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Les députés d’Ituri et du Nord-Kivu boycottent la 5ème prolongation de l’état de siège !
Les élus 1er degré des provinces d’Ituri et du Nord-Kivu ont décidé, depuis hier de boycotter toute séance plénière qui serait consacrée au vote de la prorogation de l’état de siège, à commencer par la cinquième qui est intervenue hier même où ils étaient pointés absents dans l’hémicycle.
C’est leur porte-parole de circonstance, le député de Bunia, en Ituri, Gratient Autsenga, qui a livré à la presse les mobiles de leur décision. Selon lui, ces élus ont engrangé plus de cent députés nationaux acquis à leur cause, en entrainant tous ceux issus des provinces de l’Est martyrisé.
Ces députés se disent dépités contre l’état de siège, décrété dans leurs deux provinces par le chef de l’Etat. Ils soutiennent mordicus que, sur le plan sécuritaire, la situation dans ces deux provinces ne s’est pas améliorée. Ils estiment qu’il ne servirait à rien de continuer à proroger l’état de siège.
Ces élus d’Ituri et du Nord-Kivu exigent, dès lors, avant toute autre prorogation, de se livrer d’abord à une évaluation froide de l’état de siège depuis son entrée en vigueur par une Ordonnance du Président de la république. Un travail qui n’a jamais été fait jusqu’à ce jour. Et ce, malgré les revendications formulées par ces députés nationaux, associés aux autres.
Ils assurent qu’ils ne voient pas clair dans la gestion des fonds du trésor public mis à leur disposition quant aux opérations militaires se rapportant à l’état de siège. Plus encore, aucun des organes de l’Etat chargés des audits n’a été diligenté pour cette fin.
Les élus sont tenus de ne pas laisser perdurer toute situation de flou artistique sans un moindre regard sur les ressources financières affectées aux forces combattantes pour les opérations d’état de siège. Ce qui va conduire à une évaluation.
Ce boycott est cependant loin d’impacter sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale, Chambre de 500 députés, il faut la majorité absolue, c’est-à-dire 251 élus présents pour disposer du quorum de siège. Mboso Nkodia Pwanga Christophe l’atteindra toujours pour siéger et proroger l’état de siège à la demande du chef de Etat. Il sied tout de même de se pencher utilement sur les préoccupations de plus de cent députés nationaux sur l’état de siège qui rencontrent celle exprimée par les Sociétés civiles de ces deux provinces qui, publient des statistiques montrant que pendant l’état de siège, les massacres ont continué et se sont même aggravés. Ils exigent à cet effet la fin de l’état de siège.
Quand on sait qu’en tout état, de cause tout état de siège qui induit une situation exceptionnelle en dérogeant à certaines dispositions de la Constitution doit être limité dans le temps et non se muer en prorogations comme à ce jour sans même jeter un petit regard dans le rétroviseur pour voir d’où l’on vient.
KANDOLO M.