Portefeuille sous Jean-Lucien Bussa, dont le nom est désormais associé, dans le débat public et parlementaire, à la nécessité de clarifier les conditions dans lesquelles l’État aurait perdu ou laissé évoluer sa participation dans cette société stratégique.
Au regard de la gravité des faits allégués, Judith Suminwa demande aux deux membres du Gouvernement concernés d’assurer un traitement coordonné du dossier. La Première ministre fixe trois orientations principales.
D’abord, il s’agit de sécuriser la situation, en prenant toutes les mesures conservatoires nécessaires pour préserver les intérêts de l’État et empêcher toute opération sur les actions concernées. Ensuite, le Gouvernement devra clarifier les faits par une vérification approfondie de l’actionnariat, accompagnée d’un audit juridique et financier destiné à identifier d’éventuelles responsabilités. Enfin, la Primature demande d’engager, le cas échéant, les actions judiciaires appropriées sur la base des conclusions établies.
La mention d’un audit juridique et financier place naturellement le ministère du Portefeuille au centre des attentes. C’est ce département qui est chargé du suivi des participations publiques et de la protection des intérêts patrimoniaux de l’État dans les entreprises où la RDC détient des parts. Pour plusieurs observateurs, l’enjeu est désormais de savoir si la gestion antérieure, notamment celle imputée à la période Bussa, sera examinée avec toute la rigueur nécessaire.
Judith Suminwa exige par ailleurs qu’un rapport conjoint circonstancié lui soit transmis dans un délai de 15 jours. Elle demande également que ce dossier bénéficie d’un caractère prioritaire. La correspondance a été transmise en copie pour information au Président de la République, Chef de l’État, ainsi qu’au ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire. Elle mentionne aussi Kala Mpinga Katema, administrateur des sociétés, parmi les destinataires en copie.
À ce stade, aucune conclusion officielle n’est encore établie sur la régularité ou non du désengagement évoqué. Le courrier de la Primature parle de faits allégués, ce qui laisse ouverte la phase de vérification administrative, juridique et financière. Il reviendra donc aux ministères de la Justice et du Portefeuille de déterminer si les opérations visées ont respecté les règles applicables à la gestion des participations publiques.
L’affaire PHC SA relance, une fois de plus, la question sensible du suivi des actifs de l’État dans les entreprises où la République démocratique du Congo détient encore des intérêts. Elle pose aussi une question de responsabilité politique : jusqu’où ira l’audit demandé par Judith Suminwa, et le dossier Bussa sera-t-il traité comme un simple épisode administratif ou comme un test de gouvernance publique?
Pour l’heure, la Primature attend des réponses documentées dans les quinze jours. Le dossier est désormais entre les mains de la Justice et du Portefeuille. La suite dira si cette instruction débouchera sur une clarification complète ou si elle rejoindra la longue liste des affaires sensibles restées sans suite.
Dans cette affaire, le cabinet de Jean-Lucien Bussa a fermement rejeté ces accusations, qualifiant les allégations d’»infondées» et affirmant que le processus s’est déroulé en totale conformité avec les cadres légaux, en toute transparence.
FDA