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L'ACAJ critique la priorité accordée au pont route-rail Kinshasa-Brazzaville au détriment du port en eaux profondes de Banana
L'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) a vivement critiqué la décision du gouvernement congolais de privilégier la construction du pont route-rails reliant Kinshasa à Brazzaville. Dans un communiqué publié dernièrement, l'ONG dénonce une stratégie qu'elle juge dangereuse pour la souveraineté économique et maritime du pays.
Selon l'ACAJ, la construction de ce pont risque de renforcer la dépendance de la RDC vis-à-vis des ports étrangers, notamment celui de Pointe-Noire au Congo-Brazzaville et celui de Lobito en Angola, pour son commerce extérieur. Cette situation, estime l'organisation, compromet gravement la souveraineté économique du pays en rendant ses échanges commerciaux dépendants d'infrastructures situées hors de son territoire.
L'ONG rappelle que le port en eaux profondes de Banana, situé dans la province du Kongo-Central, reste un projet inachevé malgré son importance stratégique.
Une promesse présidentielle non tenue ?
Ce port, accompagné de son réseau d'infrastructures (chemin de fer, autoroute reliant le littoral à l'arrière-pays), est essentiel pour garantir un accès direct et souverain de la RDC à l'océan Atlantique, une priorité qui semble être reléguée au second plan.
L'ACAJ dénonce également le non-respect des engagements du Président de la République, qui avait assuré que le projet du pont route-rails ne serait lancé qu'après l'achèvement et la mise en service du port en eaux profondes de Banana. Un projet qui avait constitué l'une des promesses de Félix Tshisekedi pendant la campagne électorale de décembre 2023. Ce retard, selon l'organisation, met en péril les ambitions de la RDC de contrôler pleinement son commerce maritime et de réduire sa vulnérabilité économique face à des infrastructures portuaires étrangères.
Un choix " suicidaire " pour l'économie nationale
Sur le plan géostratégique, l'ACAJ qualifie de " suicidaire" la priorité accordée au pont route-rails. Elle estime que la RDC risque de perdre une opportunité unique d'accroître son indépendance économique en négligeant le port de Banana. L'ONG alerte également sur l'accord récemment signé entre la RDC, l'Angola et la Zambie pour le développement du corridor de Lobito. Bien que ce projet présente des avantages stratégiques, il ne doit pas supplanter l'urgence de finaliser les travaux du port congolais.
Appel à l'intervention des institutions
Face à cette situation, l'ACAJ appelle l'Assemblée nationale et le Sénat à intervenir en bloquant toute participation de la RDC au projet du pont route-rails tant que le port de Banana n'est pas achevé et opérationnel. L'organisation exhorte également le gouvernement à revoir ses priorités afin de garantir une souveraineté économique durable pour le pays.
La question reste désormais de savoir si ces alertes seront prises en compte ou si le projet controversé du pont route-rails avancera malgré les critiques.
Jérémie ASOKO