Dernière minute
Société
Le temps est la clef de tout. Cette expression à valeur de dicton indéniable, la rue nous la sert via le secteur des transports en commun. Il est vrai que le temps est notre ressource la plus précieuse et insaisissable. Comme le soulignait la philosophe Simone Weil, "la contemplation du temps…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Au lendemain des massacres ayant coûté la vie à une vingtaine de civils dans le quartier Ngadi et le village de Bapakombe-Bakondo, la situation sécuritaire demeure préoccupante dans plusieurs…
Étranger
Une équipe d’experts médicaux chinois quittera Beijing ce mardi à destination de la République démocratique du Congo pour appuyer les efforts de lutte contre l’épidémie d’Ebola, a annoncé la…
Nation
*14.000 jeunes seront recrutés sur toute l'étendue du pays
Le lancement des activités du deuxième recensement général de la population et de l'habitat (RGPH2) est intervenu le lundi 01 juin à…
PHC : l'État n'a jamais payé ses actions, la direction démonte le mythe d'un prétendu bradage
La société révèle que Kinshasa n'a jamais libéré les 85 millions USD correspondant à ses parts et s'est retirée volontairement pour éviter une exclusion forcée.
Face à la tempête médiatique suscitée par son réaménagement actionnarial, les Plantations et Huileries du Congo (PHC S.A.) contre-attaquent. Lors d'une conférence de presse tenue le 1er juin à Kinshasa, la direction de l'entreprise a balayé ce qu'elle qualifie de "contre-vérités" et de "campagne d'intoxication" autour du prétendu bradage des actions de l'État congolais.
Le message est sans équivoque : l'État congolais n'aurait jamais été un actionnaire effectif de PHC, faute d'avoir versé le moindre dollar correspondant à sa participation théorique de 23,76 % dans le capital social de l'entreprise.
"Le mensonge court toujours très vite, mais finit par être rattrapé par la vérité", ont martelé les responsables de PHC, déterminés à remettre au centre du débat ce qu'ils présentent comme la réalité des faits.
PLUS DE VINGT ANS SANS APPORT FINANCIER DE LA PART DE L'ÉTAT
Selon les explications fournies par l'entreprise, lors de la création de PHC en 2002 sur les cendres des anciennes Plantations Lever au Zaïre (PLZ), l'État congolais avait souscrit à hauteur de 23,76 % du capital social, soit une participation évaluée à près de 85 millions de dollars américains.
Mais cette souscription serait restée purement théorique.
Durant plus de deux décennies, affirme la direction générale, l'État n'aurait jamais libéré les fonds correspondant à cette participation malgré plusieurs sollicitations et rappels successifs. Une situation qui, selon l'entreprise, empêchait de considérer cette participation comme une action effectivement détenue.
"Pas un seul dollar n'a été versé", soutient PHC, qui estime que les accusations de vente ou de bradage des actions publiques reposent sur une interprétation erronée de la situation juridique et financière de l'entreprise.
L'affaire a pris une dimension décisive en 2025 lorsque PHC a lancé un vaste programme de modernisation destiné à augmenter sa capacité d'usinage et à remplacer un outil industriel devenu vieillissant.
Pour financer cette transformation, la société a sollicité l'ensemble de ses actionnaires. L'État congolais devait apporter environ 20 à 23 millions USD tandis que les actionnaires privés majoritaires étaient appelés à injecter près de 70 millions USD.
Selon PHC, les autorités congolaises ont alors réaffirmé leur incapacité à participer à l'opération, expliquant que cette dépense n'avait jamais été prévue dans le budget national et qu'aucun mécanisme de financement n'existait pour couvrir cet engagement.
Face à ce refus, l'actionnaire majoritaire privé aurait une nouvelle fois assumé seul l'intégralité de l'effort financier nécessaire au développement de l'entreprise.
L'ÉTAT DÉCIDE DE SE RETIRER VOLONTAIREMENT POUR ÉVITER L'EXCLUSION
C'est dans ce contexte que l'État congolais aurait officiellement notifié son incapacité à mobiliser les fonds attendus et décidé de se retirer volontairement de l'actionnariat.
Selon la direction de PHC, cette démarche lui a permis d'éviter une exclusion forcée qui aurait pu intervenir en application des dispositions pertinentes du droit OHADA relatives aux actionnaires défaillants.
Cette précision constitue l'un des points les plus sensibles du dossier. Car pour PHC, le débat n'est pas celui d'une vente d'actions mais celui d'une incapacité persistante à honorer des engagements financiers contractés depuis plus de vingt ans.
L'entreprise ne cache pas son irritation face aux accusations relayées dans certains milieux politiques et médiatiques.
PHC dénonce ouvertement une "campagne d'intoxication et de déstabilisation" susceptible, selon elle, de porter atteinte à l'image de l'entreprise mais également à celle de la République démocratique du Congo auprès des investisseurs.
La société estime que ces polémiques risquent de fragiliser les efforts entrepris par les autorités nationales pour améliorer le climat des affaires et attirer davantage de capitaux privés dans les secteurs productifs.
PLUS DE 11 000 EMPLOIS MENACÉS
Au-delà de la bataille des chiffres et des statuts, PHC rappelle son poids économique et social dans les provinces de la Mongala, de la Tshopo et de l'Équateur.
L'entreprise emploie plus de 11 000 travailleurs sous contrat direct, dont l'immense majorité vit dans les zones rurales. À ces emplois s'ajoutent plusieurs milliers d'activités indirectes générées par les sous-traitants et les communautés riveraines.
La direction met en garde contre le risque de voir les controverses actuelles compromettre la paix sociale qui prévaut depuis plusieurs décennies entre l'entreprise, ses salariés et les populations locales bénéficiaires de ses investissements.
HÔPITAUX, ÉCOLES ET FORAGES : PHC DÉFEND SON BILAN SOCIAL
Pour étayer son argumentaire, PHC met en avant ses réalisations sociales dans les territoires où elle opère.
L'entreprise affirme disposer de quatre hôpitaux de référence, quatre centres de santé et dix-huit dispensaires pris en charge par ses équipes médicales. Plus de soixante-dix forages auraient également été construits afin d'améliorer l'accès à l'eau potable dans les communautés locales.
Dans le domaine éducatif, PHC revendique la construction de dix-sept écoles modernes équipées de salles de classe, de bancs et d'infrastructures sanitaires.
La société indique par ailleurs financer des projets communautaires destinés à soutenir l'entrepreneuriat rural et à favoriser l'émergence d'un véritable écosystème agro-industriel dans ses zones d'exploitation.
À travers cette sortie médiatique, PHC cherche manifestement à tourner la page d'une polémique qu'elle juge infondée.
Le groupe soutient que le véritable enjeu n'est pas une supposée vente des actions de l'État mais la nécessité de sécuriser les investissements indispensables à la modernisation de l'entreprise, à la préservation de milliers d'emplois et au développement des territoires ruraux où elle est implantée.
Dans un contexte où la RDC cherche à attirer davantage de capitaux privés, la direction de PHC estime que la diffusion d'informations qu'elle considère comme inexactes pourrait avoir des conséquences bien au-delà du seul dossier de son actionnariat.
Didier KEBONGO