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NORD-KIVU : Plus de 10.000 personnes réfugiées à l’hôpital général de Masisi et à la base de MSF
Des milliers de personnes affluent en urgence à l’hôpital général de Masisi, à la base de Médecins Sans Frontières (MSF) pour y trouver refuge, rapporte un communiqué de presse de MSF. Cet afflux est sans doute dû aux combats dans et autour de Masisi Centre dans la province du Nord-Kivu.
«Il est difficile d’estimer leur nombre exact, mais je dirais que plus de 10.000 personnes y sont toujours réfugiées, dont une écrasante majorité de femmes et d’enfants», explique Romain Briey, coordinateur du projet de MSF à Masisi.
«Nous commençons à avoir quelques craintes, car les installations sanitaires ne suffisent pas à répondre à leurs besoins essentiels», poursuit-il.
«Les latrines commencent à déborder, et nous faisons le maximum pour répondre à cette situation. Mais, le manque criant d’acteurs humanitaires dans cette zone rend les choses difficiles.»
La semaine passée, la population avait déjà trouvé refuge à l’hôpital général de Masisi et au centre de santé de Nyabiondo. Depuis, les équipes de MSF et du ministère de la Santé sont mobilisées pour faire face aux afflux de blessés. Entre le 2 janvier et ce jeudi matin, 77 blessés ont été traités.
«Aujourd’hui, outre la prise en charge des blessés et la poursuite des soins réguliers, les équipes tentent de soutenir les familles réfugiées à l’hôpital en assurant l’accès à l’eau potable et aux soins de santé», a indiqué Romain Briey. «Mais, les besoins en alimentation vont rapidement se poser si la situation perdure.»
Appel à garantir la santé des patients
Face à la volatilité de la situation et à l’ampleur des combats, MSF appelle l’ensemble des parties au conflit à continuer à garantir la sécurité des patients, des équipes et des personnes réfugiées dans les structures sanitaires et locaux humanitaires.
«Ni le Ministère de la Santé, ni MSF ne sont en mesure d’assurer la sécurité de la population à l’intérieur de l’hôpital si les belligérants ne respectent pas leurs obligations au regard du droit international humanitaire», a souligné le Dr Lucien Kandundao, le médecins chef de zone de Masisi.
«Fort heureusement, ce respect a été assuré jusqu’à présent et, à notre niveau, nous œuvrons à ce que la neutralité de l’hôpital soit également pleinement respectée et qu’aucun individu armé ou en uniforme ne s’y trouve.»
Il sied de signaler aussi que la situation sécuritaire dans la zone affecte aussi la capacité de MSF à envoyer des équipes ailleurs dans le territoire. Ou de référer des patients en état critique vers Goma, rendant impossible l’évaluation des besoins ailleurs dans le territoire.
Les équipes de Médecins Sans Frontières appuient le ministère de la Santé à Masisi depuis 2007. Actuellement, MSF y appuie l’Hôpital général de référence, le Centre de santé de référence de Nyabiondo ainsi que plusieurs centres de santé plus reculés.
Fyfy Solange TANGAMU