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L'UNC, le MLC et l'AFDC-A absents hier à la marche du 22 septembre
* La cohésion de l'Union sacrée autour de Tshisekedi interroge
La mobilisation organisée hier mardi 22 septembre par l'UDPS à Kinshasa a mis en lumière une donnée politique qui retient l'attention : la visibilité limitée, dans les rangs de la manifestation, de plusieurs formations majeures de l'Union sacrée, notamment l'UNC de Vital Kamerhe, le MLC de Jean-Pierre Bemba et l'AFDC-A de Modeste Bahati. Une situation qui ouvre des interrogations sur le degré d'adhésion de ces partenaires à l'agenda porté par le parti présidentiel.
La marche avait été présentée par l'UDPS comme une démonstration de soutien aux institutions de la République, au dialogue national et au processus référendaire. Dans ses préparatifs, le parti présidentiel avait pourtant entrepris des consultations auprès de ses alliés et d'autres composantes politiques et sociales. L'ACP rapportait notamment que ces consultations devaient permettre aux participants de retourner dans leurs structures respectives afin de préparer la mobilisation.
Sur le terrain, cependant, l'absence apparente de militants identifiables de l'UNC, du MLC et de l'AFDC-A contraste avec l'objectif d'une mobilisation présentée comme celle de la majorité. Il convient toutefois de distinguer absence de visibilité dans le cortège et absence officielle de soutien : les éléments disponibles ne permettent pas, à eux seuls, d'établir que ces formations ont formellement refusé de participer à la marche.
MOBILISATION POUR LA LOI RÉFÉRENDAIRE
Cette situation intervient dans un contexte où le débat sur l'évolution de la Constitution tend à prendre une place croissante dans l'agenda politique. L'UDPS avait explicitement inscrit sa mobilisation dans le soutien à la loi référendaire, au dialogue national et aux institutions de la République.
Le contraste est d'autant plus notable que les principales composantes de l'Union sacrée ne partagent pas nécessairement la même visibilité publique sur chacune des initiatives portées par le parti présidentiel. L'UNC, le MLC et l'AFDC-A constituent des formations importantes de la majorité, mais leur présence ou leur absence lors d'une manifestation ne suffit pas, à elle seule, à mesurer leur position institutionnelle sur le dialogue ou la réforme constitutionnelle.
C'est précisément là que se situe l'enjeu politique de cette journée : la capacité de l'UDPS à mobiliser largement au-delà de son propre appareil partisan et à transformer une démonstration de force du parti présidentiel en mobilisation effectivement commune de la majorité.
UNE MAJORITÉ À PLUSIEURS SENSIBILITÉS
Avant la marche, l'UDPS avait multiplié les démarches auprès de ses alliés. Le parti avait également sollicité l'appui de responsables religieux et de différentes composantes de la société, signe qu'il cherchait à donner à la manifestation une portée dépassant ses seules structures.
La marche du 22 septembre apparaît ainsi comme un test de visibilité politique pour l'UDPS, mais également comme un moment d'observation des rapports de force au sein de la majorité à plusieurs sensibilités.
D'un côté, le parti présidentiel affiche sa volonté de soutenir ouvertement le chef de l'État et son agenda autour du dialogue et du processus référendaire. De l'autre, la faible visibilité de plusieurs poids lourds de l'Union sacrée alimente les interrogations sur la manière dont chaque composante entend se positionner face aux prochaines échéances institutionnelles.
Pour l'heure, aucune déclaration formelle attribuée à l'UNC, au MLC ou à l'AFDC-A ne permet, sur la seule base de leur absence de la manifestation, de conclure à une rupture avec l'UDPS ou avec la majorité présidentielle. Le véritable indicateur sera plutôt la position publique que ces formations adopteront dans les prochaines étapes du débat constitutionnel et du dialogue national.
La journée du 22 septembre aura donc livré deux images : celle d'une UDPS mobilisée autour de Félix Tshisekedi et celle d'une majorité dont les différentes composantes n'ont pas affiché le même niveau de présence publique. Un décalage qui pourrait continuer d'alimenter les lectures politiques dans les jours à venir.
Jérémie ASOKO