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L'Afrique du Sud accueille le Forum des médias et des groupes de réflexion du Sud global 2025
En amont du Sommet des dirigeants du G20 qui se tiendra en Afrique du Sud les 22 et 23 novembre courant, le pays arc-en-ciel accueille deux jours durant, à partir de ce jeudi à Johannesburg, le Forum mondial des médias et des groupes de réflexion du Sud sur le partenariat Chine-Afrique, sous le thème : "Construire un consensus pour amplifier la voix du Sud global ". Des centaines de délégués ont rejoint depuis hier JO 'Bourg pour prendre part à ces assises.
Selon les organisateurs, ce Forum donne la parole aux pays en développement pour remédier à leur sous-représentation dans le discours international. Il représente une opportunité pour définir un programme de coopération commun entre les médias et les institutions de recherche du Sud, dans le but de rééquilibrer la circulation mondiale de l'information et de l'influence.
Nombre d'experts venus à ce forum sont formels : le système de communication mondial demeure profondément asymétrique. Les médias occidentaux continuent de jouer le rôle de principaux producteurs et diffuseurs d'informations, d'analyses et de contenus culturels internationaux.
" Leur influence s'étend sur plusieurs continents, définissant les paramètres du débat, déterminant quels événements sont mis en avant et quelles expériences sont amplifiées. Cette concentration du pouvoir de communication privilégie les intérêts politiques, économiques et culturels occidentaux et restreint la capacité des pays du Sud à définir leurs propres réalités et priorités de développement. "
DESEQUILIBRE A CORRIGER
Un déséquilibre à corriger. Car on remarque que " les normes éditoriales, les conventions linguistiques et les valeurs journalistiques élaborées dans les contextes occidentaux sont devenues des standards internationaux. " Ces normes façonnent la manière dont le développement, la démocratie et la gouvernance sont abordés, alors qu'elles définissent souvent le Sud en termes de carence.
Un facteur structurel clé de cette dynamique est le système mondial des agences de presse. Les grandes agences fournissent aux médias abonnés du monde entier des flux d'informations continus, des photographies et des contenus prêts à publier. De nombreux médias plus petits et aux ressources limitées, notamment dans les pays du Sud, incapables de maintenir leurs propres réseaux de correspondants, dépendent fortement de ces flux d'information pour leur contenu international.
Bien que ce système garantisse efficacité et rapidité, il concentre le pouvoir de définition de l'agenda médiatique entre les mains de quelques institutions occidentales. Leur ligne éditoriale est souvent reproduite intégralement, ce qui restreint la diversité des reportages et limite la manière dont les informations sont sélectionnées et interprétées dans les pays du Sud. Cela crée une dépendance informationnelle.
C'est ainsi que le Forum des médias et des groupes de réflexion du Sud global veut susciter une approche alternative de la communication. Porté par la Chine, ce Forum constitue une manifestation concrète et ambitieuse de la confiance géopolitique et géostratégique croissante du Sud global.
Le Forum abordera plusieurs domaines, notamment le renforcement de l'unité pour la paix et la sécurité, le développement de la connectivité pour une prospérité partagée, la promotion des réformes et de l'innovation dans la gouvernance mondiale, ainsi que l'échange de connaissances entre les civilisations. Ses conclusions permettront d'établir un cadre cohérent pour lutter contre les inégalités structurelles du système d'information actuel.
Dans un monde de plus en plus interconnecté, la capacité de raconter sa propre histoire et d'interpréter sa propre réalité est indispensable à une souveraineté authentique.
Dans ce contexte, le Forum insiste pour que les médias des pays du Sud ne pas se contentent d'être de simples consommateurs passifs des récits du monde.
Didier KEBONGO, Johannesburg, Envoyé spécial.