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L'épidémie de choléra s'intensifie à Kinshasa et dans les provinces, alerte le ministre Roger Kamba
Le choléra reprend de l'ampleur en République démocratique du Congo. Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, Dr Samuel Roger Kamba, a tiré la sonnette d'alarme hier lundi, lors du briefing presse co-animé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya dressant un tableau préoccupant de la situation épidémiologique nationale. La capitale congolaise figure désormais parmi les provinces les plus affectées, juste derrière la Tshopo.
Présente en RDC depuis 1973, cette maladie bactérienne demeure endémique dans plusieurs régions, particulièrement dans les provinces de l'Est. Mais cette année, elle s'est étendue à 17 provinces, atteignant notamment Kinshasa, où la situation devient critique.
" À ce jour, nous enregistrons plus de 5 000 cas cumulés depuis janvier, avec un pic de 2 085 cas en une seule semaine, " a précisé le ministre. Le taux de létalité, qui devrait rester autour de 1 %, a grimpé jusqu'à 9 % dans certains établissements, notamment à l'hôpital général de référence (ex-Mama Yemo).
Les déplacements et inondations restent les causent majeures
Cette résurgence est alimentée par deux causes majeures : d'une part, les déplacements massifs de populations fuyant les violences armées à l'Est, et d'autre part, les inondations récentes qui ont contribué à contaminer les sources d'eau et les denrées alimentaires.
" Le choléra est une maladie des eaux insalubres et de la promiscuité ", a rappelé Dr Kamba, insistant sur la vitesse de propagation favorisée par ces conditions.
Le ministre a souligné la dangerosité de cette infection, qui provoque de sévères diarrhées et vomissements, menant à une déshydratation rapide et potentiellement mortelle en l'espace de quelques heures. Il a déconseillé l'automédication, particulièrement les antidiarrhéiques, qui aggravent les risques en retenant les toxines dans l'organisme.
4 centres de traitement à Kinshasa
Pour freiner la progression de l'épidémie, le gouvernement a mis en place 4 centres de traitement à Kinshasa, il s'agit de Ngiri-ngiri, Camp militaire de KOKOLO, Hopital de référence de Kinshasa, Centre Pakadjuma, et prévoit d'en ouvrir 8 autres dans les prochains jours. Ces structures spécialisées permettent une prise en charge efficace des cas, avec réhydratation immédiate, antibiothérapie et isolement des malades.
Parallèlement, les autorités intensifient les campagnes de sensibilisation, distribuent des kits de traitement de l'eau et multiplient les actions d'assainissement dans les quartiers à risque et les camps de déplacés.
Un appel à la mobilisation collective
Le ministre Kamba a appelé à la mobilisation collective, soulignant l'importance de la vigilance et de la discipline communautaire pour rompre la chaîne de transmission.
Si la situation concernant le Mpox montre des signes de stabilisation, celle du choléra reste préoccupante. Le gouvernement mise sur l'engagement de tous et le soutien des partenaires internationaux pour enrayer l'épidémie et prévenir une crise sanitaire de plus grande envergure.
Jérémie ASOKO