Dernière minute
Société
“Mon père avait raison”. C'est le titre d'une chanson très célèbre de l'artiste ivoirien Aloha Blondy (de son vrai nom Seydou Koné). Ceux qui la connaissent s’en sont vite rappelé. Mais “Mon père avait raison”.peut faire également référence au célèbre film de Sacha Guitry. “Mon père avait raison…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
*Le SG de l'UDPS parle d'une "mauvaise interprétation"
Le président intérimaire de l'UDPS, Augustin Kabuya, a fermement démenti les accusations selon lesquelles le président de la…
Étranger
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, M. Nasser Bourita, a reçu, mercredi à Rabat, le ministre délégué près la ministre d'Etat,…
Nation
* “Toucher à la Constitution, c'est déclarer la guerre à la République” lance l'opposant Katumbi
Moïse Katumbi hausse le ton contre le pouvoir. L'opposant et président d'Ensemble pour la…
La Société civile se mobilise pour un emploi décent et la justice sociale dans le secteur des mines
A Kinshasa, la Société civile se mobilise pour un emploi décent et la justice sociale dans le secteur des mines. Hier mardi 26 mai, près d’une centaine d’acteurs de la Société civile ont pris activement part à une matinée d’échanges sur le thème ‘‘Emploi décent et justice sociale, gages du développement durable dans le secteur des mines’’.
Organisées avec le concours de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES) et de la plateforme IndustriAll, ces assises ont donné l’opportunité aux participants de mieux s’imprégner des réalités que vivent au quotidien les exploitants miniers artisanaux dans les zones d’extraction minière.
Cadre au Ministère de l’Emploi et Travail, Mme Getou Mboyo a circonscrit, de prime abord, l’environnement dans lequel œuvrent les exploitants miniers artisanaux en République démocratique du Congo. Elle a mis le curseur sur le Code du travail et sur d’autres dispositions adéquates du cadre légal congolais qui défendent les droits des travailleurs sur le territoire national.
Des défis face aux déficits
Ces dispositions, note Mme Getou Mboyo, s’inscrivent dans l’optique des recommandations de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), dont la RDC est membre depuis 1961. Si, au fil du temps, des progrès ont été réalisés dans le secteur du travail au Congo, il serait illusoire d’affirmer que tout est rose en ce moment, estime l’intervenante.
Dans le secteur minier particulièrement, la précarité de l’environnement est encore manifeste. Des risques de maladies, des conflits sociaux… sont légion. De même, le déficit du dialogue entre employeur et employés, l’impact environnemental nocif dans certaines zones à la merci des pollutions (eau,sol…) et de la déforestation, reconnait Mme Getou Mboyo.
Ces défis dus aux déficits décriés peuvent être relevés, fait-elle remarquer. Il faudrait à cet effet renforcer le cadre juridique, les capacités des inspecteurs du travail, veiller à l’inclusivité, à l’équilibre du genre, sensibiliser cadres et employeurs sur la stricte application du cadre juridique du travail, particulièrement du Code minier…
Beaux textes, lettre morte ?
Ce refrain, le Professeur Raphaël Matamba du Ministère des Mines et de l’ARESCO l’a relayé en chœur lors de son adresse. En RDC, les textes juridiques existent, mais leur faible application persiste, a-t-il souligné lors de son exposé portant sur ‘‘la Justice sociale et l’inclusion dans le secteur minier’’.
Le Professeur Raphaël Matamba s’est appesanti sur le cadre légal et règlementaire peaufiné à travers une réforme destinée à prendre en compte les intérêts des couches sociales vulnérables qui interviennent dans le secteur : du Code minier de 2002 au Code minier révisé de 2018.
L’orateur a insisté sur les apports enregistrés. En l’occurrence, l’accent sur la responsabilité sociétale des entreprises minières, la formation du personnel en vue du transfert des technologies et de la valorisation des compétences locales. Un bémol toutefois: ces beaux textes nécessitent d’être appliqués, de peur de rester lettre morte.
Pas bonne mine dans les mines
Homme de terrain, actif dans une ONG (OSCMP) qui a côtoyé au quotidien les exploitants miniers artisanaux, Alexis Muhima a éclairé la lanterne de l’assistance sur les notions de travail décent, de justice sociale et de sécurité dans les zones minières. Ces sites, dit-il, ne doivent pas être des lieux de contamination aux maladies, encore moins des mouroirs pour ceux qui y travaillent.
Concernant la santé, Alexis Muhima a relevé que la poussière, l’usage des produits chimiques, la fatigue et la malnutrition constituent un danger permanent pour le personnel qui travaille dans les carrières des mines. Ils sont, en outre, exposés à des problèmes d’hygiène (absence d’eau potable, manque de latrines, de douches, de points de lavage des mains, de tenues de travail).
Leur sécurité est fragilisée par des éboulements, le manque de ventilation dans les creux des carrières, le manque d’équipements de protection industrielle, des outils inadaptés…
Contraints de travailler en RDC sous la supervision des coopératives locales, les creuseurs et leurs employés sont tenus de se conformer aux prescrits du Code minier en vigueur, indique Alexis Muhima. Ils ont droit d’être équipés et sécurisés, notamment à travers des comités OHSS, censés leur procurer les équipements et les matériels qui leur permettraient de travailler en tout confort.
Plus de mineurs parmi les mineurs
Ces séances d’échanges sont arrivées à terme après lecture des recommandations par les participants, à l’issue des travaux en atelier. Ils ont notamment émis le vœu de voir revaloriser les syndicalistes dans l’univers des entreprises minières pour plaider les cas des creuseurs artisanaux. Aussi, par souci de préserver les plus jeunes, ont-ils tenu à ce qu’il n’y ait plus de mineurs parmi les mineurs.
L’assistance a ainsi compris la nécessité de formuler ces suggestions destinées au ministère de tutelle. «Le ministre des Mines attend ces recommandations», a assuré un de ses conseillers qui était présent à la rencontre.
Représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung en RDC, M. Constantin Gund, a tenu à encourager l’organisation des débats démocratiques et la promotion de la justice sociale, en promouvant la culture de l’inclusion et d’un emploi décent dans le secteur des mines. Une option soutenue et portée à bras-le-corps par la plateforme IndustriAll, coorganisatrice de la matinée.
Yves KALIKAT